‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 143 sur 171 · LETTRE DE M. DE CIIAMGNV · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. DE CIIAMGNV

A M. l'archevêque de bordeaux.

Monsieur ,

Quand vous partîtes d’ici pour aller en l’armée navale, l’on mit entre vos mains tou» les mémoires comernant l’affaire dont le loi vous f'frit présentement, abnque vous prissiez le temps d’y seivir sa majesté.

LKTTRE DE M. UE CHA VIGNY. — AOliT HW. 46.1 M l'occasion «'y repcontrail propre; elle croit qne l'on pourrait maintenant 6lre venir messieurs d'Afger à la raison, ce-qui la lait résoudre à dépécbeivpaê-dclà Je siei|r Snna<Ai-)e-Page, ipii avait autrefois été destiné |x>ur être employé eu cette aÜ'aire. Si vous n’avez les mémoires snsdits sous voue mein lorsqu’il arrivera, il vous fera voirceux qui lui ont été ilonnés long-temps y a , alin <|iie vous jugiez de quelle sorte il aura à agir en letle alfaire', set«a.'la connaissance que vous pouvez avoir sur les lieux de l'état de celles de là , et l’apparence qu’il y a que lenx d'Alger se rendront plus faciles à ce que l’on désiivra d’eux, voyant l’année navale de sa majesté si proche de leurs cAtes. Sur (|noi ledit sieur Sanson recevra vos ordres et s’y conduira ronfonnément ; et en tout iras, sa majesté se mnlente (pie le traité soit passé selon le projet que vous avez. Quant à l'allàire de Salé , qui est presque de même nature cpie celle-ci, et dont vous eûtes aussi mémoire lors de votre parlement , monseigneur le cardinal trouve à propos de la dillérer jusipi'à votre retour en l’Océan avec les vaisseaux du roi. Sur ce, je votu supplie très-humblement de <mire que je suis véri laidement.

Monsieur, votre très-humble et très-affectionné serviteur,

Chavigvv.

A l*arU , et! 6 août i637>

M. le duc d'Haluin demande à M. de Bordeaux quelques pièces d’artillerie et lui donne de nouveaux détails sur ses projets de défense.

LETTRE DE M. D’HALl'IN

s M. l.'AaCHEVàQCE DK KOSDKAUX.

Mo.vsieuh ,

Je vous rends mille très-humbles grâces des surcliages de civilités dont il vous plaît me combler : la différence cpt’il y a des vAlrcs à celles des autres , c’est qu’elles sont effectives et que vas compliment.s sont bienhît suivis des effets, qui surpassent encore ce que vous promettez.

Pour les six bâtardes , vous ne pouvez trop tôt me faire cette grâce de me les envoyer avec leur équipage. Envoyet-moi, s’il vous plaît, les carabinées, d’autant plus cpi’elles sont plus légères. J’ai répondu votre mémoire article par article au côté, et garde l’autre pour faire travailler dessus et épargner toujours 'autant de temps et de besogne, parce que vous avez déjà de rouages et d'alTùts.

Je vous ai déjà protesté que, pour ce dessein, je n’en avais point de curiosité, mais il faut que je sois employé à quelque chose ; si faudra-til ou que vous me donniez les ordres s’il faut tenir des troupes sous prétexte de l'entrée des Espagnols, ou s’il se faut pourvoir d'autre chose. En un mot , un homme tpi ne sait point ce qu’il a à faiie se peut trouver dépourvu. Au reste, je serais ravi, je vous l'avoue, d'avoir à servir le roi avec vous ; car je pense que avec vous l'on ne peut mal faire.

Il est bien à propos que les vaisseaux soient en état, sur cette conjoncture que les ennemis attendent leurs forces de mer ; et je ciois qu’avec vos petits vaisseaux et quelques galères vous leur empêcherez bien de rien entreprendre qu’à leur asnfusion. :Dcs que je saurai îles nouvelles certaines de l’arrivée de l'armée navale ennemie dans leurs ports de Catalogne, je ne manquerai à vous écrire à fond. Je ne puis <pe répondre aux compliments qu'il vous plaît me faire, sinon que vous ne pouvez rendre personue votre redevable qui soit si passionnément que je serai toute ma vie ,

Monsieur,

Votre très-humble et très-alicctionné serviteur,

ScnoMBEXC.

A Saiat-Pèml (i« Fmouiile, inr U frontière, cegeoât i63'

, AOUT 1637. i '.65

C« tliflfémitfs déj)èclies , du roi, de M. de Noyers et de M. de Bordeaux' ^oiit relatives à l'entreprise sur la pla^:e forte de Final, que M. de Savoie se proposait d’enlever.

' AH. l'ABCHBVÂQLB DE BORDEAUX.

Mons. l'aichevèque de Bordeaux, m*ayant été proposé par mon frère le duc de Savoie d’employer les forces de mon année navale à un dessein dout l’exécution peut apporter de graiiil» avantages à mon service et à la réputation de mes armées , et auquel iiiondit frère em*> ploiei*a les siennes et prendra soin de la conduite de rentreprise, je vous fais cette dépêche ph\^r vous dire que vous ayez à vous mettre en mer avec mon armée navale aussitôt que mondit frère vous mandera que vous le flevrez faire, pour vous l'cndre ensuite ponctuellement au lieu et mu temps qu’il vous prescrira, dt^irant epte vous receviez ses oixlres en cette occasion, et lui oljéissiez comme aux miens propres.

Or, commeFairaire presse et qu’il y faut aller avec quelque infanterie, vous choisirez et. ferez embarquer sur mes vaisseaux jiisTpics à 1,1)00 bons hommes, tant de» Ironpcs qui sont en Provence que des régiments cpiej’y envoie à ceUe fin. Ayant éganl néanmoins à ne point dégarnir les phices des îles et de la c<‘>te de Provence des gOîis nécessaires pt)ur Icui' gai*de , si vous ne les pouvez remplir de milice ou autrement, en sorte qu’elles ne demeurent exposées à aucun péril pendant votive voyage.

Mon intention est aussi que vous lui fassiez fournir le nombre de canons de batterie dont il pouri*a avoir besoin , employant le nombiv» de matelots , cliai’pentiers et oOiciers qu’il faudi'a pour les débarcjuei' et servir, et que, pour les exploiter, vous fassiez tirer de chacun des grands vaisseaux (rois ou quatre quintaux de pomire; et s’il n’y a assez de boulets, vous en tiriez deMarseille, Tou Ion et Antibes, où j’apprends qu’il y en a en quantité d’inutiles, à cause que l’on a tiré de ces lieuxlà les canons du calibre dont ils sont, pour armer le galion de Guise.

4fi6 LIVRE U. — CHAP. IV. ^

Pour la nourriture de ces humilies et pour la munition du lien sur l«I|uel je fais l'entreprise, en cas ijn’i) plaiseii Die'u la faire^ri^ussir, je fais envoyer au sieur Luquet un passeport pour deux mille ciiarges de blé ipi'il embarquera dans lesdits vnisseam de madite armée navale , moitié en farine , moitié en blé et biscùit , dont le prixlui sera i-emlioui'si' par les uidres du sieur d’Ëmery, mon amliassadeur en f^iémnnt, ipii s'est chargé d'en faire convenir a^ec lui ; cependant vous donnei-er. ordre que ledit Lnqoet nd'dillcre aucmiement la provision de ce blé , farine et biscuit, et à les faire embarquer.

.l’écris à mon cousin le maréchal de Vitry afin qu'il vohs assiste non seulement d'hommes , mais aussi de tontes les choses dont vons pourns avoir besoin en votre embarquement et voyage, et je fais le semblable à mon cousin le dur d'Haluin pour l’envOi desdites troupes, qui font leurs levées en rétenduc de son gouvernement , m’assurant qu’apri-s («la chacun d'eux apportera ce ipi’il doit. •

Pour lin de cette lettre, je vous exhorterai de ne pas manquer de vous trouver aux temps et endroits qui vous seront désignés par œondit frère , auxipiels vous saurez par ses lettres ou par les personnes'de confiance ipi’il vtfns enverra ce que vous aurez à faire , et d'apporter au surplus tout ce qui dépendra de vos soins et de votre alfecl ion pour faire que , de ma part , il ne manque anenne chose de ce qui pourra être désiré de vous pour le succès do l’cntieprise, laquelle j’ai voulu remettre à mondit frère , pour les considérations que vous pourrez assez juger , et vous faire particulièrement entendre comme vous aui'Cz à vous y conduire. Et me promettant que cela ne diminuera en rien vos soins et votre afi'ectioii en une occasion si importante, je vous assure que je vous saurai beaucoup de gré de ce que vous y contribuerez pour mon contentement et pour l'avantage de mon service. C'est ce que je vous dirai par cette dépêche, priant Dieu vons avoir, mons. l'arrhevéque de Bonleaux , en sa sainte et digne garde.

Écrit «U chltrco d« Madrid, te lo aoSt 1SI7.

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