‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 68 sur 171 · RELATION VÉRITABLE. — DÉCEMBRE ÎC · texte numérisé non relu

RELATION VÉRITABLE. — DÉCEMBRE ÎC

friper ) sans lui donner aucun paiement, espi^rance ni satisfaelloii ; chose qui porta les mariniers et soldats de ladite escadre à tel déiespoir qu'après avoir cherché partout les commissaires et courriers que ledit sieur de Bordeaux^ avait envoyés , à faute de les trouver pour les mettre en pièces , ils pillèrent l'hôtellefi&du Faucon, où ils étaient logés , et de là passèrent à une ^ition si violente et si générale qu’ayant appris de suite le décri des liaiw, aquts la hardiesse et bonne conduite des consuls, toute la ville courait fortune d'étre pillée. Maintenant, pour passer à la deuxième des choses susdites , il ne faut que savoir l'état auquel est aujourd'hui l’année navale , pour l’avoir fait entrer dans le port de Toulon au lieu de l’avoir fait tenir dans la plage d'iiyères , excepté les vaisseaux qui sont destinés pour le service de Parme. Celte faute est bien de telle consécjuence que n’ayant poiut d’argent à donner aux mariuiers, les plus modérés se débandent à troupes, et les autres se mutinent tous les jours contre leurs ^feiers ; et se voyant plusieuiv à terre également pauvres, éloignés de^prs maisons et maltraités, passent jusqu’à des émeute^ qui menacent de.pps que ce qui est arrivé à Marseille , an grand scandale de la répiUqtM et de la puissance du Mi et de ses armes parmi les étrangers , outre li^auvais exemple tpii est aux peuples , eu un temps où leurs misères augmentent de jour à autre dans lu foules qu'ils reçoivent par la multitude des affaires.

Quant à la façon dont ledit sieur de Boivleaux traite généralement ceux qui sont en quelque sorte sous sa charge, et h l’opinion qu’ils ont et que l’on doit avoir de ses bonnes conditions, il ne faut que les entendre sur oe chapitre. On le pratique on peu pour oela^et l’on trouvera que de tout le reste des hommes il n’yén a pas un insupportable pour son arrogance , plus méprisable pour tes irrésolutions et légèretéa,<oéut. ridicule pour ses actions , plus dangereux pour ses artifices ^i^iiaïihaîssable pour ses mauvaises qualités, plus incapable d’affaire par un8"lhusse présomp^on qu’il a de sa suffisance , ni mieux méritant la Bastille pour les manquements qu’il a faits au grand désavantage du service du roi depuis qu’il est en Provence , si par l'extravagancé de ses déportements ( la considération de son caractère mise à part ) ou ne le juge plutét digne de l’empire des petites maisqns, pour ne lui «lier

pas enlièremeiit le moyeu de donner quelque nourriture à son ambition.

Les dé|xH'lies suivantes de MM. Fabio Scot»i et de Noyers à M. l'archevêque de Bordeaux, sont relatives au secours de Parme. »

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