‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 142 sur 171 · RÉPONSE DU DUC D’HALUIN. — JUILL · texte numérisé non relu

RÉPONSE DU DUC D’HALUIN. — JUILL

Pour des boulets, nous n’en avons que de calibre de coule'VTines. Faites votre compte là-dessus, s’il vous pbît, car nous n’en avons point d’autres du calibre de 24, et je ne sais s’il y en a dans tout le l'este de la France, mais je suis ti-ès-certain qu’il n’y en a point en Languedoc, vu que ce calibre n’est pas français. Mais pour <k:laircir nettement ce qui regarde lesdits calibres, où une ligne plus ou moins fait grande différence, s’il vous plaisait faire faire des calebasses de bois, vous n’en avez de faite de chaque calibre; et en prenant la peine de me les envoyer, en deux joui’s j’aurai calibré tous les boulets de nos places ;

4”. Sur le quatrième article, où vous demandez s’il y a du bols en ce pays par le second, je vous réponds que nous en avons suffisamment , et demain même je m’en vais faire travailler à faire des flasques et des rouages. Mandez-moi si nous ferons des ferrures, et si vous avez fonds pour finir ces frais, car le nôtre n’est que dans ma bourse, et par consétpient fort court ;

5®. Pour ce qui est des aticlages pour traîner le canon et munitions, je puis dire qu’en France il n’y en a point de meilleur, d’autant (pie ce sont toutes mules qui vivent de rien, ne sont jamais malades et fatiguent beaucoup plus (pie les chevaux , outre qu’en subsistance et en remboursement, quand elles se tuent, elles coûtent moins que les chevaux. 11 est vrai qu’il y a un taux général pour cela à l’artillerie ;

6°. Quant aux officiers, je n’en ai point parlé au sieur de Baume, mais je sais toutefois que vous trouverez vingt pointeurs qui sont ici dans nos troupes , et dès aujourd’hui je donne ordonnance pour les en " retirer Ce nombre suffira pour exécuter vingt pièces, mais nous n’avons point d’autres officiers, sinon des déchargeurs et des conducteurs de charrois fort entendus. Pour des gens pour le service commun de l’artillerie, comme pour dresser et changer les plates-formes, manier les leviers, transporter les munitions et autres services du parc, vous savez mieux que moi , monsieur, (pie pourvu <pi’on trouve des gens forts, cpiels qu’ils soient, iis sont tous propres à ce métier. Nous aui'ons bien aussi qucicpies commissali'cs et autres officiers, mais non

UVRE 11. — CHAP. n.

• pa» » peu pi-cs ce qu’il eu faut pour lui tel train. Pitïiiez, s'il vous

plait , moii.vieur , vuti'e projet sur ce que je vous mande; et selon les oixlres que vous avez , je re<x)ive les vôtres sur la réponse que dessus.

Que si les gueux assemblent leurs bribes, je vous réponds que je ■naiigerai de Icm' soupe avec les quatre doigts et le pouce, et d’aussi iM.n cdiur, sans vanité, qu'Iiomrae qui soit en France.

Je vous aurais donné de mes nouvelles drê le jour même , mais j’ai été obligé à faire un petit voyage, comme je vous écris, et à fournir à mille choses fort pressées, ce qui m’a retaivlé d'un jour, dont je vous demande |>aidon.

Depuis mon niémoii-e écrit, j'ai vu Poncerve, qui m’a conlirmé tout ce que dessus.

LETTRE DE M. D’HALLIN

s A SI. I-'ABCIIEVÊQIIE DE BORDBAL'X.

Movsieuk ,

Vous me permettiez de lépondre à vos deux lettres par une seule des miennes, à cause de l’empres-sement où je suis pour me mettre en état d’aller faiiv un toiu- k notre frontière. Je commencerai par vous demander très-humblement pardon, monsieur, d’une faute que je n’ai néanmoins pas faite : c’est de ce que M. le chev.ilier Paul, à qui j’avais envoyé ma lettre à Vendres, partit pour s’en letourncr vous trouver sans la prendre.

Je .sais, parle rapport même dudit sieur chevalier qu’il fit au capitaine de mes gardes, qu’il ne faut pas espérer secours des grands vaisseaux dans nos côtes ; mais des barr|ues , des tartanes et antres petits vai.sseaux bien armés; et joints avec les galères, empêcheraient • bien sans doute la diversion que les ennemis veulent faire , et les recbasseraient sans doute bien glorieusement, mais je ne sais si les galères ont reçu ce commandement aussi bien que de l’argent.

Vous me faites l’Iiomieiir de m'offrir six bâtardes ' pour m’en

* PivccB li'artiltrne d*** galrirs.

LETTRE DE M. D’HALLIN. —'JUILLET 1037. 4ft0 «rrir à la de l’infiinlerie ,-*à la mode de» SluVlois: j’ancqjte avw honneur très-particnlicr i-elte grüoe, et par le reloue de celui qu’il vous plaira m’envoyer, il vous plaira me (aire savoir si leur attirail de cordage y est atusi , afin que j’y pom^voie. J’ai donn»* des quartiers pour la U>ùr, et quoitpie j’eusse pr^tcxU' de n’en plus donner, vu qu’il s’est lev^ cinquante et un mille hommes de pied en celle province, n^nmoins, votre commandement me résoudra isminonter I* <|ue j'avais déterminé là-dessus, et je prétends me servir d’eux bien utilement ai l'ennemi vient.

Je vois, monsieur, par votre settinde lettre, que vous ave/, eu des ordres pour de grands apprêts d’artillerie; je vous envoie le mémoiie que j’ai lait en réponse du vôtre sur ce sujet, et vous supplie trèshumblement de m’éclaircir un peu davantage, s’il se peut, ces mots cCittlaquer ou défendit , car je vous avoue qu’ils m'ont mis dans une incpiiéliide bien pleine de curin.siré, protestant néanmoins que je ne vous fais celle supplication qu’en tant tpie vous {xjurre/ vous en explitpier davant.igc sans passer les Ivorncs qu'on vous a prescrite» et sans violer le secret <pie .sa majesté et son éminence vous ont conlié ; et je ne voudrais pas que vous eussiez si mauvaise opinion de moi que de vous persuatler que mon ih'-sir sur ce sujet me fit sortir de mon devoir. Si l’escadron de Borsar nous était destiné, je serais ravi , et je ne doute pas qu’avec cela nous ne fussions bien glorieux , puistpic c’est, à mon gré, un des meilleur» coi-p» de cavalerie qui soit en Franre, et (les mieux commandés.

Il ne me reste plus maintenant, après avmr répondu et .satisfait à tout ce (pi’il vous a plu m’oivloniicr, (jue vous rendre les Iri's-humbles grâce» que je dois à tant de témoignages de bonne volonté ipi’il vous plaît me départir en toutes occasions; mais cela est bien plus malaisé à faire cpic tout le reste, cl comme il faut malgré moi <pie je demeure de ce côté-lh dans une ingratitude forcée, je vous supplie très-humblement de croire , monsieur, ipie je ne maïupie pas de ressentiment , et que, ne méritant pas tant de faveurs par moi-meme, je les réfère à l’airection que vous avez au servi(V( du roi et de son éminence, desrpiels vovis savez rpie j’ai particulièienient l’honneur

d’étre la cn*alur«. Je ferai toi^ours gloire extrême de joindre à celte

qualité celle.

Monsieur ,

De votre Ircs-lminble et très-alfectionnc serviteur,

SciiOHBEac.

Cette dépêche de M. de Sabran est relative aux aiVaires politiques d'Italie.

A H. L.’ARCHBVêqeE DE BOEDBAUX.

Monsieur,

Je vous ai écrit par une barque de Cette qui allait à Toulon , dont le sieur Daniel me donna l’avis, il y a deux jours; je vous y ai donné avis de la fuite du prince de Modène, le long des frontières de cet État et du Piémont, qu’il ravageait. Les troupes françaises et de son altesse , qu’elle y avait envoyées, l’ayant bien étrillé et pris les dépendances et le dehors des ville et château de Final, dont l'Espagnol ell'rayé a débarqué plus de mille hommes en la marine de Final , et que les galères ennemies n'ont en aucun lieu de la c<îte pouvoir de débarquer ni recevoir rafraîchissements, eau ni aucune communication, ce qui ne sera pas ainsi des nùti'cs. A cette heure, je vous dirai que j’attends aiqourd’hui les particularités d’un grand combat près de Verceil, où renuemi ayant voulu faire une attaque en un lieu détaché de la ville, de quoi nous étions avertis, ils ont trouvé une embuscade preparée qui leur a défait grand nombre de gens et pris force prisonniers, entre autres, Spadin, capitaine de cavalerie, qui estcelui qui, après avoir ^rvi vingt ans de sergent-major à Casai les ducs précédents de M. le duc de Mantoiie, y étant conlirmé par son altesse, avait promus de remettre la ville à don Gonzales ou la citadelle, et fut cause du premier siège : on le devrait donner pour curée aux Casalosques. Don Francisco de Sylva y a été tué. La cavalerie ennemie est toute ruinée et l’infanterie

iulienne, et le Mil^ais craiut fort. Celui qui est nomme en mon pasaeport avait ét^ refusti de Sabran iàute de déclarer ce qu il allait faire, et enfin il y va pour les affaires de Carlo Servago, qui est à pi-ésent sénateur, mais est celui qui procura de Gênes les poudres pour les Iles quand vous y eûtes descendu. INa en âtte felouque et ne reviendra pas avec elle, et a dit à Sabran qu’il attendra à Toulon le retour de la galère qui portera l'amlUssadeur de Gênes vers Cette. Sabran croit qu’il veut devancer la galère de celui tpti part demain pour aller vers le roi d'Espague. Sabran a fait dire à Carlo Servago qu’il lui a bien voulu accorder passeport pour son homme, à présent qu’il est sénateur, mais que premièrement Sabran ne l’envoie , parce que les ministres du roi en Provence savent t|u’il procura powire pour les lies ; mais en eilet il a des atiaires et intérêt à Toulon, car il y a long-temps qu’il en a parlé à mon secrétaire, tellement qu’il n'en faut pas, à mou avis, avoir scnipule; mais il sera fort à propos, comme Sabran l’écrit à M. de Vitry, que si M. de Bordeaux voit le passeport, il lui dise que n’eùt été que Sabran nomme Carlo Servago sénateur et que l’on croit que le corps souverain de Gênes n’est pas ennemi du roi, l’on tiendrait fort suspect celui qui viendrait de sa part , à cause de l’action si partiale susdite et si visiblement contre le roi, afin que Gênes connaisse que l’on a remarqué les partisans et que l’on distingiir, de la pei-sonne privée , un sénateur d’une république que le roi croit amie et respectueuse envers le roi : ce qui, su par deçà, sera utile.

J’attends impatiemment de vos nouvelles et reste sans lin.

Votre très-humble et très-obéissant et obligé serviteur, s ^

.Sabrsv. '

De G^bm, 1« 4 Boûl, BU toir, tSSy.

Ces lettres du roi et de M. de Chavigiiy à M. de Bordeaux sont relatives aux Barbaresques. On trouvera plus loin tous les

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dt-veloppemnits de cette importante expetjitioii , qui eut lieu

plus tard.

A M. L'ARaiEVÈQtE DE BORDEAUX.

Mous. l'aiThevéquc de Bordeaux , lorsque vous pai'tites de deçà |K)ur .aller en mon .arm^ navale, vous fûtes informé de mon intention touchant la paix, que je désire être faite s’il .se peut entre mes sujets et ceux d'Alger, afin de remire la navigation et le commerce sur la mer Méditerranée d’autant plus libres à mesdils sujets, comme aussi touchant la délivrance des Français qu’ils détiennent esclaves, moyennant wlle d<» Turcs et Maures dudit Alger qui sont dans mes galères. A (|uoi jugeant que la conjoncture est propre , maintenant (|ue mon armée nasale est par-delà, et dans la réputation que la réduction des des lui a donnée, j’y dépêche le capitaine Sanson-le-Page, qui vous rendra la piawiite avec un mémoire par letpiel vous apprendre* ce que je crois cpi'il est à propos de faire pour ce regard. Vous donnerez oixire en ce ipii dépendra de vous à ce que le contenu audit mémoire piii.sse être exécuté, y apportant tout le soin, alfection et diligence que l’allaire pourra requérir. Siu- ce, je prie Dieu tpt’il vous ait , mous, l’archevêque de Bordeaux, en sa sainte garde.

LOUIS

BoUTHILl.tER.

Lrril jii rhSteju du Roi, <le Bnuloxuo-I^-Pori, . lu S* jour d'jmAt

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