SON AMBASSADEUR A GÊNES
De Chantilly, le 19 août i636.
Mons l'archevêque de Bordeaux , je fais venir de Languedoc en Provence les régiments de Roussillon, de Gomusson et de Castrevîeille, en intention de les faire passer de là en l'État de mon cousin le duc de Parme , et de prendre pour cet effet la voie de la mer. Vous avez donc
à les faire embarquer dans mon armée navale pour les iaire porter et descendre à terre en tel endroit de l'État de Gènes qui sera jugé le meilleur, et que tous concerterez avec mon cousin le duc de Parme ou avec le sieur comte Fabio Scotti , son ambassadeur, qui se rendra dans peu de jours en Provence, pour de là marcher par la plus sûre et plus courte voie dans son État, de quoi vous le tietidrèz averti au temps qu'il faudra par le moyen du sieur de Sabran , mon résident à Gènes , ou autre que vous aviserez pour le mieux , afin qu'il soit préparé à faire recevoir ce secours que je lui envoie. Et parce que pour faire ce passage en sûreté il est absolument nécessaire que le dessein en demeure trèssecret, je n'en donne part présentement qu'à vous, et j'écris seulement les lettres ci-jointes à mes cousins le comte d'Harcourt et le maréchal de Vitry, afin que selon que vous verrez qu'il sera à propos ou nécessaire, vous les leur rendrez pour lever les difficultés qui se pourraient rencontrer en cette affaire , faute d'en avoir mes ordres. Vous recommandant de conduire la chose avec telle prudence, secret et adresse qu'elle réussisse selon mon intention. Et sur ce je prie Dieu vous avoir, mons l'archevêque de Bonieaux , en sa sainte garde.
LOUIS
SUBLET
A M. l'archevêque DE BORDEAUX, POUR FAIRE RECEVOIR DANS LES VAIS- SEAUX DU ROI LE COMTE FABIO SCOTTI, ET COMMANDER EN QUALITÉ DE
MARÉCHALr-DE-CAMP LES TROUPES DE PARME.
De Chantilly, ag août i636.
Mons l'archevêque de Bordeaux, ayant estimé à propos que le sieur comte Fabio Scotti, maréchal de mes camps et armées, et ambassadeur de mon cousin le duc de Parme près de moi , s'embarque dam mon armée navale avec les trois régiments de Roussillon , Comusson et Castrevieille, que j'envoie dans l'État de Parme, et qu'il les conduise et commande en ladite qualité de maréchal-de-câmp lorsque vous les ferez mettre à terre , je vous fais cette lettre pour vous en donner avis et vous dire que vous ayez à faire qu'il soit reçu honorablement dans mes vaisseaux , et fassiez porter lesdits régiments au lieu qu'il
YOUâ indiquera sur l'État de Gènes ^ pour de là passer sous la conduite dudit comte Scotti dans l'État de Parme ^ désirant que vous les assistiez de tout oe qui dépendra de tous pour faire qu'ils s'y rendent promptement et sûrement^ et que yaus tous souveniez d'y garder le secret^ et d'y appcMter toute la facilité et diligence nécessaires. Et sur ce je prie Dieu TOUS aToir, môns l'archeTéque de Boixleaux , en sa sainte garde.
Dans cette instruction envoyée à M. de Sabran, M. le cardinal de Richelieu analyse et combat les différentes propositions faites par M. le duc de Parme au sujet du secours de troupes qu'il attend du roi de France :