D'ESPAGNE
De Chantilly, 17 avril i636.
Mon cousin, un chacun sait assez les justes sujets que j'ai eus de déclarer la guerre contre le roi d'Espagne , plutôt pour l'intérêt de mes amis et alliés que pour les miens propres. Les forces qu'il a en mer m'ont obligé à y mettre aussi ime armée navale composée de bon
virer le navire et aller autant de l'autre , quelque endroit on parage. ( Fouimieii , afin de ne pas s'éloigner beaucoup de Ëydrographie.)
nombre de navires et de galères sous la conduite de mon cousin le comte
d'Harcourt^ que j'ai fait mon lieutenant-géiiéral en icelle. Et d'autant
qu'elle pourra toucher vos ports , je tous écris cette lettre pour vous
prier qu'elle y soit reçue favorablement et assistée de rafraîchissements
et de toutes autres choses dont elle aura besoin^ selon que mondit
cousin ou le siem^ archevêque de Bordeaux , chef du conseil que j'ai
établi eh ladite armée, vous en requerront , et en satisfaisant à tout ce
qui sei*a fourni. Je me promets que vous donnerez bien volontiers sur
ce sujet l'ordre nécessaire , selon l'afTection que vous avez toujours
témoignée vers cette couronne ; vous pourrez aussi vous assurer de la
continuation de la mienne en votre endroit, priant, sur ce, Dieu qu'il
vous ait, mon cousin, en sa sainte garde.
LOUIS
BOUTHILLIBR.
Pareille lettre a été écrite â mon cousin le grand-doc de Toscane.
POim LE PRaR DE FAVORISER SON ARMÉE NAVALE, ET DE FAIRE RECEVOIR ' DANS SES PORTS QUELQUES UNS DE SES VAISSEAUX^ S'ILS EN ONT BESOIN, MÊME DE LEUR FAIRE FOUBN» DES VICTUAILLES , EN PAYANT.
De Chanlilljr, 17 ayril i636.
Très-saint Père, votre sainteté a été ci-devant informée des justes sujets que nous avons eus de déclarer la guerre contre le roi d'Espagne, plutôt pour l'intérêt de nos amis et alliés que pour les nôtres propres. Les forces qu'il a en mer nous ont obligé à y mettre aussi une socmét navale composée de bon nombre de navires et de galères, sous la con- . duite de notre très cher cousin le comte d'Harcourt^ i]iotre lieutenantgénéral en icelle; et d'autant qu'elle pourra être portée, pour la commodité ou par la nécessité des divers temps de la mçr, à toucli^^ les ports de l'état ecclésiastique, nous écrivons la présente à votre sainteté, pour la supplier qu'elle soit reçue dans lesdits ports, et que tous rafiraichissements lui soient administrés, en satisfaisant ceux qui les fourniront. Nous nous assurons que votre sainteté aura agréable
Tinstance que nos ambassadeurs lui feront^ à ce qu'il lui plaise donner les ordres nécessaires sur ce sujet; elle peut croire certainemeiït que nous voudrions être assez heureux pour rencontrer les occasions de lui témoigner^ par des preuves signalées , le respect et la révérence que nous lui portons ; et que notre affection vers elle et les siens ne peut être égalée par celle de qui que ce soit. Priant^ sur ce^ Dieu^ très^«aint Père, vouloir conserver votre sainteté longues années pour le bien et utilité de son Église.
Votre dévot fils le roi de France et de Navarre.
LOUIS
BOUTH ILLIER.
Les états suivants donnent le détail de la flotte française, composée des escadres de Bretagne, de Guyenne et de Normandie; elles étaient fortes de trente-neuf vaisseaux , six brûlots et douze flûtes. Huit vaisseaux restaient seulement dans les ports de l'Océan.