JUILLET
IjC roi autorise M. de Bordeaux à nommer les capitaines des places fortes de Provence, selon la proposition que ce prélat en avait fait à M. de Noyers.
A M. l’archevêque DK BORDEAUX.
Mous, l’archevêque de'Bordcaux , reconnaissant tpi’il est Beaucoup plus avantageux à mon service qu’il y ait des gouverneurs particuliers dans les tours et places de mes îles et de ma câte de Provence nouvellement construites <pie de les laisser comme elles sont entre les m.ains de capitaines particuliers de compagnies tpii n’ont aucun ‘intérêt à la conservation des places ni des munitions et autres choses nécessaires pour leur sûreté, je vous fais cette lettre pour vous dire que mon intention est que vous commettiez, en toutes lesdites tours et places nouvelles, des personnes rpie vous saurez bien certainement être capables et lidcics pour y commamler et en lépondre. Et en attendant que sur les avis que vous me donnerez bien particulièrement des personnes et des qualités de ceux que vous choisirez, je leur envoie mes lettres de provision; ce que je vous recommande de faire le plus diligemment que vous pourrez et avec tous les soins et la considération nécess;nres. Et sur ce, je prie Dieu vous avoir, mons. rarchevêtjue de Boixleaux , en sa sainte garde. LOUIS
Écrit à te s5 juillet SuBI.rrr.
LETTRE DE M. DE NOYERS
A M. L’ARCHSVÊQOB DE BORDEAUX.
Monsieur ,
Nous vous envoyons M. Lesergent, que tous jugez, coninie il (iiut , aussi absolument nécessaire par-delà, ptur se justifier du rctanlement lies deniers destinés à toutes vos dépenses.
Il me semble que je suis hors de mon sens quand j’entends que vous n’avez encore ni le fonda du remplacement delà marine, ni celui
de ceux destinés à la réparation et fortiGcation des lies. Je pense qu'il y donnera si bon ordre en passant à Lyon qu’il vous en reudra bon œmpte. Les ordres pour la sul>sistaiice de la garnison des lies et pour la recrue des oomp:igiiics du régiment des lies vous seront encore portés par ce courrier, bien tpi'ils l'aient déjà été par deux précédents ; et le député de Provenu qui y est, m’a as.suré que rien n'y manquerait de leur part.
Nous attendrons l’issue et l'événement des ordres du roi , touchant Bi'iançon. J'ai vu la lettre de M. Lequenx, qui assure qu’il n'y a pliLs que la tour à payer, et j’en ai dit tant à Clurron que je m’assure qu’il y pourvqira, et de bonne sorte. Je vous envoie le passeport poulies blés que vous désirerez de tirer du Languedoc.
Je ne doute nullement que n’exécutiez très-fidèlement et très-assulément tout ce que son éminence vous priera de faire ; celui qui en douterait aurait [leidu le sens. Je ne doute pas que son éminence n’approuve entièrement la destination du canon de la tour de Bone.
Monseigneur le comte d'Ilarcourt ne me mande autre chose que la bonne intelligence qui est maintenant entre vous, qui est bien une des meilleures nouvelles que je pouvais apprendre, et des plus utiles au sei-vice du roi et au contentement de sou éminence. Il ne m’envoie aucun état de la recette et dépense de la marine, aussi sait-il bien que c’est de vous que son éminence l’attend.
Je vous ai déjà mandé plusieurs fois que son éminence désirait que vous prissiez la peine de faire une exacte recherche de quelques braves gens, bien capables de servir et de commander dans vos forts et tours des Mes , le nombre d’hommes qu’il faudra mettre à la garde de chaque lieu, et que, sur vos avis, sa majesté pourvoirait déGnitivement, et j’attends encore le fruit de vos diligences , qui n’ont point de semblables. Il est impossible que l’on fasse des choix de si loin, et sur les mémoires de ceux qui sont sur les lieux et ainsi magis scire possunl. Sur ce, je prie Dieu qu’il vous comble de bénédictions, et que me croyiez. Monsieur , votre très-humble et très-affectionné serviteur.
De Noyexs.
De Ruel . ce So jaiUet t6l^
J’ajoute à ma dépêche que son éminence n’a eu aucune nouvelle
• LETTRE DE M. DE NOYERS. — JUILLET 1637. 455
(le œlui que 'voua aviez chargé du traité de la reddition de Sardaigne par le gouvemenr de la principale place, ni le reste de sa dépêche ; et , de plus , que le roi a dessein d’exécuter une entreprise dans les côtes de vos mers , pour laquelle il faudra que l’année navale soi) en mer, et fortifiée de trois mille soldats que l’on tirera des régiments destinés pour le rafraîchissement de l’armée d’Italie qui se recrute en Languedoc et en Dauphiné. Il fout donc, s’il vous plaît, tenir vos vaisseaux prêts pour les embarquer et porter à ladite entreprise.
Le fonda de l^ntretien et subsistance desdits hommes a été fourni.
Les munitions pour l’attaque le seront pareillement.
Bref, l’on ne vous demande (pie vos vaisseaux et douze galères au 26 d’aoàt.
Son éminence n’a pas jugé à propos de remplir la place de sergentmajor des Iles que de cpelque personne de votre vertu, parce tpie cet office est l’ànie de la police. Il faudra, s’il vous plait, nommer .i sou éminence celui que vous en jugerez digne, et le mander à son éminence.
Dr Noyers.
Instruit des préparatils des ennemis sur le Languedoc, et voulant concourir à la défense de cette province, M. de Bordeaux envoie les notes suivantes à M. le duc d’Haluin.
MÉMOIRE POUR L’.4R'nLLERIE.
1*. L'on désire savoir si on peut mettre vingt piètres de canon en campagne ;
Savoir : huit de 33, huit de 24, et quatre de 16;
2*. Si toutes ces pièces auront de hauts affûts ;
On si ne pouvant fournir les canons pour ne pas démunir toutes les places , si on pourrait fournir la (piantité d’affûts ci-dessus spécifiés , avec ce que l’on pourra de canon ;
3*. Si on trouvera force poudres et force boulets de ces calibres;
4*. Si dans la Provence il y a force bois pour faire des remontages
pour oes calibres, et, s’il yen a, faire faire des flasrjues le plus dili-
genunenl que l’on pourra pour ces pièces et pour des rouages;
5". S'il y a quantité de chevaux et de charrettes pour transporter le canon et pour porter les munitions;
6". S’il y a force ofliclens , et si M. de Ponselm peut fournir assez d'officiers pour ce train.
La soupe des gueux se trouve bonne quand tous les coquins assemblent leurs bribes, si bien t[ue je puis espérer que nous ferons quelque chose de bon , si vous fournissant de fonds, vous nous pouvez fournir le reste.
Que j’aie de vos nouvelles en diligence, s’il vous plait, sur ce sujet, et que personne n’ait connaissance de ce mémoire que ceux que vous estimerez qui pourront garder le secret.
M. le duc d’Haluin répondit à M. de Bordeaux par les dépêches suivante.s.