A N. LF COMTE D'UARCOCET , GÉNÉRAL UE L’ ARMÉE NAVALE
.Mon.sfigneur ,
J’ai reçu, il y a cinq jours, l'honneur de la vôtre du 7, qui m'a soulage de l’auxiclô et relevé de l’incertitude des bruits divers que mon ignorance de ce qui s'était passé en Provence et de l'état de voti-e armée avait autorisées; maisje suis marri qu’ils ne se soient trouvés trop téritables des désunions, des excès et des désordres ensuivis, dont le ■service et réputation du roi et de scs armes souH'rent beaucoup, qui ilevaient servir de frein à la passion des animosités particulières, et en ariêter le cours pendant la nécessité d’exécuter promptement l’cntrepri.se des des , puis<|ue de propos délibéré , et au préjudice des autres , ipie le temps fera toujours connaître avoir été plus nécessaires, on s’j était attaché. J’ai plaint, après le dommage qu’en reçoit l’État, l’atteinte qu’en a reçue votre générosité, après n’avoir pu, selon son désir, s’employer aux autres exécutions que l’importance àf MBver les États de M. le duc de Parme vous avait persiuidées, pour .Je seul objet de l'clle des des , à laquelle la sui'prise, au retour de tout autie dessein , facilitait la réussite, qui en toute façon n’étaient de cette nécessité ni de I ette conséquence. Et votre déférence et concours de tous vos désirs à pouvoir produire quelque, elTet pour faciliter cette entieprise, a paru par votre modération d'attendre que vous en ayez pei-du tout-ùfait l’espoir par le malheur d’autrui , à faire rceonuaitre la part que vous pienirz au juste ressentiment de ce cpii s’est passé, par de désir d’en rechercher de la satisfaction à votre courage, puisque le serv ice du roi n’en pouvait recevoir. Il est à craindre, monseigneur, que si l’aigreur epri eu reste dans les espnts de tous ne s’adoucit, l’on ne puisse concourir avec une égale affection au dessein de. faire réussir plus utilement cet appareil, dont l’inutilité n’a rien rabattu de ce rp’il en coûte au roi cl à ses provinces, et que nos ennemis ne s’en prévalent; ce qui me fait prc|>dre la hardiesse («ous l'espoir qu'elle ne vous scia pas désagréable) de dire qu’il est de toute nécessité d’étoulTer fous les ressentiments particuliers, ou en dilférer les ressentiments, en sorte
LETTRE DE M. DE SABRAN. — .lANV. If.37. 257
que le service du roi puisse i'irc fait et sa imputation garantie par le dëlivremcnt de M. le duc de Parme , et que les fautes passifs , les manquements de suhsistauce des vaisseaux et des galères ( dont toutefois il s’en est consommé sans ellet assez depuis six mois pour en employer un bon en exécution), servent au moins poiu' n’en souffrir plus la dépense inutilement et réunir les coeurs et les forces pour de meilleurs effets; que vous devez cependant vous consoler et satisfaire en ce <pte la vérité et la voix pulrliquc vous exemptent de tout le blâme qui en peut revenir sur autrui, et qu'il a été à propos qu’un tiers parmi l’excès; qui se trouve grand, soit trouvé de votre rpralité et générosité. J’ai reçu des lettres de M. le duc de Parme du 13. Je le vois si peu ému, quoique si menacé et si pressé, qu’il semble que la seule confiance au secours qu’il attend le rassure.
A M. L'ARCIIEVÊQCF. DF. BORDEAUX.
MovsiF.ua,
11 y a un mois que je ne suis point honoré de vos lettres et plus aussi ; mais, pourvu que les miennes soient arrivées à vous en .sflreté, il me suffit, et je vous supplie, quand vous m’écrirez, me marquer celles que vous aurez reçues, pour me sortir de peine. Je vous ai écrit quatre fois ce mois-ci. Depuis ce lieutenant déguisé «pii a porté mes dernières letti'es, le sieur de Santa-Cecilia a pa.ssé ici de la part de son altesse de Paime, avant-hier, dé;iéclié à M. le comte Scotti ; mais il ne me vit point, et je crois «pie à celte heui-e j'ai penlii mon crédit en promettant le secours. M. Srmtti m’écrit sur ce «pie Sabrnn lui avait mandé des difficultés que le retardement avait pr«xliiilcs de la saison et des ennemis, «pi’il semble «pie Sabraii veuille encore profiter du délai, «pie M. «le Parme n’en ]icut plus souffrir aucun, «jn'il sait qu’il y a dans Plaisance et Parme du blé à suffisance pour ceux «jui y sont et pour le secours, et sait où en avoir encore ailleurs. Sabi an lui maiule que ce qu’il a écrit pour une puissante diversion et pour soutenir I. 33
■m UVRE/U. — CHAP. III.
IV-spéiiiiioe -de ce que l'on -fourrait ju(>er impoMibte.^ celte heure, comme (iabraii n’a aucim a«ia du duc de Panne il y a {dus d'nii mois, que c'est à lui à taire valoir ceux qu'il a et pounuiTre l'eirel <le secours -Mtluii la iiéccsiité du duc île Parme et les moyens qu'il doit savoir mieux i{ue nui autre de le porter et le ;faire subsister, y ayant bien de l'apparence <pie de la façon que ceux d'Espagne pressent ce qui reste de l'Etat de Panne , il ne puisse se donner loisir d'attemlre une autre saison. Kivalta a étr^ prise avec beaucoup moins de ràistance qu’ou ne croyait, et les 174 Français qui ctaienl dedans u'out pu obtenir d'étre conduits dans Plaisam«, qu'ils menacent de presser fort; et s'ils ont pris certaine Ile auprès des monliiis, je crois bien, que la nécessité de farine y serait bie'fitût; mais j'estime diOicile qu'ils puissent miner ces moulins sans s'exposer à la coiilevrine du château sous la pnitectioii duquel sont lesdits moulins; si bien que comme ledit Scotti doit être mieux informé, c’est à lui à se faire entendre. Sabrait lui (ait considérer que s’il n’y va avec le secours de la cavalerie, il sera maltraité dans la plaine; mais il est vrai que toutes incommotlités seront toujours plus grandes par le délai , cl je crois que M. de Parme n’attend tpie l’heure d’être secouru pour sc résoudre et renvoyer la nécessité de son accommodement s«f l'impiiissance ou faute de le vou'oir secourir, étant hors Je toute croyance «pie (piand M. de Parme aurait le désir de temporiser pour alteudre le temps d’une diversion , l'hiipatienoc et aversion de ceux de Plaisance est trop grande ; et n'est pas croyable que Plaisance et Parme, depuis le temps qu’elles toulfrent , puissent demeurer sans nécessité ni encore cinq ou MX mois : ce que ledit Scotti doit le mieux savoir.
la» galères de Naples et Sicile se sont arrêtées quelques jours ici pour avoir le vent lâvorablc , sanK lequel leur cfaiouruie ne les peut porter en leurs secours ordimprea. Le duc de Ferrandiiu avec dix galères d'Espagne nssesr. misérables est à Savoue et Vsy , et l’on tient assuré que ne pouvant aller en F.spaguc <|u|avec peine , il réduit les chiounnes de douze galèoei de Duria à six renforcées , pour l'y accompagner ; et les desseins sont si secrets que l'on n’en peut l ieu, pénétrer , maisenliii ils lie se iTOuveroiil en cette mer aucun appui. puissant de long-temps..
E>ÿ?IZT.'lM V (n
LETTRE DE M. DE SABRA.N. — JANVIER 1637. i.'VO
Le fiU du comte d'Ognate , ambasiadeur d'Espagne vers l’empereui' , est ici depuis dix jours, et dit qu'il attend l'élection du roi des Romains pour la porter en Espagne; mais si le duc de Saxe a l'appelé, comme l'on dit, ses députés, je doute que son s^our ici ou sou voyage sera lon|;.
Don Francesco de MeJos n’est pas encore parti pour aller à Cologne : à Naples, on ne parle point d’armement.
Il y a long-temps cpie je ne me trouve point honoré de vos commandements, la dernière ayant été du 24 du mois passé; ce que je dis afin que vous voyiez si quelque lettre ne se sérail pas égarée. Je vous coïitinue à souhaiter celle nouvelle année prospèi-e, et à moi l’honneur de vos bonnes grâces comme étant sans réserve.
Votre Irùs-hiiinhle et obéiasant serviteur ,
SvBRAV.
L'oil dit ici , monsieur, force nouvelles dilférenlesde notre amirâet de ses desseins, que les galères et tartanes s'en sont allées .à Toulon et partie des vaisseaux ;'on a voulu aussi que vous , l'Honneur et M. le maléchal fussiez allés à la cour. A tous bruits je u’ai su que répondre , faute d’avis. On v ient de dire que quatorze de vos galères étaient en Arassi. ’
Al. le duc de Savoie donne le premier avis des bruits répaiidns sur raccomniodcment conventionnel de M. le duc de Panne avec l'E-spagnc.
LETTRE DU DUC DE SAVOIE
* M. t’ARr.HBVÉQl'E DE BORDEAUX, TOUCHANT 1,E DUC DE PAH.HE.
Du Turiu» lo 93 |iinvt«r tti iT.
Monsieur l'archevêque de Bordeaux, vous ne me pouviez pas donner une meilleure nouvelle que de m’avertir des .soins que vous prenez pour l’embaïquement du seooiu's qu'on doit envoyer à Parme. Ix! temps est si cher en l’exécution de cette cnli'eprise, qu'on peut dii-e que le tout
(It'pend de la diligence qu’on y apportera. On a publié i<Ji quelques nouvelles fpie M. le duc de Parme avait convenu avec les Eispagnols, que n’étant secouru dans un terme préfix qu’il s’accommoderait avec eu*. J’espère que l’on pressera si fort une action de telle importance que celle de l’cmltarquement, que l’on ne laissera pas réduire ce prince en une telle nécessité, qui serait si désavantageuse à la réputation des armées de sa majesté. Je me promets donc par vos premières lettres d’apprendre quelque bonne nouvelle sur ce sujet , et cependant je me dirai , Monsieur l’archevêque de Bordeaux ,
Votre très-affectioiiué à vous servir ,