‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 72 sur 160 · LETTRE DU ROI. — DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

LETTRE DU ROI. — DÉCEMBRE

isip , mon intention est que mon armëe navale s'arrête autant de temps et aux lieux qu'il faudra , selon ce qui vous sera proposé par ledit sieur comte Scotti , pour favoriser et assurer leur descente et acheminement dans ledit pays , ayant au surplus donné ordre pour leur faire payer une montre à leur arrivée dans le Parmesan ; et pour finir , vous recommande très-«xpressément d'apportei! tout ce qui dépendra de vous pour l'effet de ce qui est en cela ma volonté , et pour tout ce qui regardera la sfitisfaction dudit comte Scotti. Sur quoi, attendant avec impatience de savoir comme toutes choses auront été exécutées , je prie Dieu vous avoir , mons. l'archevêque de Bordeaux , en sa sainte garde.

SUBLBT.

A M. l'archevêque DE BORDEAUX.

De Ruel, ce i4 décembre i636.

Monsieur ,

J'ajoute à ma première dépêche que le roi , estimant que le secours de Parme serait difficile avec de la seule infanterie dont f^it instance M. le comte Scotti , sa majesté a dépéché quant et ce courrier vers son altesse de Savoie pour faire passer deux cents bons chevaux droit à vous^ afin que , par ce moyen, ladite inianterie étant soutenue elle fasse son effet ; vous fassiez, s'il vous plaît, tenir vos flûtes prétes'et les vaisseaux à ce nécessaires.

M. de Loynes m'assure que vous devez avoir les mandements de l'Espagne, faute desqueb vous nous mandez n'avoir pu rien tirer des procureurs du pays ; et Ton travaille par-deçà à faire valoir toutes les assignations de la marine et à satitfaire à tout ce que vous demandez par votre mémoire; mais il faut faire quelque effort pour le secours de Parme afin de réparer notre honneur. ^'

L'on envoie des lettres de change pour cent mille livres, pour donner une montre aux troupes en arrivant dans le Parmesan , et l'on en a envoyé neuf luiHt pour le passoj^ de la cavalerie qui vient à vous de

Piëmout. Âa nom de Dieu, monsieur y autant que je suis votre serviteur, surmontez les difficultés que vous rencontrerez en cette occasion, afin de donner contentement à son éminence, et de fermer la bouche à ceux qui ne vous aiment point , et me croyez. Monsieur ,

Votre ti'ès-humble et trè&*affectionné serviteur ,

De Noyers.

A M. l'archevêque DE BORDEAUX.

De Ruely ce 36 décembre i<536.

Monsieur ,

Le retour de M. de Baume n'a rien changé à la résolution que le roi a prise de préférer à tous autres desseins celui du secours dé Parme. Ce n'est pas que sa majesté n'estime qu'il y ait bien à profiter par la construction du fort de la Turbie ; mais comme il arrive souvent que la variété des entreprises les détruit toutes , l'on a résolu de s'attacher à celle-là seule , afin que Ton en puisse plus facilement venir à chef. Les moyens d'exécution seront désormais en vos mains, puisque sa majesté envoie tout ce que vous avez désiré ; il n'y a que l'article du fret des vaisseaux pour passer l'infanterie qui a étonné son éminence , comme je le vous ai mandé, ne croyant pas que tant de vaisseaux que le roi entretient ne soient suffisants de lui rendre ce service sans en mander d'autres ; néanmoins, comme le roi ne veut pas que rien retarde cette entreprise, son éminence a assuré sa majesté qu'elle vous avait fait donner 60,000 livres pour les dépenses imprévues, sur lesquelles l'on prendra cette dépense en toute extrémité ; mais elle ne croit pas qu'il en soit besoin , puisque les barques que le pays avait données pour l'attaque des lies n'étant pas quittées du service , encore que le dessein n'ait réussi , elles pourront rendre cette assistance aux troupes de sa majesté, qui ne leur en saura moindre gré que s'ils l'avaient fait à l'attaqua des îles.

La dépêche du roi vous donnant assez au long les intentions de sa majesté sur tout le contenu en vos dépêches , que j'ai vues et fait voir

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