‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 131 sur 160 · LETTRE DE M. D'HALUIN. — JUILLET · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. D'HALUIN. — JUILLET

servir à la tête de Tinfanterie, à la mode des Suédois: j'accepte avec honneur très-particulier cette grâce, et par le retour de celui qu'il vous plaira m' envoyer ^ il vous plaira me faire savoir si leui* attirail de cordage y est aussi, afin que j'y pourvoie. J'ai donné des quartiers pour la tour, et quoique j'eusse prétexté de n'en plus donner, vu qu'il s'est levé cinquante et un mille hommes de pied en cette province, néanmoins, votre commandement me résoudra à surmonter ce que j'avais déterminé là-dessus, et je prétends me servir d'eux bien utilement si l'ennemi vient.

Je vois , monsieur, par votre seconde lettre , que vous avez eu des ordres pour de grands apprêts d'artillerie ; je vous envoie le mémoire que j'ai fait en réponse du vôtre sur ce sujet, et vous supplie trèshumblement de m'éclaircir un peu davantage , s'il se peut, ces mots d'attaquer ou défendre j car je vous avoue qu'ils m'ont mis dans une inquiétude bien pleine de curiosité , protestant néanmoins que je ne vous fais cette supplication qu'en tant que vous pourrez vous en expliquer davantage sans passer les bornes qu'on vous a prescrites et sans violer le secret que sa ^majesté et son éminence vous ont confié ; et je ne voudrais pas que vous eussiez si mauvaise opinion de moi que de vous persuader que mon désir sur ce sujet me fît sortir de mon devoir. Si l'escadron de Borsac nous était destiné, je serais ravi , et je ne doute pas qu'avec cela nous ne fussions bien glorieux , puisque c'est, à mon gré, un des meilleurs corps de cavalerie qui soit en France, et des mieux commandés.

Il ne me reste plus maintenant, après avoir répondu et satisfait à tout ce qu'il vous a plu m'ordonner, que vous rendre les très-humbles grâces que je dois à tant de témoignages de bonne volonté qu'il vous plaît me départir en toutes occasions; mais cela est bien plus malaisé à faire que tout le reste, et comme il faut malgré moi que je demeure de ce côté-là dans une ingratitude forcée, je vous supplie très-humblement de croire , monsieur, que je ne manque pas de ressentiment , et que, ne méritant pas tant de faveurs par moi-même , je les réfère à raflTection que vous avez au service du roi et de son éminence, desquels vous savez que j'ai particulièrement l'honneur

d'être la créature. Je ferai toujours gloire extrême de joindre à cette qualité celle,

Monsieur ,

De votre très-humble et très-affectionné serviteur ,

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