LIVRÇ 1. — CH.\P
quantité <lc ['raiiu que vous ilésircnez, pourvu que sa majesté piHétre '
assurée que Ses ennemis ne s’en prévalussent. ^
Le roi a |tassé par-dessus toutes ces maivjues d'une viilonté assez apparente de lui vouloir déplaire et lui nuire, et sans y avoir, égard
n’a pas laLssé de vous faire part des raisons et Justice de ses desseins, I
de vous olfrir en toutes occasions de vos intérêts et tout ce que l’on
peut désirer de la protection d’un grand roi, voisin par mer et par
terre ; et je puis passer outre et le faire voir que si les Espagnols eussent
passé à la .saisie etitière de vos revenus, et qu’il ne vous eût mantpie
pour en tiier raison que la puissance, je vous pouvais assurer que sa I
majesté ii'cntendrait jamais à aucune paix, qu’avec la satisfaction en- |
tièie de vus intéiéts; je le puis faite voir signé de sa main, tant la grice
de sa prolertion est universelle, et le but de ses uianes à ne travailler !
<[ue ceux ipii ont commencé le trouble par tout, ceux qui l’ont olfensé.
Je n’en ai rien dit, parce que le cas n’est pas arrivé; mais pour ne rien teler, je me trouve nécessité en cette conjoncture de le dire, et de le vous faire paraître.
Je lie dis rien de re qui a été contribué d’ici aux premières attatjuev lie Çasal, qui étaient il'autant plus périlleuses qu'elles étaient moins prevues^ desquelles et îles suivantes l'Etat n'a pas laissé d'être niiné, encore que la piotection de sa majesté ait sauvé la place, et ensuite l'Italie; et il me semble ipie ce serait vouloir contribuer à la ruine de tous les princes que l'Espagnol attaque, si vous interdisez le pas.sage, ou contrilmcz à la défaite des troupes auxiliaires de M. le duc de Pai-mc, allié et conlédéré avec le roi.
Vousyfei-cz, Messieurs, s'il vous plait, la réflexion à laipielle le bien général et particulier, la cunjonctin e et l'état paisible où vous êtes au iiiilicii des troubles, vous convie. Et considérez que les exemples et les raisons passées qu'on vous allè)'uc sont lr4|tfpeiLses , quand la conjoncture et les mêmes rencoiitrcj^^ouditions et nécessités du temfis n'y conauircnt pas; et je croiraih’àvoir pas mal cuqiloyé mes .soins, et vous avoir servis en servant le roi, peutlant àept années, si j’ai pi empêcher les extrémités dans leatpiell^jbn vQitts moins mis avertissement en vuiu. ’ijkoignant zlé
^ itc, et pour le atjaicntioni toujours
CTTgitizt ' y
LET. DE M. L'ARCII. DE^ BORDEiiliN . — AOUT laiG. R5 !>inoères du l'ai, de «oaalTcction égale envci's voua et de ma
bonne conduite, et ceux qui æront auteurs du changement de celle que TOUS ^ez jirudemmcut tenue jusqu'à cette heure vous seront tivs-
mauvai.«%^nU desévénemenis que produira une amtraire. ' <
Dans cette dépêche au H. I*. Joseph, M<' l'archevêque de Bordeaux continue de donner le journal de sa navigation. ^
LfiTTRE, DE M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX ,
^F.VVOYBE PAR LP. COMXISSAIRE SAIST-MARTI».
A l'oaioiij cc la août ,
Mon très-iévérend Père, je vous ai rendu compte du voyage jusqu'à ' ■
l arri vée en ce port , où le déplaisir de n'aroir trouvé ni vaisseaux, ni galère.s en état, ni commandement de nous donner des gens de guerre, ni aucune leconnaissance faite des lieux où nous devions aller, a failli à me mettre au désespoir. Notre arrivée , néanmoins, a pioduit bon effet .
pour .M. de Savoie; car le duc Doria ayant tramé quelque cutrepri.se ■ ' sur SainuSoiipir ' et désirant avec quatre mille hommes tâcher à forcer Villefranche, était déjà venu justpies aux îles Sainte-Marguerite avec dix-.sepl galères, et avait laissé quarante galions ' en rade avec le teste ''
de ses getts, munitions et matériaux. Mais son iiilciligeticc datis Saitil- Soupir élaitt découverte, il n’a osé mettre pictl à lerie tious sentant si près de lui, ni noits l’aller chercher sans les galères et vaisseaux, à caiLse de l’ordre du roi, <pti porte exprès qu’ott n’ira qu’avec etut. Voici
* Mirlaoôlcd'fulié*, enlr« * car FOcéan, est ao vaisseau dr
^ice rt Monaco. SainUSoapier» est en de- guerre rond, de liant boni, à roilcs senlc-
dans d'une anse qui a tou ouverture droit à ment , qui turpasse It t aulret et|>ècr« *
l'E.-N.-E. C'est un lieu où il ne ag que du de navii’cs soit ru [tort soit en force, (iaii/ut
ps'tits oa\ir<‘t, rar les gi-ands ne fftftreot s'jr antftlmr, leu mafini modi ex Oauiui Cnfa-
mettre à couvert atleiidii qu'iU ne peuvept* On appcIK* toutefois de prest'nt
enlm- ro deiUiis des pointes y ayant ped gàUon tout raisseau île guerre qui passe 3 d’eau, le fond d'ailleurs y est foK mauvais, tm tonneaus. Foubmck, /lydrof^raphir et les ventsd’E.-N.-E. et de S.-B> y dcMinenl^ navale.
à plunih i!i y rrndeut la Mer^trtoemeut Galion de France, de Malte. d'Eapagne, •
grosse, aiiiii ce lieu Cl «Mflf^rgc d’Angleterre , sont grands na-
Petit F/arnheaii tU la meW. ^ vires de guerre. Ut et Couiumet de la mer. y
m LIVRE I. — CHAP, I.
le treizièipe jour que nous les atteudons. Aujourqu’ils nous joindront , nous irons cherciicr les ennemis*.
Ihii'ant, nous traTaillons à faire les leconnaiatiÉoea' de Morgues et de Finale, selon qu'il porté par le dernier ordi^qae^mOiîseigiieur a envoyé, cor (piatKi iwus sommes arriv<‘*s, on n*y avait fait autie chose , sinon que le sieur Puplcssls-Bcsauçon était allé siu* nue mosHagne eu pleinjmir, voir Moi gue (Monaco), qui vraisemblablement av^î^lanné, de sorte cpie le priiHH? Doria a envoyé neuf cents hommes ,dc*nouvelle i;anii.son declans, outre les trois cents qui y éUiient.
Ucs <{ue je fus arrivé en celle province, j’envoyai chercher le sieur de Curlnju, nucpiel ayant dit que nous avions oixirc de conclure et exécuter le traité fait par le prince de Moi'gues avec sa majesté, il ollrit iiicontiiieiit de le faire voir pour nous assurer de scs intentions; mais il éUiit trop taixl, car déjà il avait reçu l'onlro de la garnison de neuf cents hommes extraonlinaires. Témoignant grand fléplaUir de ne [>ou* voir exécuter présentement ce <|U*il avait promis; mais qu'il pci'sistait cil sa même volonté, j>oui* preuve de quoi il olFralt trois choses:
La pi'cmière, de donner |ku' écrit tout ce qu’il promettait, afin de lui pouvoir reprocher en cis de manquement ;•
La S€-*conde, de faire un don de sa place par écrit en la forme qui lui serait pnSctiUMî si le roi le désirait, tant il sc cunQait en la bontédii roi pour sa rorompeiise, étant outré jas<|ues au bout du traitement des Espagnols , <|iii le contraignent de défrayer sa garnison , et se «ml saisis des magasins faits à ses dépens; changent l’ordre (piand il le leur donne e! jouissent de toutes ses terres, tant au royaume de INaples, Milanais qii’Ësp:igne ;
La troisi(*me oifre est, si l'on veut assiéger la place, de donner tous les avis de Fetnt et assistances qu*il pourra contribuer pour sc déliviTr de cette tyrannie.
Vous me manderez, s'il vous plaît, si l'on doit accepter ces oÜi'es, et à Incpiellc on s’alUichera.
Mais il se trouve telles l'encontres eu cette allaire sur lcs<|uelles d est besoin de savoir la volonté du roi : la première, si l’on doit s’attacher à cette place y ayant une si forte garnison;^ la secoiule, cpii doit
LET. DE M. L’;U\CH. DE BORDEAUX. — AOUT 163G. »î avoir le coiDinaiidefhoul en celle altni^e, ou de M. d'Uarcourl, on du maréduil de \ itry^ou tou» deux etueroble; esllmanl c(u’il e»t néccs- . .vib« d' J embarquMIIIiinar^lial , Ictjuel , outre non expérieuce, a moyeu d’assister de plus^ ées troupes et d’autres cboses do sou goiiverucmeut qui nous inait|M»oiil sans lui. La troisième, si l’attaque étant faite, si nous vqjteits (pie 'noua n’en puissions venir à bout, si l’on se résoudrait à un ifort sur la montagne, ipii est à M. de Savoie , qui coo^ mande cette place et le fort à la portée du mousquet, let|Hel fort rendrait la plaéc IfMliie.
Il nous est bien arrivé un petit soupçon ipie pent-éü-c M. de Savoir n’aurait pas toute la passion imaginable |H>ur (pie le roi fiU maître de ce poste, lequel rendrait Nice et Villefraiiclie bien inutiles, étant entre Antibes et ce li(ui-là; mais pour nous délivrer aussi bien (}ue puur envoyer le secours il M. de Savoie qu’il a demandé pour se» places sur l'entieprise du prince Doria, nous envoyons M. Dupleasia-Besançon pouieu conférer avec M. d’Émery Et par sou avis en parler à M. de Savoie, commencer par lui demander l’entrée de ses ports, et ledit sieur nous viendra trouver à Gènes , où nous en allons , on pour mieux dire en rade, où l’on nous a assuré que les vaisseaux ronds d’Espagne sonL Si l’on voit ouverture pour Finale et les lieux circonvoisins, on l’exécutera ; ma'is il faut avouer le vrai que ceux (pii ont en l’ordi^ de cette province ont étrangement agi, car jusques à ce jour M. le roaréclial de Vilry ne nous a pas voulu donner un homme ; maintenant il nous a mandé qu’il donnerait douxo compagnies qui font vingt ou vingt-cinq hommes chaque compagnie. Quand nous mandons à M. de Nantes pour les porter, il dit qu’il n’en a pas eu ordre non plus que de leur victuaille ; quand j’en ai voulu chercher, il se mit en colère, et dit que je ne me dois pas mêler de cela, qu’il en a le commandement; de sorte (pie je ne sais que devenir voyant le service qui ne se fait pas et que je n y puis contribuer sans faire vacarme, ce qùe je ne veux en aucune façon du moixle.
J’avais demandé à mouseighenr, avec grande instanra, des tartane» pour porter les hompltaavec leur vivre, et l’étal du roi en porte trente avec dix-huit valssj(itx j^aix,l||^lota T an lieu de cela il n’y a en tout
Qurgé d’afniirea
de a
que trois tarUuios et. douze vnisseaux, encore les TaISscaux, honnis ceux de M. de Guise, nous sont inutiles pour être armés d'une si petite artillerie au-dessous de six livres, que cela ne peut tfttiÎT'Iieu de vaisseaux de guerre; et ils sont si remplis d'hommes (pi'on ne saurait leur faii-e porter d'inlânierie.
J'ai mes ordres pour faire mes préparatifs pour rattatjiie dès Iles au iTtour, n'ayant pas songé ici à faire seulement un galion pour ladite atlatpie, et cependant soyez assuré que tout ce c|uc pourront fhiie deux mille hommes d'infanterie que nous avons, il sera tait.
Maiscpiand nous considérons les esprits de MM. d'Harcourt, de Vitry, de Nantes et du général des galères, et qu'il faut que je m'accorde à tout et Utchede les accorder ensemble, vous trouverez qu'il ne me reste guère de temps pour employer au service; et surtout, il faut légler i|ui commandera de MM. d'Harcourt ou de Vitry aux attaques de Morgue et de Sainte-Marguerite; car chacun le prétend, et par ainsi rien ne se fait, et déjà ils ont eu quelques petites froideurs, et même ne se sont pas vus, sur ce que M. d'H.arcourt veut mener les gardes à terre et M. de Vitry prétend que cela blesse sa charge.
. Le sieur de Fourbin n'agit plus dans les galères, c'est maintenant M. le chevalier de la Valette qui fait tout. M. de Nantes avait remis de donner les provisions du Baron d'Allemagne, de sorte qu'il les a seulement depuis hier, et il faut quelque temps pour se reconnaître. Tout cet embarras ne me donne que le déplaisir de voir reculer les atlàires, à quoi, par votre prudence, vous mettrez ordre et me croirez s'il vous plaît , etc. , cto.
Au rctjii de cette dépêche, M. le cardinal donna ce supplément d'instruction à M. l'archevêque de Bordeaux :
LETTRE DE M«’ LE CARDINAL DE RICHELIEU
TODCHàXT I.ES DESSEINS DE l.'salnK. NSVALE DU LEVSNT. <
•J Psri*. It *9 soSl ,638.
Si les Espagnols ont mis dins Mor^Mi neuf é«nls hommes outre la ganiison onlinairé, il fautbien, à mon avis, (éddainer garde de l'atta-
LETTRE DU GARD. DE RICHELIEU. — AOUT 163C. 89 quer de vive force. Si par intelligence du dedans on y pourrait faire quelque entreprise, cela serait fort bon; mais je ne rois pas, quelques olFres que fasse le maître du lieu , qu’il fasse quelque proposition qui aboutisse à cette Cn. Il serait inutile de lui faire signer les conditions qu’il propose. Il vaut mieux lui faire savoir que sa conservation est trop cbère pour accepter les propositions qu’il fait en ce sujet, lesquelles ne pourraient servir qu’à le perdre, si par malheur elles (étaient découvertes.
Si le dessein de Finale se trouve difficile et de douteux événement, je ne crois pas aussi qu’on le doive entreprendre. A la vérité, ce serait un grand déplaisir d’avoir fait une flotte pareille à celle qui a été heureusement conduite de Ponant au Levant, et n’en recevoir point de fruit; mais il vaut mieux n’entreprendre pas ces desseins que les entreprendra avec apparente certitude de mauvais succès.
Au moins fautdl chasser des îles les ennemis et les combattra à la mer si on peut.
J’écris à M. de Vitry pour l’y engager par honneur, et je vous conjura d’y faire l’impossible.
J’écris à mon neveu comme je dois aussi sur ce sujet, l’obligeant à se joindre à M. d'Harcourt en toute chose. Si M. de Nantes se gouverne mal de delà, en me le mandant par ce couraier, on le fera revenir aussitôt, auquel cas il faudra que vous preniez soin de tout ce cpi’il avait entrepris avec le pays, pour ce que ledit pays contribue à l’entretien des vaisseaux qu’il a armés.
Écrivez-moi franchement sur ce sujet sans rien craindre et sans divulguer ce que vous reconnaîtrez devoir être fait en cette occasion , afin qu’il soit plus tôt fait que pensé.
Au reste , souvenez-vous qu’il faut faire toutes sortes d’efforts pour que l’armement fait par le roi ne soit pas inutile.
Je vois bien qu’il faudra que toute votre flotte hiverne dans les ports de Provence. Elle fera là plus d’effet qu’ailleurs, elle tiendra le roi d’Espagne en jalousie, et en ne la mettra point au hasard de la faire périr en la faisant teU>tpmer en Ponant à l’arrière-saison. Préparezvous à cela, s' et prenez telle connaissance des affaires
commencées par l|^de Nafl^, que lorscpi’on l’aura rappelé vous les
IJVRE I. — CHAP. I.
puiMiez conduire heureiuement. Flattez le maréchal de Vitry, en aorte que vous le puissiez porter h ce qui est nécessaire. Ecrivez-moi diligemment sur tout ce que dessus , allu qu’on y pourvoie promptement, et cependant ne perdez aucun temps de (aire quelque chose de bon si l'occasion s'en présente.
On vous envoie trois régiments du Languedoc; vous n'en direz rien à personne, de peur que cela donnât lieu à M. de Vitry de ne vous pas assister si puissamment qu'il est nécessaire; aussi cpi'il ne faut pas attendre pour entrepiendre quelque chose que lesdits régiments soient arrivés, parce qn’il serait trop tard.
Mettez tons les Turcs k la chaîne, non en detrz galères seulement , qu’ils pourraient enlever, mais en diverses d'où vous les pourrez retirer plus aisément s’il est besoin. Si ceux de Salé s’en plaignent, vous direz qu’après le service fait, on les pourra rendre, convenant amiablement de toutes choses.
Assurez-vous de la continuation de mon affection, et que je serai toujoui-s, sans changetnent, votre très-alfcctionné, comme frère, à vous rendre service.
Le Caixlinal ne Richelieu.
Les dépêches suivantes du roi à M. l’archevêque de Bordeaux sont relatives au secours de Parme, dont M. le cardinal de Richelieu sentait toute l’importance dans les conjonctures présentes :
% H. L’SRCHEVËOtE DE BORDEA.IIX, POUR DOWEE AVIS AU DUC DE EARME