‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 24 sur 160 · ECRITE ^ M. DU PONT DE COURLAY, GÉNÉRAL DES GALÈRES · texte numérisé non relu

ECRITE ^ M. DU PONT DE COURLAY, GÉNÉRAL DES GALÈRES

J'ai tant de honte de votre conduite , que vous priant de ne penser jamais que vous m^apparteniez , je vous promets d'oublier pour toujours ce que vous m'êtes. Vous savez bien les difficultés qu'on vous a faites à l'établissement du régiment des galères , depeur que là contestation des officiers avec ceux des galères .ne le rendit pas seulement inutile, mais préjudiciable. Pour y- remédier , le roi a fait un. régfle^ ment qui soumet lesdits officiers du régiment à ceux des galères. Je n'eusse jamais cru que vous eussiez eu ni assez peu de juganent pour

ne connaître pas que ce que vous avez iaît ne ae peut soutenir y ni assez d'impudence pour passer par-dessus les ordres du roi. Aussitôt la présente reçue 9 rétablissez les capitaines des galèi*esy feites-leur excuse de votre promptitude , trouvez-y tel prétexte que bon vous semblera ; car si vous ne le faites, le lendemain de la réception de celle-ci , vous recevrez un ordre du roi qui vous commandera de le venir trouver pour recevoir la peine que mérite votre imprudence» Votra mauvaise conduite fait qu'on ne vidra pas présentement s'il vous appartient de commander en une descente des lies après le général de l'armée navale ou non ; mais le roi vous commande d'y obéir non seulement à M. le comte d'Harcourt , mais à M. le maréchal de Y itry. Vous demeurerez sur vos galères , et non seulement en ce point, mais en tout autre, vous exécuterez toute sorte de contentions ; si vous ne le faites , assurez-vous que je n'oublierai rien de ce qui me.sera possible pour vous témoigner le ressentiment que je doia. avoir de votre mauvais procéder.

Puis après avoir ainsi réprimande M. du Pont de Courlay, M. le cardinal écrivit* la lettre suivante aux officiers des galères qui se plaignaient de Finjustice de son neveu.

AUX CAPITAINES DES GALÈRES, SUR CE QUI S'ÉTAIT PASSÉ ENTRE EUX ET M. DU PONT DE COURLAY, GÉNÉRAL DES GALÈRES.

Bien que la charge de général des galères autorise tellement ceux qui en sont pourvus que votre général puisse en cette considération prétendre au sujet de se plaindre de ceux qui ont refusé de suivre les ordres qu'il a voulu établir pour le service du roi en Toccasiau pressée du voyage qu'il était obligé de faire , si est-ce toutesfois que je suis si iftché de ce qui est arrivé que je lui écris qu'il vous rétablisse dans la fonction et dans l'honneur de vos charges, et qu'il (asse observer les règlements faits par S* M. pour éviter les accidents qu'on a prévu pouvoir arriver entre vous et les capitaines du r^imeht des galères. M. le bailli de Forbin sait que lorsqu'il poursuivait l'établissement dudit

r^iment, je m'y suis sou^entesfois opposé , craignant que plusieurs choses f quoique soumises les unes aux autres , s'accommodassent mal ensemble. Le général des galères écrit qu'il n'a jamais eu intention de partager le commandement entre tous et les capitaines dudit i^giment , mais seulement de leur donner poste aux lieux désignés par lui ; le tout sous TOtre obéissance , pom^ y faire entièrement ce que vous leur ordonneriez* Il s'en expliquera plus particulièrement avec vous ; oepen* dant étant tous ses amis comme vous êtes ^ je vous prie d'éviter à l'ave^ nir de semblables rencontres par la déférence qui est due à votre supé* rieur. Je m'assure que de sa part il vous en donnera toutes sortes de sujets selon que je l'y convie, vous m'obligerez extrêmement de suivre en cela mes prières et de croire que je suis et serai toujours, etc. , etc.

M. le cardinal écrivit aussi à^M. de Sourdis, au sujet des divisions dont on a déjà parle, et qui avaient des suites si fâcheuses pour le service du roi.

A M. l'archevêque DE BORDEAUX, TOUCHANT L' ARMÉE NAVALE DE LEVANT.

De Poris, ce qo août i636.

Monsieur, je ne vous saurais représenter l'aiHiction que j'ai de ce que vous n'avez pas trouve , en arrivant en Provence , toutes choses prêtes comme ceux qui en avaient pris le soin m'en avaient donné assurance. Je vous prie de faire l'impossible pour y remédier et réparer ces manquements : n'y plaignez aucune chose, et ne craignez point en ce faisant de choquer qui que ce puisse être ; ce que vous éviterez néanmoins autant qtle vous pourrez , en tant que cela pourrait préjudicier au service du roi. Dans l'occasion présente, il est impossible de vous donner d'autres instructions que celles qui vous ont été envoyées , ensuite de quoi on vous laisse la liberté d'agir et d'entreprendre à l'avantage des affaires de S. M. ce que vous estimerez plus à propos. Je suis trèscontent de la façon avec laquelle votre flotte a été conduite en Levant ^ns division, et avec la satisfaction de tous ceux qui y sont. Je vous

conjure de continuer à yiyre comme tous avez fait. La dépêche de M. de Noyers yide la difficulté qui peut être entre M. le maréchal de Yitry et M. le comte d'Harcourt pour le commandement des troupes , ce qui m'empêchera de tous en rien mander par celle-ci. J'écris à mon dit sieur le maréchal de Vitry pour le convier à vous en donner le plus grand nombre qu'il lui sera possible , et de vous favoriser en outre en tout ce qui dépendra de lui pour vous donner moyen d'exécuter les ordres du roi , ce que je ne doute point qu'il ne fasse volontiers. Voilà tout ce que je vous puis dire par cette lettre ^ que je finis par l'assurance que je vous donne d'être toujours autant que vous ie pouvez désirer , Monsieur , Votre très-affectionné comme frère à vous rendre service ,

Le Cardinal de Richelieu.

Dans cette autre lettre, M. le cardinal annonce à M. de Sourdis qu'il a réprimandé sévèrement M. du Pont de Gourlay.

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