‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 110 sur 160 · TRÊVE. — MAI · texte numérisé non relu

TRÊVE. — MAI

Il sera permis aux assiégés ai envoyer deux hommes où ils Voudront , et pour cet effet leur sera donné une felouque , sans que la reddition puisse être retardée par leur retour ou par les nouvelles qu'ils apporteront.

Pendant qu'il y aura de l'eau dans la place , il ne sera pas permis aux assiégés d'en prendre plus d'un bocal de celle du puits pour les ma* lades et blessés , et lorsque celle de la place manquera, les assiégés en pourront venir boire à la fontaine qui est sous leurs retranchements, sans qu'ils en puissent emporter; et pour cet effet les assiégeants tiendront un corps-de-garde a ladite fontaine avec un capitaine pour empêcher qu'il ne s'y fasse de désordre, et que l'on en abuse au préjudice du présent traité.

Pour sûreté de l'exécution des précédents articles, il sera donné deux otages de la part des assiégés; savoir, deux capitaines, l'un espagnol, l'autre italien, lesquels demeureront en l'armée.

Si pendant la trêve il arrive quelque secours pour les assiégés , ils ne pourront le favoriser en quelque façon que ce soit, ni tirer sur les vaisseaux, galères, barques ou felouques, encore qu'elles soient proches du fort, ni moins sur les soldats de l'armée de terre , si ce n'est en cas qu'ils vo,ulussent aller dans leurs contrescarpes ou que ceux de la mer voulussent descendre à terre.

La place ne pourra être tenue pour secourue s'il n'y entre mille hommes avec leurs vivres et munitions de guerre pour un mois.

Si le secours n'est arrivé dedans la place dans le 1 2 de ce mois , à cinq heures après midi , les assiégés seront obligés d'en sortir et de la remettre entre les mains du roi , encore que le secours fût en présence , conformément à la capitulation faite cejourd'hui.

Arrêté au camp devant le fort Sainte-Mai^erite , le 6 mai 1637.

M. de Noyec» donne les instructions de M. le cardinal de Richelieu à M. de Bordeaux, au sujet de la garnison des. îles.

Monsieur,

^ous différions de jour à autre le renvoi de ce courrier dans Fattente du succès de l'attaque du fort de Sainte-Marguerite ; mais comme il est fâcheux à des personnes attachées à une entreprise de si haute importance, périlleuse et difficile comme celle-là, de rester si longtemps sans avoir des nouvelles de la cour , son éminence le vous renvoie pour vous assurer de la haute estime en laquelle cette action met tous ceux qui en ont la conduite et qui en |»*essent Teacécution. 11 vous sera d'autant pluâ aisé de le croire que; vous en voyez la cause, et le mérite de bien prier. Dieu, par sa bonté , mettra a chef les travaux et donnera à vos soins le résultat que toute la France en espère; après quoi son éminence a fait trouver bon au roi ce qui a été proposé au sujet du chevalier de Guitaud, dont je donne avis à M. de Vitry et à MM. de Gourcelles et de Ghampigny, par les lettres y jointes,, que vous ne leur rendrez qu'après que l'action sera iaite. J'ai toujours oublié à vous remercier de l'avis qu'il vous a plu me donner de ce que mandait par-delà le secrétaire de M. le maréchal de Vitry, vous assurant, monsieur , que le jour précédent votre avis , un de mes commis l'avait querellé pour ne vouloir sortir du bureau où mes gens travaillaient, sur quelque pareil soupçon,^ et depuis je vous assure qu'il ne regarde ma porte que pour me donner mes dépêches.

Je n'ai pas omis de remercier de la part du roi M. le duc d'Haluin des assistances qu'il donne à l'armée navale, et l'ai convié par les plus pressants motifs^ qui touchent les gens de cœm' à les continuer. Son éminence l'a fait puissamment, et en mon particulier je lui ai dit tout ce qui se pouvait sur ce sujet. J'ai redoublé les ordres à MM. de Sault

LETTRE DE M. DE NOYERS. —MAI 1637. 371

et de Vitry de vous envoyer des homines et du secours ; ce qu'il nous ont promis de faire de toute leur puissance.

Ainsi il ne Me reste qu'à prier Dieu pour votre heureux succès, et qu'il vous plaira me croire ,

Votre très-'humble et très-affectionné serviteur ,

De Noyers.

De Charome, en g mai 1637.

Maigre la trêve qu'on leur avait accordée, les îlês^, obligées de se rendre , capitulèrent. Les pièces suivantes donnent tous les détails de ce fait important , et de son exécution immédiate.

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