‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 135 sur 171 · JUIN · texte numérisé non relu

JUIN

nnt avec iioas, apportent plus de pn^udire à la France qu’ils ne ponmiieut faire s’ils étaient ennemis déclarés.*

Le second , que l'antorité des Espef'nols, bicin loin de se rendre . plus grande dans cette répnblique, poiun'a diminuer par cette rupture; car à présent tirant d’elle tous les services Ci les avantages qu’on saurait désirer d’un peuple libre, ils ne manqueront pas de pretendrc encore dans oetle conjoncture quelque chose au-delà , qui Jettera des défiances et des soupçons dans ces Ames timides et Jaloiues tout enscmiile de leur liberté, lesquelles peut-.ètrese trouveront forcées de recourir à notre protection contre la tyrannie dont elles croiront qu’on les veuille opprimer.

I.Æ troisième, qii’api-i‘s la rupture, le corps de la république ne pourra pas assister l'Fispagne de scs deniers, pour ce qtt’elle en aura besoin pour les dépenses nécessaires a su conservation. . ^

Le quatrième, tpie les particuliers ne pourront pas aussi l’assister de leurs bourses, pour ce qtie leiu* commerce de banque et de mer venant à cesser, et la source du profit se trouvant tarie, chacun gardera ses réserves pour soi-raétne, tant pour les dernières nécessités tpie pour ce qu’en même temps les vivres enchériront et les dépenses dont ils seront chargés par la république aiigmetiteront. '

Le cinquième, tpie cette république ne pjurra plus assister de scs hommes les galères ni les vaisseaux d’Flspagiic, comme clic fait maintenant, potir ce tpi’elle en anra besoin poiu- sa propre conservation dans ses villes et dans ses plaeesj et pour la garde des rades et plages tpii sont'le kmg desa rirrère. jal-is- .

Le sixième, que les six galères de la république n'aagmenterom pas le nombre Je celles d’Espagne, puiscpi’elle antti même besoin d’«i avoir davantage pom- sa propre défense et pour entretenir la communication entre Oénes et ses antres places.

Le septième , que les passages ne sauraient pas être après la rupture autiement refusés qu'ils le sont, puisque, durant la nirutralifé, elle ne vent point les accorder, mais seulement le,s soullrir si nous sommes les plus forts pour les prendre.

Le huitiiune, que le débit des vins et des blés de Languedoc cl de

Provence u’esliiuUeinent considérable, pour ce que, supposé même que l’on ne voulût pas nuire à Gênes en lui en empêchant les traites (pi 'elle fait servir pour le Milanais, il faudrait toujours eu défendre la sortie pour l’entretien des tiviupes qui attaipieront les Iles, et ensemble pour celui de l’armée navale et des galères, si l’on veut (pi’elles subsistent en Provence, où déjà le pain coûte deux sols six deniers 1» livre et le vin tiois sols du plus mauvais.

DOYENS D'eXTREPBENDaE CONTRE GÛHES.

On le peut en deux fa^ns qui leur donneront d’extrêmes inœmm(xlités:

La piemièie , empêchant le trafic tpii se fait tant des Génois tpie d’Espagne, Sicile, Sardaigne, Fouille et Naples, et le font sous le nom de Génois; et des blés tpii vieiuient sous leur même nom, de cæs pays, pour l’ciiU'Cticn du Milanais, où le dégât a rendu les vivres bien rares.

La seconde, en brûlant tonte leur rivière, et par ce moyen les obliger à l'étirer dans leurs villes toutes les femmes, vieillards et petits enfants, s’ils veulent tirer du service de ceux qui seront capables de leur en rendre; ce cpii augmentera extraordinairement la cherté des vivres.

De ces misères cl des grandes impositions qu’lisseront obligés de faire sur les particuliers pour l'eiitietieu des garnisons dans leurs places et pour les autres dépenses publiques, il pourrait bien s’émouvoir sédition par le peuple, lequel n’est déjà guère aifectionné à la républiipie, comme il parait par les corps-de-garde (ju’elle tient par toutesses rues.

Tout le revenu de la république se monte environ à sept ou huit cent mille écus, provenant partie des domaines et droits (ju'ellea dans sa rivière , et partie des impôts qui se prennent sur l’entrée et sortie des blés , des vins et autres marchandises , qui n’auront plus de cours durant la guerre ; sur lequel revenu y ayant six cent mille écus affectés au mont Saint-Georges, il sc trouverait (pie non seulement ib n’auraient plus rien pour fom-iiir à leurs charges, mais aussi qu’ils n’auraient pas moyen d’accpiltter les rentes de Saint-Georges, ce ({ui pourrait bicu enœie exciter sédition.

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