‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 40 sur 160 · LET, DE M. DE LOYNES. — SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

LET, DE M. DE LOYNES. — SEPTEMBRE

ëtait M. le baîUi de Faurbin, M. le chevalier de Lavalette et quantité de noblesse. Après les mena au château ^ où ils s'enfermèrent dans la salle et tinrent conseil , où n'assistèrent que les susnommés avec mondit seigneur, et y furent jusqu'à la nuit , qu'on leur porta la collation, après laquelle ils partirent et s'allèrent embarquer accompagnés de mondit seigneur jusque dans leur chaloupe , où il entra avec eux et en prit congé là-dedans, avec assurance que, suivant ce qu'ils avaient arrêté, il serait de bon matin de retour à Antibes pour s'embarquer sur les chaloupes qu'ils lui enverraient , et aller dîner à leur bord pour achever d'y résoudre ce qu'ils auraient ébauché. Cette entrevue se fit avec tant de témoignages de bonne volonté de toutes parts et de bonne correspondance, que comme elle se fit en présence de tout le monde elle atrtira des. acclamations de joie et de bénédictions pour tous ces messieurs, et grande satisfaction à ceux qui ont à cœur le service du roi et du public. Dès qu'ils furent embaixpiés , mondit seigneur le maréchal monta à cheval et revint à Cannes pour s'y trouver la nuit , afin que si le duc de Ferrandine, qui était dans le Frioul des îles avec trente-sept galères, voulait entreprendre quelque chose sur la terre , il y fût pour lui résister et prévenir ses mauvais desseins. De fait , sur les onze heures du soir, M. de Corbeil, lieutenant-colonel du régiment de la Tour, qui commande dans le fort de la Croisette , lui ayant envoyé donner avis que les galères étaient parties, quoique la nuit fût fort sombre , et deux heures après M. d'EscragnoUe, qui commandedans Antibes, luiayant envoyédire que les galères avaient moitillé au cap d' Antibes , il fit partir incontinent .son capitaine des gaixles à toute bride avec ceux de sa compagnie et M. de Sedron avec tous ceux qu'il avait auprès de lui, et trois compagnies des gens de pied pour renforcer la garnison d' Antibes ; et après avoir donné les ordres qu'il fallait à Cannes, il monta à cheval avec ce qui était resté de noblesse près de lui , et s'en alla à toute bride à Antibes , où il arriva deux heures devant jour, et trouva que les ennemis avaient passé outre , ce qui lui donna sujet de renvoyer à Cannes toutes les troupes qu'il avait fait venir; et y attendait les* chaloupes, qui y arri* vèrent sur les huit heures du matin, sur lesquelles il s'embarqua incontinent sur la chaloupe du sieur de Ternes, qui commande la galère qu'on I. i5

ff4 LIVRE I. — CHAP. L

ap^lle la Richelieu, laquelle était ayec le tendelet * en taffetas cramoisi, blanc et violet et fort parée , avec quatre gentilshommes seulement ^ et dans les autres, quelques autres gentilshommes de sa suite en petit nombre , n'ayant pas voulu permettre qu'on l'^coompagn&t ; et arriva en cette sorte dans le port de Yillefranche sur leè onze heures , et alla descendre à l'amiral , où il fut reçu sur le bord du haut par M. le comte d'Harcourt , M. de Bordeaux et quantité de n<d)les8e ; et s'étant un peu enti^tenus dans le cabinet , on les vint avertir qu'on avait couvert ; sur quoi ces messieurs menèrent mondit sieur le maréchal sous le premier tillac, où il trouva une table bien couverte de vingtr-cinq ou trente ser* viettes , où quantité de cette noblesse se mit, et les sieurs de Thoreno et de Yallavez , que M. le comte d'Harcourt et M. de Bordeaux arrêtèrent pour y diner; les autres qui avaient accompagné comme eux mondit seigneur le maréchal ayant été menés par M. de Nantes dans son bord , où il les traita magnifiquement, comme fit de même M. le comte d'Harcourt ledit seigneur , où les brindes à la santé du roi et de son éminence ne furent pas oubliées. Et incontinent après diner ils entrèrent au conseil, où se trouva M. le général des galères , avec M. le bailli de FxHirbin et le chevalier de Lavalette et M. de Nantes avec M. le Baron d'Allemagne , et on y appela aussi M. le commandeur Desgouttes, M. de Manty et le commandeur de Poinsy ; et furent assemblés jusques sur les six heures du soir, qu'ils se séparèrent avec tant de démonstration de satis&ction les uns des autres , et tant de témoignages de bonne volonté et de correspondance, qu'ils allaient à l'envi à qui en témoignerait davantage et plus de désir de servir le roi et son éminence , jusqu'à ce que mondit seigneur le ma-' réchal leur protesta hautement que si les ennemis faisaient descente à la Turbie , qui est un petit lieu qui appartient à M. le duc de Savoie proche deMourgues, comme on disait qu'ils en avaient le dessein, qu'il prendrait toutes les troupes de son gouvernement et se mettrait à leur tête pour le&en aller chasser à vive force. Enfin , il ne sirpeut rien ajouter au bon accueil qu'ils se sont feit les uns les autres , et après un million d'embrassades , mondit seigneur le maréchal étant descendu dans sa cha-

■ S^rte de tente placée sur la ]xmpe de la galère.

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