V. Ahédék
I.a lettre .suivante du roi est relative à riiivernage de la flotte tant en levant qu’eu ponant.
•V Kl. L’VttClIEV'ÊgUE DE SOSDE.U'X.
D« iMint-G«rnijin>«ti-Lajr<, cc tSpnvirr 1837.
Moiisicui' rai'chevé(|ue de Bordeaux , voulant vous faire savoir de lumne heure mes intentions toucliant mon armée navale, je vous fais cette lettre pour vous dire comme j'ai résolu de laisser pendant cet hiver dans mes ports et mers de Provence une partie des vaisseaux de madile armée et à faire repasser l’autre, sous votre conduite, dans les mers de ponant, pour les {aire radouber suivant le rôle ci-joint, aui|iael TOUS aurez à vous conformer et à mener avec vous les vaisseaux que j'ai destinés pour «s mers de deçà , aussitiH que vous aurez mis à terre le secours de troupes que j’envoie à mon cousin le duc de Parme, lequel je veux être fait auparavant qu’aucun des vaisseaux de mon aimée se sépare. Et m'assurant que vous satisferez à ce qui est eu cela de ma volonté , je ne vous ferai cette lettre plus longue que pour prier Dieu cpi’il TOUS ait,
Monsimr l’archevêque , en sa sainte garde ,
LDITS.
Su BLET.
Des difllcultés rëellesou simulées, mais toujours renaissantes, retardèrent enœre l'envoi du secours de Panne. Le roi , désespe'rant de voir raccomplissement de cette mesure si politique et si urgente, écrivit et fit écrire par M. de Noyers les lettres suivantes à M. de Bordeaux.
LETTRE DE M. DE NOYERS
A H. l’archevêque DE BORDEAUX.
Monsieur ,
D« Rttcl, 1« 17 janricr
Il y a tant de donneurs d’avis dans les provinces que cela nous met en une extrême peine. Voilà que tout présentement l'on mande qu'il en ira du secours de Parme comme de l’entreprise des îles ; que l’on dit que tout est prêt, et que quand ce vient à l’exécution il ne se trouve rien; que vous demandez paiement de la poudre, plomb et mèche que vous donnez aux soldats, et que comme avant l'arrivée du sieur de Fi-éraicourt il ii’y avait point de fonds , c’était le moyen d’échouer l’affaire; que vous voulez que l’on donne le fonds des montres du régiment de Vitry, la Tour et Vaillac , et que comme on leur a donné espérance de cela, qu’ils disent hautement qu’ils ne partiront point que cela ne soit ; que c'est encore cabrer de Vitry et empêcher que ni les uns ni les autres ne marchent. R y a été remédié par les ordres que porte ledit sieur de Frémiconrt, et à quantité d’autres inconvénients que l’on cote par les avis de delà , auxquels nous ne donnons pas plus de croyance que de raison ; mais comme le secours de Parme presse extraordinairement , le roi , pour ne rien omettre de ce qui y peut aider, envoie encore M. de Baume, avec ordre d’en solliciter l'exécution sans relâche. Je m'assure que comme il est très-brave homme, vous serez bien aise de le revoir et de lui donner moyen de s’acquitter licureusement de sa commission, comme je vous en prie, et de me croire.
Monsieur, etc.
De Noyers.
LETTRE DU ROI A N. l'archf.v£qi;e de bordeaux.
De P«rU, le 90 janvier i63”.
.VIom. rarclievt'que de Bordeaux , ne voyant pas que le secours de mon cousin le duc de Parme s'avance autant qu’il importe et que je le df^sire , je renvoie le sieur de Baume en Provence pour en presser incessamment l’exécution , et faire cesser tontes les longueurs et toutes les difficultés qui s’y pourraient rencontrer ; sur quoi , comme sur tout ce qu’il vous dira de ma part, même pour les choses qui vous touchent , et particulièrement sur ce tpii concerne votre accommodement avec mon cousin le maréchal de Vitry, je veux que vous lui donniez tout entière créance ; et comme il a une particulière intelligente en tout ce qui peut contribuer au succès du dessein dudit. secom-s, mon intention est que vous fassiez cas de ses avis , et le considérerez en tout ce qui s’offrira par-delà comme une personne en qui j’ai toute confiance. En me remettant sur lui de ce que je pourrais vous écrire, je prie Dieu vous avoir, mons. l’archevêque de Bordeaux , en sa sainte et digne garde.
LOUIS
SuBLET.
dépêches suivantes de M. de Sabrau à MM. de Bouthillier, le comte d'Harcourt et de Bordeaux, sont relatives aux affaires d'Italie, et principalement de l'État tie Parme, que le.s troupes espagnoles pressaient vivement, ce qui faisait craindre que le duc de Parme ne pût différer plus long-temps son accommodement avec l'Espagne.
EXTRAIT D L ISE LETTRE DE M. DE SABRAN
A N. m BOUTHILUEIt.
Du iB janTtcr 16)7.
J .ii rcru enfin, par les lettres de MM. le comte d’Harcourt et de Rurdeaiix, l’avis des ordres «pie vous me maiKicz aussi pour le secours de M. le «lue de Parme ; mais je vois toujours par leurs letli-es et celles de M. le maréchal de A’itry, qu’il y a de la crainte que ce dessein u’<*vaiioui.vse, comme «■elui des Iles, ou, pour le moins, que le nerf de guerre <pii y est il«»tin)‘ ne s’aU’ailiIisse [wr les iK'ccssiU^s «ptepeul produire le rrtaivli’menl. M. le duc «le CrcVjuy me mande «pic les «leux cents chevaux qui SC doivent rcndi'C aux quati-e cents de M. le duc de Rohan iloivcnt être à pri^'iil en Provence, ce qui pourra faciliter ce p.isvige, |K>iir lc«pirl le di'djaripicracnl sera inalaisi^, et auquel néanmoins l’on ne li'ouvcra point d’obstacles «le la pirt de celle iv'publiquc, ipii n’en sera avertie qu'en le prenant j etrpendant , pour détourner l’opiniun (pi'un i‘n a parle bruit des nouveaux préparatifs de l’armée navale, je |)crsuadc à ceux «jui en rerherchént la cause «|ue Tattaepte lies Iles ou «le Monaco en est le sujet. Pendant la retraite des galères ennemies, le «lue de Ferrandina ne se pouvant en^ouÿêr * avec ses galères pour Baroclone, a été contraint de retourner en Vay. Tout «-ela n'empêchera pis que l’exécution dudit secouni ne soit aussi pénible «jue glorieuse ; mais il y aurait plus de blâme de ne la tenter pas «pe de l’exposer à tout péril, en une nécessité de sixxvndcr la constance «le «* prini?e des elfels de ce «pi’on lui a pi-omis, «pic tonte l’Italie considère.
L'ne lettre m’a etc montrée en confiance, qu’un secrétaire d’état de Florence a écrite ici à celui «|ui tient avec lui correspondance, par laqucllc il lui mamie (jue ledit sieur duc de Parme n’est point enœre accommodé, et «ju’il serait fort nécessaire pour le bleu de l'Italie «jiie ledit «lue et «juclques autres princes s’accommodassent avec l'Espagne. De là vous connaissez, monsieur, la vérité de ce que je vous ai écrit par ma précédente, «juc le giand-«luc se rend le plus grantl solliciteur
Knlrtr (Uni le golfe.
LETTRE DE M. DE SABRAN. — JAiSVIER 1637. ‘2.55
•le toii-s, pour rcmii'C avantageuse la rfpulalion et les aliaircs d'Esjiagne en Italie, pour y assurer les siennes, ce (jue peut-ütre sous ne jiigertas pas mal à propos de faire eounaitreà son lésident; car je sais d'ailleurs ijue c’est avec crainte de rendre la France trop oll'ensër par des pratiques si «lloign^s de l'a|)pareiKe, qu’il feint iii‘anmoin.s (|uelfpie neutralité, l'Espagnol se servant de tout ce qu’il a, et de ses soldats, non seulement en ce qui toiiclie le Milanais, niais en .Sicile, Sardaigne et Naples, et par tout où il en jieut avoir besoin.
Pandollini, pour la cpiatre ou cincpiif-me fois, est revenn à Milan et retourné à Plaisance, sans que le comte de Carpegno, non plus que nul autre (à ce que m’écrit le résident de Venise), ait pu rien pénétrer de ses négociations,, ni de lui, ni des ministres d'Elspagne qui servent par-ileçà le roi avec union, secret et réussite. Ledit comte, dégoûté de cette défiance des deux parta, s’est inopinément licencié du maïquis de Leganes et de don Francisco de Melos et relire à Bologne , après avoir été sollicité par les Espagnols de faire quelque proposition, et qu’elit’ serait bien reçue, et répondu qu’il ne pouvait traiter sans savoir en quel étal étaient les clioses et sans iwuvel ordre de sa sainteté.
Monsieur l’archevêque de Bordeaux me manda qu’il m’enverrait l'abolition imprimée en faveur des pilotes, patrons et capitaines qui sont au service étranger î je rallends, monsieur, de vous ou de lui, pour incontinent envoyer cpiclqu’un exprès à Livourne , Porto-Longone et Naples, tpi sans éclat en fasse voir le contenu aux intéressés, afin que (tendant que les vaisseaux ne sont point préparés , ni les galères , on les puisse soustraire de l’ennemi, qui en a un extrême besoin; vous assurant que presque tous les chefs dm galères dis grtmd-itlttc, qui s’étaient sauvés des débris, sont morts après leur retteite. Si chacun travaille mieux par-deçà , avec plus de coeur et de sincérité que l’on h’a fait l’année passée, le service du roi y est encore pour rèussir fort bien, et si le duc de Parme est secouru (auquel je donne avis par duplicata de l'état présent de son secours). Je n’oublierai rien de ce qui peut être espéré par tous de mes soins , afTectmii et fidélité ; sur quoi je finis avec l'espoir de sentir bientôt l’ellèt de votre protection et moyens de subsister ici , et demeure éternellement , etc.