‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 138 sur 171 · JUILLET 1637. W · texte numérisé non relu

JUILLET 1637. W

Dans les lettres suivantes, M. le duc d’Haluin , commandant en Languedoc, fait connaître à M. de Bordeaux de quel secours lui serait une divisidn de galères et de tartanes pour s'opposer à la descente des ennemis. Dans cette dépêche, il est pour la première fois question du fameux capitaine Paul, un des marin.s les plus intré])ides et les plus expérimentés du xvii' siècle.

LETTRE DE M. D’HALLIN

X M. L’ARCBEVËoee DK BORDEAUX.

Mo.xsieur ,

!.)« Bétieri , le lo jniltri i6d«.

Quoique j'hoiiore beaucoup M. d'Harcourt , je ne souhaite pas son retour, puisqu'il nous privera du secours des vaisseaux et de riioiiiieur de votre présence. J'ai à vous remercier très-humblement des olfies qu’il votis plaît me faire, mais je serais l^^^s-marry (pi’une personne de votre considération descendit de ce beau et racrvcllleiu vaisseau du iv»i pour monter une méchante tartane : c’est un excès de votre coeur et de zèle au service du roi qui vous ferait résoudre à cela, à quoi je ne puis consentir, quoique cette assistance ne nous pi'it produire que de tri-savantaj’cux clfcts. M. le chevalier Paul verra dc's aujourd'hui tous nos ahoids, fjui ne se peuvent pas dire forts : le capitaine de mes gaixies le conduit partout. Pour ce cpti rcgaide les galètes, j'estime, monsieur, puisqu’il faut parler franchement, que M. le général aurait jalousie avec juste sujet de ce que vous feriez .sans doute si vous aviez les six galères avec les tartanes et autres barques que vous pourriez amici. Je crois, monsieur, que le bruit seul et l’arrivcc des vaisseaux devant le ckAteau d’If fera tin bon eflTet ; c’est ce qui me fait croire <(ue s’ils étaient de deçà, <|ue les ennemis se garderaient bien d’entreprendre quelque chose par mer. Que M. d'Harcourt ne revienne pas et que vous soyez prêt avec votre armée , je vous conjure et vous supplie très-hiunbleraent de vouloir partir, et après avoir appris par ledit sieur de Paul . les lieux où vous pourriez être en sûreté dans ces côtes, d’y venir pa-

■■ailre pour empêcher qu’on ne nous fasse au moins une diversion par mer. Nous sommes en si mauvais état, et les ennemis se rendent si puissants de cavalerie principalement , qu’en ayant fort peu, il nous sera dilliclle de faire bien tout ce que je voudrais. Néanmoins, il &'udra faire ce que ferait un plus honnête homme que moi qui serait à ma place; et comme Je ne suis ici que pour aller à eux , je crois, fort ou faible, qu'ils nous trouveiont à leur chemin. Je vous supplie encore une fpis trèshumblement , monsieur, dévoua tenir prêt, afin qu’il vous plaise partir, si M. d’Harcourt ne vient point, avec une armée bien équipée de petits vaisseaux, puisque dans nos côtes c’est ce qui sera du plus grand service. Je me sens si redevable à vos bontés et à vus courtoisies extraordinaires qu’une lettre est trop peu de chose pour vous en rendre les très-humbles grâces que je vous dois. Le roi, qui reconnaît votre vertu et vos services, mettra, s’il lui plaît, celui <pte vos offres honorent, à même de vous rendre maintenant autant de services signalés qu’il en a reçu de vous en tant d’occasions , et moi, soit cpe vous ameniez votre armée ou non , je demeurerai toujours très-extrêmement engagé à être. Monsieur,

'Votre très-humble et très-affectionné serviteur ,

D’HALUia.

P. S. he msrévlial de Vitry me mande qu’il ne me peut envoyer son rêproent , parce qu’il garile einq lieues de la odie, et je crois qu’aprea ces occasions il sera si petit qu’il ne pourrait guère servir. Je vous demande très-instamment eette grâce, qu'il vous plaise me faire savoir quand M. d’Harcourt sera arrivé, s’il vient.

Les lettres suivantes, de M. de Noyers et de .M. d’Éraery, sont relatives à une expédition secrète que la France votilait tenter sur Final , place forte d’Italie.

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