‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 67 sur 171 · RELAT10^ VÉRITABLE. — DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

RELAT10^ VÉRITABLE. — DÉCEMBRE

(jeaii, quelque «liligeiice qu’oD j ait faite, ou ne les a jamais eues ; de faron <|uc si le maréchal de Vilrj o'eùt pourvu de hoiine heure au manquement, et n'y eût pourvu, une bonne partie des gens de guerre qu’il devait coimuandcr demeurait à terre ; mais il y avait donné si bon ordie aux dépens de sa boui;se qu'il eùtcmbarqué deux mille cinq cents hommes pour le moins , tans compter W noblesse et la cavalerie, si l’airaire eût été longue. Quant au teoqM que lesdits bateaux et tartanes arrivèrent au Gourgean, les mêmes pièces dont il est parlé ci-dessus font aussi voir clairement que ce ne fut qu^ le 25 novembre que M. le comte de Garces et le sieur Duplessis-Besancon en furent faire la visite et le dénombrement (le leur port dès le lendemain , et que le 29 le sieur Prévôl-Dumas en lit la distribution aux majors d<» troupes, selon la répartition ipii en avait été faite dans le conseil de guerre ; de sorte <pie jusqu'à ce temps , pour le regard d’une chose si essentielle, et jusqu’au (juatrième décembre de suivant pour celui de l'artillerie , on ne saurait dire avec aucune appareiMkde vérité qu'il ait tenu au maréchal de Vitry que les Iles n’aient éléattaqtiées ; joint que M. le oorntc d’Harcourt était pour le moins aussi jtéoesMieiix , tant des préphratifs et vaisseaux propres à les porter, que des tartanes et l>ateaux pour scs troupes, ainsi cpieM. deCastelan le protestait hautement tous les jours, et cpie l’amiral même ne passa du côté du Théoule cpie le 2 ou 3 décembre.

Quant à la subsistance de tous les vaisseaux et des gens de guerre destinés à l’attaque de M. le comte d’Harcourt : pour les premiers, tout le monde a vu tpie dès novembre les escadres de Provence et de Nornundie ayant fait leur temps , les équipages ne vivent que de machemourre, qui est la poussière du biscuit epti demeure au fond dn lien où on le met, et du pain frais que les capitaines faisaient eu terre; et pour les seconds, qu'ils n’avaient cpie pour huit ou dix jours de fort mauvais pain , sans qu’il fût passible de remédier, à une nécessité si générale, cpi’avec beaucoup de temps, pendant letpiel il fallait qne tout se disposât de s’en aller nécessairement; 'ÿaisqiie les grands vaisseaux eé les mieux fournis de vivres n’ont pas seulement^! demeurer à la mer jusqu’au 20 déœmbre ,-<x>mme l’expérience le liait voir ; de sorte que si le mistral, (|ui leur était esentraire pour aller àToulon,<eAtencorednré

ri'i LIVRE I. — CIIAP. II.

cinq ou six jours , il ei"ll fallu mettre la plus grande partie des Tnariniers à terre pour les «npik-licr de mourir defaim sur les saisseaiix. Que ceux donc cpii essaient de rejeter sur M. le maréchal de Vitr)- le manquement de l'attaque des' îles confessent que leur imprudence, ou leur maliec , ou tous les deux ensemble, en okt été les aaules causes :• leur imprudence d'avoir si mal pourvu aux'moyens nécci^ires, et leur malice il'avoir porté si avant une entieprise de-t^üÿ-conanpience à la réputation desarmes du roi , au repos de la pff^^nce et .à l'honueur particulier de tant de gens de bien qui s’étaient si^énéieiiscmcnt résolus d’y mettre ta vie , pour la voir honteusement faillir à la veille de l’exécution, faute rie quatre cent cinquante quintaux de biscuit.

Et si l'on veut ajouter à ceci quelques exempleseparticuliers de la Itonne conduite de M. de Bordeaux, après avoir rcgairdé les belles choses que l'armée navale a faites sous sa direction, au grand regret et contre les sciilimcnis des plus braves et expérimentés capitaines , et la passion rie M. le comte d'Harcourt à l'occuper digilaneut , il ne faut pas voir de quelle sorte ledit sieur de Bordeaux expliqua les intentioQtfdn roi pour le regard du fort de Mourgues et comme^f'ersl gouverné avec M. de Savoie et le sieur maixpiis de Bagnasco , tint sur ce sujet que sur celui ries vaisseaux flamamis que son altesse avait nolisés pour la voiture du sel qui lui fait besoin pour ses États, lesquels ledit sieur de Bordeaux arrêta contre le droit des gens , et sans les voidoir jamais relicher, bien qu'il s'y fût engagé de paroles, ensuite des instances que son altesse lui en envoya faii-e jusqu'à Villefranche par ledit sieur de Saint-Thomas, l'un de ses secrétaires , ait lieu de pratiquer toutes sortes de moyens et de déférence pour se rendre favorable une personne de cette condition, dont les assiatabces étaient si nécessaires aux desseins du roi , que même il n’avait pas en la justice de son côtéj puisque rien d’importatit Oc l’obligeait d’en user autrement.

Reste, tant pour la confirmation et pour l'épiloguede cette pièce que pour connaître lebon jugemellb) la prudence et la sincérité de M. de foiideaux , à considérer dètix cKoaet : la première , l’émotion arrivée cMa» Marseille par son injustice pour suivre ses animosités, ayant fait licencier l’escadré dé Provence C parce que M. de Nantei l’avait fait

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