LETTRE DL’ ROI. — NOVEMBRE
je veux que voua ftuiez état que je considérerai particulièrement le» lervicea que voua m’y rendrez.
J’envoie exprès le sieur de Frémicourt, capitaine au régiment de Brézé, pour me rapporter quel en si^ le succès, dont je conçois toute bonne espérance, voyant avec combien -d'airection et de courage chacun de son côté est prêt à s’y employer, et que les choses qui n’étaient pas encore prêtes le serontà prêtent , puisque vous aurez eu les expéditions que vous demandiez pour recevoir de l'argent ; que le général des galères doit en avoir seize en mer, et cpi’il a mandé que les régiments qui venaient de Languedoc allaient entrer en Provence, et que par-dessus tout cela on a arrêté que quelque résistance qui se rencontre à l’entreprise , on ne laissera pas de l’exécuter.
Quant au secours de mon cousin le duc de Parme , j’en reconnais l’importance et le besoin , et je n’y veux épargner aucune chose qui dépende de moi , mais comme le plus utile dessein auquel mes troupes destinées à ce secours puissent servir présentement , est celui du recouvrement des iles, qui rendra ensuite le trajet en Italie , pour le secoiu's de Parme, facile et assuré, et me donnera la liberté d’y agir plus puissamment , j’entends qu'auparavant toutes choses mes forces soient employées à cetté exécution , mai.» aussi qu’incxmtiiiciit <|ue la réduction des fies en mon obéissance sera faite, ce que j’espère , avec l’aide de Dieu, qui réussira en peu de temps, les régiments de Roussillon, Castrevieille , Comusson et Clermont- Vertillac soient portés en Italie par mes vaisseaux pour passer en l’Ëtat de Parme , et cependant que vous conoertiei secrètement avec mondit cousin , par l’entremise du sieur comte Scotti qui est par-delà, en quel lien il jugera à propos qu’ils fassent leur descente et passage avec sûreté , donnant à entendre audit sieur Scotti la nécessité d'entreprendre fortementsie dessein des iles , en sorte qu’il ait si^t d’en demeurer satisfait et de se contenter d’en attendre l’événement avec impatience.
Pour ce qui est de la république de Gènes et du duc de Florence , je n’estime pas, pour le présent , qu’il soit à propos de faire aucun éclat du juste mécontentement qup je puis avoir de leur manvsiMe conduite aux choses qui me regardent; mais je trouve bon que l’on empêche que, sniu
<(U) LIVREI.-CHAP.il.
i^elque prétexte que ce paisse être , il ne soit transporté des États de ces princes aucuns blés ni autres vÎTres et denrées quelconques , soit de Lanipiedoc ou d'ailleurs de mon royaume , sans toutefois passer à aucun acte d’hostilité ni de rupture' cxintre eux , ce que je saurai bien faire lorsque le temps y sera propre , et je verrai à former une résolution convenable sur ce sujet après la reprise des Iles. Cependant je prie Dieu vous avoir, mons. l’archevêque de Bordeaux , en sa sainte et digne garde.
LOUIS
SUBLET
A cette lettre du roi était jointe une copie de ledit suivant relatif aux matelots français servant à l’étranger.