‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 159 sur 171 · DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

DÉCEMBRE

LETTRE DE M. L*ARCHEVÊQCE DE BORDEAUX

A M. DE ^OYBR».

Monsikuk ,

Le •) .d^mbrc 163^ .

Vous apprciidi-ez, par la copie des lettres de ceux <jul commandent à Alger, le dessein qu’ils ont de conclure la paix, aussi hien que par la relation des deux capitaines qui y ont été sept jours , attendant M. de Mantin, dont nous n’avons point de nouvelles; et si vous nous aviex i-onsulté auparavant , nous vous aurions dit ipi’il est fort bon homme , mais peu capable de commander une Hotte, aussi bien que les vaisseaux cpi’il avait menés peu propres pour ce voyage.

Vous verrez par une lettre de Ligourne, dont l’avis m'a clé conlirme de ÎSaples , de Gênes , et par un de nos vaisseaux revenu de la mer, qu'on fait un armement de Ircntc-six vaisseaux à Naples, sur lescjuels on met sept mille hommes de pied et force outils à remuer terre et casser rochers, et trois vaisseaux cliargés de chaux. Les uns disent cpie c'est pour le comté de Nice , les autres pour la Provence , ce que je vous assuie que je souhaiterais ; car ayant La Tour et Vaillac en bon état, je serais assuré de voir battre trois fois celte année les Espagnols. Je sépare le long de la côte le régiment des galères et celui de La Tour, et tiens tout en état de leur faire voir que je ne dors pas; mais nous ue sommes pas assez heureux pour avoir encore cette occasion de servir.

Je viens présentement de savoir l'arrêt que vous avez donné pour la réunion de la proemution du pays avec le consulat dî’s Aix. MM. de Champigny et le premier président me mandent que ces gens-là se rendent indignes de la grAce que le roi leur a faite, n'ayant aucun respect ni d'eux ni de ceux de qui le roi se sert, voulant choisir des gens, sans en communitpier à personne, dont on craint fort le gouvernement. Néanmoins, comme vous n'avez rien mandé de vos volontés ,

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il semble que vous ayez pris vos sûretés avec eux par quelques voies

que MOUS ne connaissons pas encore.

Les spéculatifs croient que l’assemblée qu'a indiquée M. le comte de Garces, contre notre opinion commune, est le sujet de l’élection qu’on veut faire du marquis de Janson et du sieur Duperrier, avocat élocpient et séditieux, alin que, leur faisant accroire qu’on ne veut que leurs libertés et privilèges, ou les oblige ii donner les ‘20,(M)0 écus que demande M. le comte de Garces; ce qui est d’une périlleuse conséquence , car si les gouverneurs dépendent du pays par présents, outre que tous les jours ils en demanderont de nouveaux , à qnoi ils obligeront les communautés par logements et délogemenU des gens de guerre, c’est tpie le roi ne doit espérer aucun service contre les peuples par les gouverneurs, de peur <pte leurs présents soient retranchés.

Souvenez-vous, s’il vous plait, si vous permettez l'assemblée, d’ordonner qu’on leur demande 100,000 livres pour achever nos fortiCrations, qui sont inutiles sans cela.

Vous apprendrez par M. de Ghampigny les témoins qui se présentent; mais, comme l’argent et la peur sont capables de les faire changer, je crains maintenant seulement de les voir; et puis, pour vous dire le vrai, mon humeur et ma profession m’empécbeni de poursuivre un criminel en l’état qu’il est.

M. de I^avoie, chevalier de Malte, commandant un brigantin , et ayant fait prisonnier le gouverneur de Sassari , fit avec ce dernier un traité par lequel le Sarde s’obligeait, moyennant de grandes récompenses pécuniaires et honorifiques, pour lui et les siens, à abandonner aux troupes du roi toutes les places, villes et bourgs de son gouvernement en Sardaigne. M. de T.avoie envoya aussitôt à M. de Bordeaux le projet de traité, dont suit la teneur.

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