‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 151 sur 160 · A M. DB NOYERS · texte numérisé non relu

A M. DB NOYERS

Le 7 décembre 1637.

Vous apprendrez, par la copie des lettres de ceux qui commandent à Alger, le dessein qu'ils ont de conclure la paix, aussi bien que par la relation des deux capitaines qui y ont été sept jours , attendant M. de Mantin , dont nous n'avons point de nouyelles ; et si tous nous aviez consulté auparavant, nous vous aurions dit qu'il est fort bon homme, mais peu capable de commander une flotte , aussi bien que les vaisseaux qu'il avait menés peu propres pour ce voyage.

Vous verrez par une lettre de Ligoume., dont l'avis m'a été confirmé de Naples , de Gènes , et par un de nos vaisseaux revenu de la mer, qu'on fait un armement de trente-six vaisseaux à Naples, sur lesquels on met sept mille hommes de pied et force outils à remuer terre et casser rochers, et trois vaisseaux chargés de chaux. Les uns disent que c'est pour le comté de Nice , les autres pour la Provence , ce que je vous assure que je souhaiterais ; car ayant La Tour et Vaillac en bon état, je serais assuré de voir battre trois fois cette année les Espagnols.. Je sépare le long de la côte le régiment des galères et celui de La Tour, et tiens tout en état de leur faire voir que je ne dors pas; mais nous ne sommes pas assez heureux pour avoir encore cette occasion de servir.

Je viens présentement de savoir l'arrêt que vous avez donné pour la réunion de la procuration du pays avec le consulat dès Aix. MM. de Champigny et le premier président me mandent que ces gens-là se rendent indignes de la grâce que le roi leur a faite, n'ayant aucun respect ni d'eux ni de ceux de qui le roi se sert, voulant choisir des gens, sans en communiquer à personne, dont on craint fort le gouvernement. Néanmoins, comme vous n'avez rien mandé de vos volontés ,

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il semble que vous ayez pris vos sûretës avec eux par quelques voies que nous ne t!6nnalssdM pias encore.

Les spéculatifs croient que rassemblée qu'a indiquée M. le comte de Garces y contre notre opinioti commuAe , est le sujet de l'élection qu'on veut faire du marquis de Janson et du sieur Duperrîer^ avocat éloquent et séditieux , afin que, leur disant accroire qu'on ne veut que leurs libertés et privilèges^ on les oblige à donner les 20,000 écus que demande M. le comte de Garces ; ce qui est d'utie périlleuse conséquence , car si les gouverneurs dépendent du pays par présents, outre que tous les jours ils en demanderont de nouveaux , à quoi ils obligeront les communautés par logements et délogements des gens de guerre, c'est que le roi ne doit espérer aucun service contre les peuples par les gouverneurs, de peur que kurs présents soient retranchés.

Souvenez-vou^s'il vous plaît, si vous permettez rassemblée, d'ordonner qu'on leur demande 1 00,000 livres pour achever nos fortifications, qui sont inutiles sans cela.

Vous apprench'ez par M. de Champigny les témoins qui se présentent; mais, comme l'argent et la peur sont capables de les faire changer, je crains maintenant seulement de les voir^ et puis, pour vous dire le vrai, mon humeur et ma profession m'empêchent de poursuivre un criminel en l'état qu'il est.

M. de Lavoie, chevalier de Malte, commandant un brîgantin , et aydttt fait prisonnier le gouverneur de Sassari , fit avec ce dernier un traité par lequel le Sarde s'obligeait, fnoyennant de grandes récompenses pécuniaires et honorifiques, pour lui et les siens, à abandonner aux troupeç du roi toutes les places r villes et bourgs de son gouvernement en Sardai^e. M. de Lavoie envoya aussitôt à M. de Bordeaux le projet de traite^ dont suit la teneur.

TRAITl;

FAIT Kl^RB ^E S^EUR CHEVALIER DE LAVOIB^ FRÈRE SERVANT DE SAINT-JEAN

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