‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 131 sur 171 · GARNISON.S GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

GARNISON.S GÉNÉRALES

DE» AicnirNT», DE DEUX MILLE HOMME».

Savoir t

Dan« AntiKes ..... 400

dont on en enverruît 20 homme» à Ia (oar de Gragoon.

Aux lies de U CrotscUc et le Thconlc, si on r^uil les foflfhc»> lions AU point qu'il est porté ci-dessus, il sufTin de f)O0

hommes , mais si on les laisse dans l'élAt qu^ elles sont, il Caut it)00 hommes.

A Gaje

A Fréjus 300

Les trois cents hommes servirent plutôt pour troupes de réserve que

GARNIvSONS ORDINAIRES,

DE MILLE A OMXE CEITTS HOMMES, qdl PCUVIMT LTAX EICTAETEiniI PAH LES DIVEAS VICOÊtUTS.

Savoir :

Dans le fort carrc''qui est devaut

Antibes 100

et dans le réduit de la citadelle, 50

dont on en raverrait 4 hommes dans Gragimo prendre le soin des muni* lions et fortifications.

Hommes de garnison ordinaire à la disposition du gouverneur, pour départir et pour emploveret prendre garde que les autres troupes ne fassent aucun désordre. 100

Si on veut j mettre une garnison ordinaire. - 20

rtporur

A report«r.

MÉMOIRE. — JLI> 1637. .

Report 1200

l>uur U i^arnUon de Frêjut, s'y ayant aucune furtificalîon ()ui vaille.

A Saint-Tropez. 200

A Cavallaire

A Brigaoson ............ ...

A Portc-CroZf deux tours , le Ra>

peau et Me de levant

A U Lecastre, petit et grand Laugottstin , Ril>audaa Portpie-

rollea.

Pour la grosse tour de Toulon , celle du Balaguicr et les Amliiers-

Toulon 400

Les Mes de Marseille

La tour de Bone 200

Total... ,. 2000

Report.

De garnison ordinaire. 30

Oc gamisoD ordinsiire. . 20

De garnison ordinaire. .50

De garnison ordinaire I50

De garnison ordinaire t5U

De garnison ordinaire 80

De garnison ordinaire 200

De garnison ordinaire. lOit

Total lO.V)

M. de Sabran apprend à M. de Bordeaux qu’il a pronuiué un discoui-s devant le sénat de Gênes, afin d'exciter cette république à se déclarer contre l'Elspagne.

K M. l'archevêque de bordeaux.

Monsieur ,

Depuis l'honneur des vôtres des ‘2 et 3 juin , j’ai reçu celles doni vous m’avez honoré par ce porteur du 10. Je vous en rends très-humbles grâces et vous envoie le discours que j’ai laissé par écrit à ces messieurs , après les avoir entretenus un peu plus au long dans le palais , et leur avoir In l’article de votre lettre qui les concerne, et fait eonnaitre une généreuse résolution et bonne intention tout ensemble. Cette olïre a été si bien reçue que je ne vous le puis exprimer , et depuis force noblesse qui m’est venu voir a désiré savoir les particularités de ce que j’ai traité avec le corps souverain , mais je m’en suis

excusé disant cpie c’est chose que je ne puis dire qu’une fois et à ceux qui gouvernent, encore qu’elle regaixle le bien et salut de tous. Ce que je fais afin que le secret en augmente la curiosité, aussi que comme je ne crois pas que Gènes ail jamais assez de résolution poui* se jeter , comme en ce cas Gênes ferait , ès mains du roi , encore que tous les conseils et le public y concourent. Mais le sénat va bien lentement, et enfin il me fut l épondu que s’agissant d’une grande extrémité et de sunima rerum, il fallait procédci' avec une mûrè et longue délibération, -et attendre les intentions du roi d’Espagne sur ce qui s’csl passé contie Gènes par scs galères et vaisseaux, estimant qu’il ne l’approuvou pas, et que le mal ne procède que de ceux (jui sont sur les vaisseaux et galères; que ecpciulant ils conjurent le roi et M. de Bonle.aux de conserver cette l>onne volonté qu’ils acceptent, .le leur dis que le ix)! n'avait jamais eu dessein d’engager Gènes contre le roi d'Espagne , sachant le riscpie de ses inlcrèts, et n’ayant jamais désuc chose aucune de Gènes que pour son bien |Ku ticulier, si Gènes le veut considérer; mais que voyant le.sdits biens et intérêts si visiblement j)crdus cl la lil)crté attaquée, sji lx>nté pusse par-dessus les raisons que le roi a de SC plaindre des actions de la l'épublicpie, et ne veut pas laisser Gènes sans appui en celte occasion, son intention étant toujours à l’excuser autant qu’il peut des fautes , cl à procurer le bien public. • Ainsi le remède a été trouvé à ce (jiic ceux du sénat s’excusaient sur l’état présent et le désir de pom-voir à l’impuissance bientôt, et aussi eu cas que les vaisseaux du roi repassent le Détroit, et que Gènes eu eût besoin , on ne se prendra qu’à ceux qui gouvernent ; outi'e que Sabran n’a en rien engagé le roi, piiiscjiie c’est sous son plaisir, et en cas que Gènes le recherche avec le respect convénable. Chacun va publiant par la ville que Sabran a olFert merveille de la part du roi , cl Sabran est grand cousin avec tous. Mais il ne sait que s’en promettre, encore (jue l’on balance d’envoyer en ambassade vei*s le roi, (pii sei-ait une bonne affaii-e. Sabi-an ne voulut point mêler pour cc coup les plaintes et désirs des réparations , mais fit voir en sortant au secrétaire la stale des poudres et de chaume de Saint-Remo , afin (ju’ils y pourvoient ; celui-ci est toujours prisonnier. Je leur ai fait connaître cpie

l'Espagne est romiue le diable, tpii plus on lui donne de pouvoir et faiton pour lui, plus en abuse et tyrannise; ainsi, qu'il n'jr avait plus d’es- |)oir à sauver leur libcrU? et intérêts <|ue par l’appui du roi et la force. Si l'Espgne vient à faire raison à Gènes, Gènes le eonnaltro du roi, et cette action mettra l'Espagne en jalousie ; en sorte qu'en tous événements l'alFaire va bien , et Gènes le reconnaît de M. de Bordeaux, i|ui , sans se llatter, doit être aussi satisfait de sa grande rèpntatiou ici , à Rome et partout, tptc de sa propie conscience, ayant soutenu tout le faix de ce qui s’est passé avec lieaucoup de gloire pour le roi et de profit.

Don Antonio d'Otjuèdo, sur l'avis d'Espagne que à Fernamboiic et autres lieux des Indes tout va être perdu , est venu ici [lour lui-même faire passer les meilleurs vaisseaux de cette aimée vers l’Océan en grande faiite, les siens étant mal armés et faibles et sans mariniers; et l'on ne parle point des galci-cs d’Espagne de Ferrandina : celles-ci exercent tant qu’elles peuvent la piratique et se lient plus des plages que des ports de Gènes , ijue leur conscience leur rend suspects. L’on me vient d’avertir que Icsdites galiues sont aussi passées en haute mer vers levant , mais je ne le crois pas ; le porteur vous en éclairera , et il faut avoir l’œil ouvert à ce passage de ses vaisseaux , s’il ne ferait point en passant vers Provence et Languedoc <|iielque descente ; et cependant j’enverrai , si je puis , la felouque dernière venue vers Porto-Longone pour être mieux éclairci et savoir ce que deviennent les brûlots ; car je suis bien averti et on les veut hasarder pour brûler galères et vaisseaux; car si elles se séparent, tout est évanoui. Et je tiens pour article de foi que sitôt qu’on saura que les galères et vaisseaux du roi sont en état , les galères d’Espagne se sauveront , après avoir bien ordonné tout dans Final et Motiaco; et je doute si Savoie voudi-a laisser jouer toutde bon le jeu sur celui-ci ni sur celui-là , car, entre nous, je prévois tant de finesses, que je doute si le roi réussira mieux de ce ciité cette année que l'autre. ''

Nice du Montferrat, place médiocre, a été prise par l’Espagnol; l'espèce de neutralité qu’il observait avec M. le duc de Manloitc , lui en a donné plus de facilité que de droit. Il avait partagé son I. 53

ürmée ou ti-oU : là, vers Brime el Bieille; son altesse de Savoie m’en a donné avis, el d’avoir jeté des gens partout. Il jr a long-temps i(ue j’ai écrit partout d'avoir éganl aux surprises ès lieux médiocres , car rcniieini ne se voulait engager sous des places qui le puissent nlFaiblir.

Il prendra tous les avantages des postes et rivières et s’y établira, et t'era courre fortune à Casai ou Brème , s’il y a des défauts. Je suis averti de ceux qui sont des maisons de ceux de l’Kspagne , de même que de Provence: tous avis vont à Nice et Monaco, et de là aux Espagnols, et surtout d’un pai-ticulier de La Ciotal. Si on voulait, on ferait, un jour qu’un piéton en partirait, ouvrir toutes les lettres en campagne (il y a peu d’importance pour les lettres), cela les ferait abstenir d’écrire des nouvelles; car votre armée navale, les galères et vaisseaux , et toutes vos actions sont épiées el l’état de toutes choses, et le tout bien su par eux.

L’on me dit que César est allé vers le roi, ce qui me fait croire <|ue Théodore ne bougera. Je vous supplie de me tenir averti de tout et de ceux qui demeurent, afin ipie je sache à qpi m’adresser, et me faire counaitre en chiiTre le véritable état des choses, et me mander ou laisser faire valoir ce que je dois dire ; car, selon vos desseins, je disposeiai les choses.

Les Grisons et Valtelins sont toujours fort mal, et tous deux mécontents des Espagnols, surtout les Grisons, qui veulent se maintenir leurs forts et se repentiront tiop tard. Je m’informerai des felouipws de soies; et pour celle d’Oneille je vous en ai écrit, et du porteur vous apprendrez le reste. L'Espagnol a plus de quatorze mille hommes et quatre mille chevaux, et tout bonnes gens, en campagne. Nos tixmpes viennent lentement; Dieu veuille tout prospérer! Vous verrez en mon autre lettre vos affaires particulières , et je vous conjure me croire plus que personne du monde et de tout mon coem', comme de toute obligation ,

Monsieur, votre très-humble et obéissant serviteur,

SvBRAN.

D« (r^net, ce iSjuio 1637.

JUIN <637. JH»

M. de Sabran ayait joint, à ses dépêches à M. de Bordeaux, cotte copie de .son discours.

ülSCOtRS ■* '

Ql'B M. DE SABEAX K FAIT A MH. DE LA EEFItlUQUE DE gAneS

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