A M. LE MARÉCHAL DE VITRY
De Ruel , ce x5 septembre 1637.
Monsieur , Il y a trop long-temps que les différends d'entre*Tous et M. de Bordeaux durent ; le roi et son éminence les veulent accommoder; et^ comme vous verrez par la dépêche du roi ci-jointe ,. sa majesté prend le temps auquel il y a moins à craindre en Provence pour vous donner le loisir de faire ici un voyage de quelques jours , et terminer ces malentendus, qui, sans doute, vous ôtent beaucoup de moyens de bien faire, et retardent en toute façon le service du roi. Je ne vous ferai donc celle-ci plus longue, puisque bientôt j'aurai moyen de vous assurer de bouche que je suis.
Monsieur, votre très-humble et très-aSectionné serviteur^
De Noyers.
Cet ordre du roi était joint à la lettre de M. de Noyers.
Mon cousin, voyant que les ennemis sont maintenant attachés en Languedoc , et que , par ce moyen , il n'y a plus d'apparence de rien craindre en Provence pour le reste de cette campagne , j'ai estimé à propos de prendre ce temps pour terminer les différends qui sont entre vous et le sieur archevêque de Bordeaux ; et pour cet effet je vous fais cette dépêche , afin qu'ensuite d'icelle vous vous rendiez au . plus tôt près de moi , où ledit sieur archevêque de Bordeaux se trouvera pareillement, aussitôt que l'on aura vu ce que son voyage en Languedoc pourra produire. Devant que de partir, donnez si bon ordre à la sûreté de toutes les places de la province qu'il n'en puisse arriver d'inconvénient pendant votre absence. Cependant, je prie Dieu vous avoir, mon cousin , en sa sainte et digne gtrde.
Ecrit à FoDtaioebleau , le 18 septembre 1637.
Signé LOUIS.
Plus bas Sublet.
A M. de Vitrj.
A M. L'ARCHEYfiQDE DE BORDEAUX»
Monsieur ,
Vous apprendrez , par la lettre da roi , la relation que sa majesté a prise de faire cesser les différends qni sont entre vous et M. le maréchal de Vitry en les accommodant lui-même. Sa majesté mande a cette fin ledit sieur maréchal^ et tous le suivrez de près, après cpie vous aurez rendu à M. le duc d'Haluin les assistances que l'occasion présente requiert. Ce ne sera pas toutefois sans en recevoir un nouvel ordre , sa majesté ne désirant pas que vous vous mettiez en chemin avant que, sur les nouvelles que vous lui manderez de l'état des ennemis, elle vous aura fait savoir ses intentions. Cependant, j'ai à vous dire, comme votre serviteur, que son éminence ne trouve pas bon que vous abandonniez les soins de l'armée navale , qui, par ce rencontre, pourrait beaucoup souffrir. Je vous prie donc d'y veiller, et charger M. Leqùeux, en votre absence , d'exécuter ce que vous lui commanderez pour la conservation de l'armée; autrement, je prévois que tout périra, et que, quoi que vous puissiez dire , vous en recevrez de grands reproches , et vous en serez marri sans doute. Je suis de tout mon cœur.
Monsieur,
Votre très-humble et très-affectionné serviteur.
De Noyers.
De Ruel, ce 19 septembre iGS^.
A M. l'archevêque DE BORDEAUX.
Mons. l'archevêque de Bordeaux, désirant prendre oonBRÎssanee particulière de ce qui s'est passé entre vous et mon cousin le maréchal de Vitry, je vous fais ce mot pour vous dire que je lui ai mandé de me venir trouver, et que, dans quelque temps, je vous donnerai le même ordre , quand j'aurai su ce que votre passage en Languedoc