‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 65 sur 160 · LETTRE DU GARD. DE RICH. — IXÊCEMBIIE · texte numérisé non relu

LETTRE DU GARD. DE RICH. — IXÊCEMBIIE

aussitôt, et la pkipaitt des gentilahommes voulant . dbnner au gouTerneup, M. de Vitry, une marque éclatante de mécontentement, abandonnèrent les drapeaux, les milices se débandèrent ^ et l'expédition fut encore remisé.

instruit de lemportement de M: le maréclîal deVitry par M. de Lo3rne8, M. le cardinal de Riehelieu^ui écrivi^ussitot.

De Rue) « ce g décembre, i636.

Monsieur,

Il est si peu croyable qu^un homme de votre profession ait voulu offenser mie personne de la qualité et de la condition de M. l'arche*, véque de Bordeaux, comme on dit que vous avez fait, que si je vous avais vu commettre cette faute actuellement, je ne me la pourrais persuader. Si ce malheur vous est arrive , il n*y a sorte de voie par laquelle vous ne deviez tâcher de vous en purger. Vous ne sauriez trouver au-

de fiordeaux vqiilut prendre part à la que- dition, grand justicier, en présence duquel

relie , et peut-être le fit-il avec une dialeur les avocats ne pouvaient déguiser les affaires ,

déplacée. Quoi qu'il en soit, y itry, toujours et tntoer les plaidoyers en longueur par

irascible et brutal , traita le prélat de cagoi ', leurs paroles bien rangées ; il était pourtant

0t le frappa d'un coup de canne. Le conseil baut à la main , et de l'humefir qui acçom-

se sépara aussitôt saisi d'étonnemenl et de pagne toi^ours oeux de sa nation. U ttifaiva

donleuvsfJLa plupart des gentilshommes, vou- à sou arrivée le parlement divisé : le inaii§-

lant donner au gouverneur une marque éda- chai de Yitry, pour lors gouverneur, voulait

tante de mécontentement, abandoauèrent les fouler aux pieds l'autorité de cet illustre

drapetux. Lea milioes se débandèrent , et corps, comme il avait fait celle des pix>-

l'expédition, qui s'annonçait d'abord sourde cureurs du pays 9 il avait attii^ quelques

briUants auspices, fat renvoyée à des temps officiers à sou parti, et en avait ftit citer

plus beureu. * en ooor quelques uns qui faisaient le plus

En parlant de la première -.^tt^igiae de la d'obstacle à ses volontés , entfe lesquels

mésintelligence du gouv«meqr avec lèpre* furent Jev^r Baptiste de Forbin^ prëttdent

miér présidenit du. Bemet, J. Scbohstique. de laUoqjDe, Jean-Baptiste de Boyer, qui

Piton donne pareillonent ica détails suivants ^ mort doyen d'Arnaud , et Pierre de G)n-

sur cette malheureuse dispote *. nis, avocat Relierai ; le prétexte ^t que

« Joseph du Bemet baron du Serin , de oeux-ci ^'avaiept pas condamQ^ à moK les

la ville de Bordeaux^ fnt fiiit pramier prési- capitaine^ qui avaient abandpnné les: îles

dent au parlement d^Aii le 10 novembre de de Sainte^Marguerite et Saint-Ilonorat aux

i636. c'était un homm« d'une profonde éru* Espagnols ; mais la véritable cause fut pdiir

' Piton. * Bouche, tome II. . '

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cun qai ptiisse excuser une telle action ^ quelque bolme Tolontë qu^il ait pour vous; j'en suis plus aiHigé que je ne le tous saurais dfare, et pour la personne de M. de Bordeaux ^ que j'afTectiomie pftrticuiièrement, et pour la vôtre, de qui je suis le très-afFectionné servilbur.

Le Cardinal de Righblibu.

LETTBE DE M. DE NOYERS

a m. l^archevêqub bb bordeaux.

Monsieur ,

Je ne \ous saurais assez représenter le déplaisir qu'a reçu son éminence d'apprendre ce qui s'est passé entre vous et M. de Vitry; la chose est si extraordinaire qu'il faut une foi plus que vulgaire pour croire ce que l'on en écrit. Il n'y a que l'attaque des îles qui puisse en

les éloigner , car dès qa'ils forent en cour semblée tenue pour le sujet de cette guerre personne ne leur dit mot. avec l'archevêque ' , qu'il traita de cagot et

i.e premier président, jalouiL de cet injuste de bréviaire , en lui portant un coup 'de pouvoir du gouverneur , en voulut secouer canne d'Inde.

le joug, et fit si bien par les intrigues d'Henri Ces cou])s et ces paroles firent rappeler le d'EsconbleaiT de Sourdis , archevêque de maréchal de Vitry, qui fut mis dans la Ba»> ^Bordeaux, une des créatures du grand car* Itlle, d'où il ne sortit qu'après la AMMt du dinal , qu'il vint à bout du maréchal, qui cardinal de Aichelieu , qui nous envoya , acheva de se perdre , par la violence qu'il comme nous avons dit , Louis-Emmanuel de commit contre la personne de ce prélat, Valois comte d'Alais, colonel -général de la plos propre pour les armes que pour les cavalerie française , fils de Charles duc d'Anâmes, et duquel un grand écrivain ' dit dans gouléme , comte d'Auvergne, fils naturel de ses Annales de i6a8 : F^ir acris ingénu ma- Charles IX , roi de France, prince achevé gnorum spiriiuum» Cet archevêque fut fait de toutes las perfections qui peuvent com* chef du conseil de la marine , et eut la con- poser un 'grand de la terre, pieux et craiduitf des vaisseaux de l'armée navale qu'on gnant Dieu , parfaitement bon , savant aux dressa l'an lôSy pour forcer les Espagnols langues et à toutes les belles lettres, bon qui s'étaient fortifiés dans les îles de Lérim^ philosophe , édairé théologien , ayant été et le cobite d'Harcourt fut fai^ généralissime élevé dans ses premières années, pour l'éde l'armée, où toute la noblesse deProvebce glise , et même pourvu de l'évéché d'Aide avec le comte de Carces signala son courage, dans le Languedoc , duquel on ne peut Cet emploi piqua si vivement le maréchal de blâmer la mémoire quelques envieux qui en Vitry, homme de cœur et hardi pour une paissent purler, (Histoire de iaviîled*Jix,^-^ entreprise, qu'il eut des démêlés dans l'as- Aix, 1666, in-fofio.)

' Spoadanuf. ' t636.

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