LETTRE DE M. L'ARCH. DE BORD. — NOV
dessous de cinquante hommes , les officiers n'en seront point payes, non I^us que de leurs états , mais que Ton donnera aux soldats leur paie manuellement en les distribuant aux autres compagnies.
Je vous rendrai compte de tout mon petit Toyage quand je serai de retour à Toulon. Et cependant je vous supplie de me croire ,
Monsieur ,
Votre très-humble serviteur,
De Sourdis.
P. S, Auparavant que de partir de Toufpn , je fis tant que je fis sortir les vaisseaux du port et les mettre à la rade pour les (aire passer; mais comme le temps n'était pas propice , ils ne purent faire voile ce jour-là ; néanmoins le lendemain le temps ayant changé , je crois qu'ils sont à la mer, et que par ce courrier vous en serez informé.
A M. L'ARCHEvAqUE DE BORDEAUX.
Monsieur ,
Enfin , TOUS recevez la nouvelle tant désirée de votre congé et la résolution du partage des vaisseaux qui sont en levant, dont son éminence vous écrit d'y en laisser dix-huit avec les vingt galères , et de faire repasser le reste es mers du ponant , où son dessein est de former un puissant armement pour s'opposer aux desseins que les ennemis y pourraient faire à notre préjudice. Vous aurez assez de bonté pour laisser avant votre partement une bonne instruction à M. de Champigny, pour qu'il puisse continuer à y servir utilement et au contentement de son éminence; et je ne vous en aurai pas moins d'obligation que si tous les biens que vous lui faites découlaient sur mon propre fils. Il ne feut pas beaucoup parler à un ami qui revient : aussi je coupe en me disant^
Monsieur, Votre très-humble et très-affectionné serviteur^
De Noyers.
De Roel , ce «4 novembre 1637.
526 UYRE U. — CSUP. Y.
A M. L*ARCHByfiQUB DE BORDEAUX.
Mons. l'arckevéque de Bordeaux, tous ayant envoyé mes orûtcs poar faire passer es mers de ponant une partie des yaisseanx de mon armée navale, j^y ajoute cette lettre pour tous dire que mon intention est gue tous fassiez mettre sur ces vaisseaux quarante canons de ceux qui ont été gagnés sur les Espagnols à la reprise de mes lies de Sainte- Marguerite et de Saint-Honorë da Lérins , et que tous domiiez ordre k celui qui commandera ces vaisseaux de prendre encore douze canons en Languedoc de ceux qui ont été pris sur les Espagnols k la bataille de LfCucate , lesquels je mande k mon cousin le duc d'Haluin de faire délivrer k celui qui aura charge de vous de les recevoir, pour être tous mis où il sera ordonné k l'armée desdits vaisseaux par-deçk. Et la présente n'étant k autre fin, je prie Dieu vous avoir, mons. l'archevêque de Bordeaux, en sa sainte et digne garde,
LOUIS
SUBLBT.
Écrit à Saittt-Ger«iaiB-»eii*L«ye , U 3o n^Tanibrt 1S37.
Le roi annonce à M. de Bordeaux qu41 a nommé M. le comte d'Aletz gouverneur de Provence.
A M. L'ARCHEVÊQUE DÉ BORDEAUX
Mons. Farchevéque de Bordeaux , je vous ai dëji fait savoir comme le mécontentement que j'ai reçu de la conduite du macéolial de Vitry m'a donne sujet de le déposséder du gouvernement de Provence et que je l'ai rempli de mon cousin le comte d'Aletz, lequel je sais être autant digne de cette charge par sa capacité , zçle et bonne intention , qu'il l'est par sa naissance et qualité; et comme j'ai cni qu'il était important
LETTRE pu RCNi. — NOVEMBRE 1637. 52T
de ne p«A différer de l'envoyfr m'y servir^ je le fgis partir présentemepi; de deçà pour cette fîo , et je l'accompagne de cette lettre pour vous témoigner qv'U n'y a rien q»e je désire davantage que d'être aieiiu^ que voua étaUwi4% et enti^teniez avec lui une bonne union et cotrespondaoce çn tout^^ lei choses qui regarderont Iç bien de mon service et oeluî de ladite province pendant que vous avez à y demeurer, sachant que de sa part il s'en va entièrement disposé à suivre ce qui est en cela de ma volonté ; et parce que votre affection et suffisance vous ont fait prendre une oonnaissapce particulière des affaû^es de la province, je vous recommande aussi de lui communiquer cordialement toutes les lumières que vous en ave^ y et de lui donner vos bon$ avis sur toutes choses qui y peuvent être à faire pour mon service^ afin qu'il y apporte le bon ordre convenable en tout ce qui dépendra de sa diarge* Je vous aurai beaucoup de gré de l'assistance qu'il recevra de vous pour cet i^et, laquelle je suis assuré qu'il vpus rendra semblable en tout ce qui sera de son pouvoir , suii^ant l^i recommandation très^ exjwesse que je lui en ai faite, ce qui m'empêchera de vous faire cette lettre plus longue que pour prier Dieu vous avoir, mons* l'arche**
véque de Bordeaux , en sa sainte garde.
LOUIS
SUBLET
Éerit à Rael le a4 novembre 1^71
M. le cardinal de Richelieu écrit à M. de Bordeaux , sur une proposition de racheter leç soldats espagnols et portugais.
M. de Loynes m'ayant fait entendre qu'il y a Un Juif en Provence qui vous a proposé de retirer les Espagnols et Portugais qui ont été pris en mer et sur les cotes depuis que les deux couronnes sont en guerre ouverte, et qui sont maintenant sur les galères du roi, eu payant une certaine somme pour leur rançon, et donnant, de plus, d'autres forçats pour mettre en leur place sur lesdites galères > afin que les chiourmes ne soient point affaiblies, je vous f|âs cette lettre pour vous dire que j'approuve cette proposition , et que je serai bien aise que vous l'exé-
cutiez, si vous la jugez utile. Four cet effet, j'écris a mon neyeu de faire faire une exacte perquisition sur les galères de tous lesdits Espagnols et Portugais , et qu'il vous remette entre les mains ceux qui s'y trouveront et tous autres que vous lui demanderez , au cas que vous terminiez cette affaire; mais vous vous souviendrez, s'il vous plaît, qu'il faut auparavant que de donner la liberté aux uns et aux autresr, avoir effectivement l'argent dont vous conviendrez avec ledit Juif pour leur rançon (lequel on pourra employer à l'achat d'autres forçats pris, ou par ceux de Gènes ou par ceux de Savone, si on en a besoin), et, outre cela , que ledit Juif fournisse autant d'hommes pour mettre sur lesdites galères qu'on lui rendra, ou, s'il ne le peut pas à l'heure même, qu'il donne de si bonnes cautions de le faire dans un temps dont vous conviendrez avec lui, qu'il n'y puisse pas manquer. La créance que j'ai que vous ne manquerez pas de prendre, en cette affaire et en toutes autres qui regarderont le service du roi , tous les avantages qui vous seront possibles , m'empêchera de vous y convier davantage , me contentant de vous assurer toujours de la continuation de mon affection ^ et que je suis véritablement ,
Monsieur , Votre très^affectionné comme (rère à vous rendre service ,
Le Cardinal de Richelieu.
M. de Bordeaux transmet à M. de Noyers de nouveaux rensei-» gnements sur les préparatifs que font les Espagnols dans le port de Naples : quelques uns croient que cet armement est destiné à une tentative suf le comté de Nice. M. de Bordeaux expose aussi son avis relativement à de nouveaux subsides demandés^ à la Provence par M. le comte de Garces , lieutenant-général de Provence. Il refîise enfin, par honneur et par convenance de position, de donner de nouvelles preuves à lappui des griefs reprochés à M. de Vitry.
LETTRE DE M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX