RELATION. -- DÉCEMBRE 1637. V
ilesseiii que tes Espagnols avalent d’entrer dans le Languedoc : ce qui obligea sa majesté de donner le commandement au comte d’Harcourt , ■archevêque de* Bordeaux et général des galères, d’assister le duc il’llaluin de tout ce qu’il avait beso'n en cas que les ennemis entras' sent dans la province dont il était gouverneur. Sur ce temps , l’archevéque de Bordeaux étant tombé malade, après avoir mis l’aiapée en état de faire voile dans le golfe de Toulon , se retira à Marseille poiu' avoir moyen de se faire traiter, où il demeura les moisdejiiillet et août , donnant néanmoins avis à M. de Savoie que l’armée était en état de marcher dès-lors qu’il l’ordonnerait.
Au commencement de septembre, la nouvelle arrivée t|ue les ennemis étaient dans le Languedoc et avaient assiégé Lcneatc, l’archevêque de Bordeaux eu donna avis à M. d'Harconii et le pria de, lui vouloir envoyer huit ou dix Dragons, qui sont vaisseaux <le deux ceiiB environ, afin que, les joignant avec les galères que M. le général lui faisait espérer, il pût empêcher le secoitrs (|ue les enticmis avaient par mer et faciliter celui que les assiégés pouvaient tirer de Languedoc, et oependant prend la poste pour s'y en aller par terre pour conférer avec M. d'ilaluin des moyens de secourir Leucate et vérifier si les ports de la Franquine et môle d’Agde étaient en état de recevoir les vaisseaux et galères, comme ou lui avait rapporté, laissant la conduite des vaisseaux au sieur commandeur de Poincy, lequel ne les put amener, d’autant que le général des galères n’estimait pas qu'il y eût sûreté d’y envoyer oes galères.
Le 9 de septembre, ledit archevéepe de Bordeaux étant arrivé auprès dudit duc d’Haluin à Béziers, il sut comme quoi il avait envoyé par tous les lieux du gouvernement pour assembler les troupes , mais que les ennemis étaient retranchés de sorte qu’il n’y avait guère d’espérance de les en pouvoir délc^er , et prestpie aucune apparence , par l’avis de plusieurs capitaines qui avaient été assemblés en divers conseils , de les pouvoir attaquer. Jiisqnes à ce jour, on n'avait' eu aucune nouvelle des assiégés, et personne n’avait encore été visiter les assiégeants. •
L’archevêque de Bordeaux , à son arrivée , crut qu’auparavant que
5» jjVRE II. — CHAP. V.‘
pouvoir opiner sur ce qu’il y aurait à faire et rendre compte au roi de ' stm voyage, il devait voir les ennemis pour plus facilement donner son opinion de ce qu’il y aurait à faire pour la vue de leur eonlenance. Il demanda quelipie escorte à M. d'Ilaluiii, laquelle lui voulant donner lvii-m<*me , ils partirent ensemble pour s’en aller à Narbonne ; le même jour visitèrent Sainte-Lucie, qui est une île fort élevée et de fort jp-aiide consétjuence à l’cmbouclmrc rie la rivière de Narbonne, et le leiirlemain s’en allr-rent jusques à un lieu appelé le Déferracaval , avec t(uelqiic deux cents chevaux ; de là les gardes des ennemis furent reconnues, leurs reti-anchements vus, et les divers lieux de Rorpiefort et la Palmr- c[u’ils tenaient , reconnus.
On retourne à Réziers. Cette approche des ciineinis augmente le désir lie les combattre, et toutes les villes commencent à envoyer, chacune selon leur force, des troupes. Durant ce temps, l’archevérpe rie Bordeaux s'en va loger à Sainte-Lurûe et assemble tous les bateaux (pi’il peulilu )>ays, pour, avec les fcloiupies etrdialoupcs qu'il avait amenées, faiit! luie |>artiede ce rpi'il espérait avec les galères, lesquelles ne venant pas, empêchaient que les vaisseaux ne vinssent, de peur que le calme rjiii est orriinaire en cette mcr-là en celte saison ne séparât les vaisseaux , lesquels n’étant pas miinitionnés de gros canons, à cause de leur petitesse , eussent pu être incommorlés de celui des galères.
M. le duc d'IIaluin, voyairt rarchevêfpic de Roi-deaux logé à Sainte- Lucie, revint à Narbonne, d'où il envoya le sieur de Saint-Aunay avec • ( son régiment prendre le port de Sijeaii, sur la nouvelle qui arriva que IrsKÏhcmis voulaient venir forcer une compgiiie de gens de pied qui était dedans. Un tint conseil à Narbonne, et la cpestion est agitée si V on, doit Mcourir Leucate , ou non. Les avis sont divers , et la plupart ijefuient qu’il vaut mieux faire tête à Narbonne que de hasarder ce <pie -Ton avait de troupes ; celui de l’archevêque de Bordeaux fut que tout <'C qu^ l’ou avait d’hommes , il le fallait assembler à Sijean , et tpie là ^ un résoudrait plus facilement ce tpie l’on aurait à entreprendre. Cet avis ijuivi , M. d'IIaluin s’y en va aussi bien que ledit archevêque et ce qu’il y avait de troupes aux cnvii-ons. Iæ même jour, lesicur deMayola, lieutenant de$ gardes de monseigneur le caitlinal, y arrive, qui apporte
Dif
RELATION. — DÉCEMBRE 16.17. rM
iKiii seulcmeiil permission d'attaquer les ennemis, mais des semonces de ce faire, et ordre à l’archevêque de Bordeairx d’y servir en même i{ualitê qu’il faisait à l’armëe navale.
Nouvelles diflicultés se présentant du secours, mais la présence de ce nouveau envoi, faisant eliangcr d’opinion à plusieurs, qui estimaient qu’il ne fallait point les attaquer, les lit consentir de marcher justpt’aii Défernicaval avec ce que l’on avait de troupes pour, à la vue des ennemis, résoudre ce que l’on avait à faire.
La question est proposée si on doit attaquer Roquefort et la Palme auparavant tpie d’y aller; néanmoins par la pluralité d’avis on résout de ne le pas faire contre l’avis de l'archevêque de Bordeaux.