LETTRE DE M- GUÉRAPIN. — SEPT
tinë^ ce qui consommerait une grande partie du mois d'octobre. Que TOUS m'aviez proposé l'impossibilité de leurs vaisseaux et galères à la plage de Final , et le dessein de les partager en Vaye et l'île d'Alfrègue pour être au-dessus et au-dessous du vent sur les passages du levant et du ponant y même de descendre à terre avec mille hommes- et vous fortifier sur les deux pointes. Toutes ces difficultés considérées , particulièrement celle de I3 saison trop avancée pour les sièges , des nouvelles fortifications de la place faites par les einiemis et du renfort de la garnison jusques à deux mille hommes , sur les avis qu'ils eurent, il y a un mois , que l'armée navale avait ordre d'aller exécuter un dessein en la côte d'Italie projeté par M. de Savoie, lesquelles précautions ne laissent aucune espérance de succès en cette entreprise , qui devait réussir par la diligence, le secret et la surprise, son altesse a résolu de former d'autres desseins pour l'armée d'Italie et de vous donner avis de cette résolution , afin de ne plus consommer le temps qui reste inutilement, et que de votre part, monseigneur, vous employiez l'armée navale à ce que vous jugerez de plus important et utile pour la personne du roi ; ce qui est d'autant plus favorable à présent que les galères ennemies ont débarqué à Final toute leur solda tescpie , se sont retirées à Livourne aussi désarmées, que vos vaisseaux peuvent tenir la mer en cette saison, et que vous pourrez renfoi^cer vos équipages de six compagnies d'Uifé, qui sont à OliouUes , lesquelles M. le maréchal de Vitry a eu ordre de faire embarquer pour l'Italie, où l'on n'en a pas besoin à présent, à cause de la nouvelle défaite des ennemis, qui donne l'avantage au rai en ce pays-là : c'en sera toujours un trèsgrand , si vous me faites l'honneur de me croire autant que je le suis , Monsieur ,
Votre très-humble et très-affectionné serviteur,
GuÉRAPIN.
A Aix , le a5 leplembre i637.
Je VOUS ai cherché par toute la Provence et m'étais rendu en cette ville sur le bruit qui courait que vous y seriez aujourd'hui, mais M. Fourand m'a assuré du contraire, et je me suis servi de l'occasion I. 63
de son oourriery qui m'a donné à peine le loisir de tous écrire la présente et de TOUS euToyer les lettres de M. de SaToie, de M. d'Êmery^ de M. le comte d'Harcourt et les autres incluses.
Dans la lettre stÛTante à M. de Bordeaux, M. le chevalier de Guitaud, gouverneur des îles Sainte-Marguerite et Saint-Honorat, se plaint amèrement de ce que M. le maréchal de Vitry fait tout au monde ^ soit en refusant des vivres, soit en encourageant les séditions ou la désertion parmi les soldats qui gardent ces places , pour en affaiblir de telle sorte la garnison^ qu elle puisse retomber au pouvoir de TenneDod à sa première attaque.