Calix {Cadix
Les Français ont assez de connaissance de Calix comme étant le rendez-vous général des armées d'Espagne par-delà le cap Saint- Vincent; tout ce que l'on peut dire à cette place , c'est que l'on la tient la plus importante de tout Tétat d'Espagne, tant pour la navigation que pour la diversion du côté de terre , et bon pays , où Ton peut trouver à subsister. La cavalerie pouvant faire effet pour l'attaquer, il faudrait une grande et puissante armée. La baie est très grande et bonne, qui peut donner moyen à l'armée de terre d'être secourue à toute heure et de toute nécessité , ce qui ne se rencontre pas aux autres lieux.
13 et 14. Gibraltar.
C'est une des plus belles baies qu'il y ait en la cote ; il y a dans la ville deux môles : un à tenir douze ou quinze navires des plus grands à flot, et Tautre une vingtaine de moyens; le lieu est assez connu d'un chacun pour être le passage de la Méditen^née. Pour la fortification , on ne la trouve pas tant bonne , et toute la difficulté serait si on la pourrait garder; car en cas que cela se pût,* ce serait une entreprise et un lieu de la plus grande réputation de l'Europe à cause des raisons ci-dessus.
Dans le Détroit.
Nous ne dirons rien des petites villes et bourgades qui sont à l'entrée du détroit, mais nous parlerons quatre mots de la ville de Malgues.
Malgues. *
C'est une des quatre grandes villes d^spagne, assez renommée dans
' MoZaga, sar la cote d^E8pagDe,aaN.-£. qui rompt la lame, mais il est peu sûr. de Gibraltar. Le port est derrière un môle Le vieux Malaga est à TE. de ce dernier.
le nord pour se$ bons vins ; elle n'a fortification qui Taille , la rade n'en vaut rien; il y a même un petit môle qui n'est guère meilleur. Tout ce qu'on pourrait faire à cette ville-là , c'est qu'étant dans le pays ayec une très puissante armée de mer et de terre on là pourrait faire composer à un million d'or, et rendre l'usure du yin qu'ils nous Tendent tous les jours.
Si on demeure d'accord de quelque entreprise^ les amiraux tant de France que de Hollande n'en seront avertis que par un paquet qui leur sera donné pour être ouTert quand ils seront cinquante lieues au large , bien entendu que chacun mettra dans son Taissean six ou huit mois de TictuaiUesy selon quMl sera résolu pour être employé à l'exécution des desseins qui leur seront prescrits.
Plus aTant dans le détroit, il y a une petite Tille nommée €artagène % connue à un chacun pour la quantité de laine qui s'y charge tous^les ans pom* Venise et ailleurs; elle n'est point par trop fortifiée, et se pourrait emporter par .un siège, à cause que le port est excellent et que l'armée naTale y peut demeurer en sûreté , et à toutes heures secourir et aider celle de terre ; mais comme ce lieu-là n'est pas grand passage comme Gibraltar, Calix , Rayonna , la Corogne et autres lieux , le lieu n'est pas de grande importance- Plus aTant est encore la Tille d' Alicant *, sans fortification , sinon du canon pour défendre les naTires , qui n'est pas moins connue à tout le monde que celle de Cartagène , à cause des mêmes marchandises qui s'y chargent tous les jours. Il y a une belle rade , comme aussi un petit château, si élcTé qu'il ne peut endommager quoi que ce soit; mais le passage n'y étant pas comme aux lieux ci-dcTant nommés , cela fait qu'elle n'est pas aussi de grande considération.
Tout auprès il y a la rade de la Mathe , où il y a un port où l'on charge le meilleur sel qui Tienne au nord.
' CarthagènCi sur la côte S.-E. de l'Es* * AlicanU, sur la côte S.-E. d'Espagne ;
pagne près du cap de Pak>6 qai lai reste son port est maintenant bien défendu par
à l'O. Elle domine une superbe baie qui de forts bastions, forme un des meilleurs ports de l'Europe.
Par-delà il y a un port nommé les OSâces, lequel étant désert personne n'y va.
Plus avant est la baie de Roses', qui est fort bonne, où est le rendezvous général des vaisseaux et galères des Espagnoles, à cause de la
Auquel cas le roi n'a pas besoin d'autres aides que de ses propres forces y puisque depuis qu'il s'est résolu de mettre des armées à la mer, il a toi^ours été le maître , soit dans l'Ooéan , soit dans la Méditerranée , afant obligé ses ennemis de se cacher dans leurs ports , où j n'étant pas méiae en sûreté , on est allé les prendre , brftler, ravager et piller.
Maïs si on a dessein d'entreprendre quelque chose tout k bon y il fentque ce soit sur l'une des quatre grandes places ; et pour cet effet , si messieurs des États venlent donner quatre mille hommes comme le roi en donnera huit, lesquels ils puissent rafraîchir de deux mille hommes deux mois après, on offre d'assiéger une desdites quatre gi^andes places et de l'emporter} laquelle étant prise, allume la guerre dans tout le pays ennemi , diyertit toutes les forces qu'on envoie en Flandre , ruine tonte leur navigation des Indes , et sert de retraite à tous les vaisseaux de l'une et Tautre nation qui vou(h*ont aller dans le Détroit, et donnent grande commodité à nos vaisseaux qui veulent faire la guerre aux leurs qui vont à l'une et l'autre Inde , faisant en Espagne ee que Dunkerque fait en Hollande à la Manche.^
Que si Ton ne veut point ces grands desseins , on peut changer la navigation pour aller attendre leur flotte au retour, ce qui est bien casuel , ou bien l'aller chercher même dans les Indes.
Le âo avril de la mên^ annéç, larchevêque de Bordeaux reçut rîMtructiQU wiv^nta.