‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 68 sur 160 · A M. L'ARGHEVÂQUE DE BORDEAUX, TOUCHANT LE SECOURS DE PARME · texte numérisé non relu

A M. L'ARGHEVÂQUE DE BORDEAUX, TOUCHANT LE SECOURS DE PARME

D'Antibet , le lo dëoembre i636.

Ayant eu avis de Génes que les Espagnols tiraient de FartlUerie de divers endroits pour attaquer Plaisance , je vous en ai youIu donner incontinent avis , vous priant , monsieur , très-instanunent que les vaisseaux et autres choses nécessaires pour ce secours soient prêtes sans aucun délais afin que nous n'allions si tard qu'il soit inutile. M. le maréchal de Yitry dit qu'il sera prêt avec ses troupes , toutes et quantes fois que seront prêts les vaisseaux pour les embarquer ; c'est pourquoi , monsieur , je vous supplie me faire savoir le lieu et le temps que se devra faire ledit embarquement, et surtout me faire la faveur de tenir ceci bien jecret et de vous assurer que je suis de tout mon cœur ,

Monsieur, Votre très-humble et obéissant serviteur,

Fabio Scotti.

P. S, Je vous supplie de (aire avoir les ci-jointes à M. le comte d'Harcourt et à M. de CastelaD , auxquels j'écris touchant les mêmes affaires ] et si M. le chevalier de La GueUe est encore auprès de vous , de me faire l'honneur de lui faire avoir celle-ci , et n'y étant plus , de me la renvoyer.

A M. l'archevêque DE BORDEAUX.

Oo ituel, oe »i iléeembre i636.

MONSIVIO ,

Vous^éfees aamz sensible aux intëréls de l'État pour juger combien ranéantissement du dessein des Iles aura vivement touebé le roi et son éminence ; la nouvelle en a été d'autant plus rude que toutes les précédentes, depuis trois mois, ne repaissaient la cour que de hautes espérances de cette entreprise , seul fruit de ce grand armement naval qui tenait tout le monde aux écoutes par sa première entrée dans les mers du Levant; mais vous connaissez trop bien ce sujet extrême de douleur pour qu'il faille emjrfoyer ee papier à le vous exagérer , puisqu'ajurès tout,, c'est un malheur sans remède.

A présent le roi vous mande à tous de vous appliquer au secours de Parme, qui, venant à réussir, réparera aucunement la honte du premier. A cette fin, sa majesté ordonne à M. le maréchal de Vitry de fom^nir les hommes portés par l'état ci*inclus, aux procureurs du pays, de donner le pain nécessaire pour le passage et pour six jours de ti^jet par terre , avec les munitions requises pour la sûreté , ayant à passer à travers les ennemis; et l'intention de sa majesté est que l'armée navale serve au port desdits quatre mille hommes, et que M. d'Harcourt et vous les conduisiez et favorisiez leur descente aux lieux et autant de temp que vous en priera M. le comte Fabio Scotti. Jl reste à toute cette cour cette seule ressource de consolation, et à l'armée navale cette seule matière d'honneur d'avoir le plus contribué au secours d'un des principaux alliés de la France, en un temps où la difficulté du secours et la nécessité très-urgente le rendent d'autant plus conaidérable. Son éminenee vous prie d'y apporter tout ce qui dépendra de vous et de votre crédit, afin qu'ausaitol la présente reçue l'on embarque les soldats et l'on s'achemine à ee voyage. Elle a été un peu étonnée de voir, dans un des méoioiresqafi vous m'avez envoyés, en dépense le fret des vaisseaux qui passeront les troupes destinées audit seooors , comme si UHfr^i grande flotte ne pouvait paa

seulement rendre ce service. La cavalerie n'y sera pas en si grand nombre que les flûtes que vous avez ne puissent y suffire. Ainsi , on espère que sans aucun retardement l'on exécutera le dessein de ce secours , et afin que les troupes y aillent de meilleur courage, l'intention du roi est que l'on leur paie une montre en entrant dans le Parmesan,^ envoyant à cet effet le fonds des troupes qui ne l'ont pas de là. Achevez ^ s'il vous plait, le reste, et me croyez , bien que dans une extrême amertume et blessé au vif de la maladie du bien public,

Votre très-humble et très-affectionné serviteur ,

De Noyers.

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