‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 73 sur 160 · LET. DE M. DE NOYERS. — DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

LET. DE M. DE NOYERS. — DÉCEMBRE

trè^-soigneosement comme toutes celles que j'ai reçues ci-derant , vous me permettrez de ne vous être importun par redites , et me ferez l'honneur de me croire , Monsieur ,

Votre très-humble et trè&-affectionnë serviteur ,

De Noyers.

A M. l'archevêque DE BORDEAUX, POUR LE SECOURS DE PARME.

De Saint-Grermain-en^Lajre , le 36 décembre i636.

Mons. Tarchevèque de Bordeaux , après avoir considéré tout ce que VOUS avez mandé par le sieur de Baumes , et ce qu'il a représenté sur les choses qui se peuvent entreprendre de delà, je n'en ai point trouvé de plus importante et plus nécessaire pom* la réputation de mes armes et le bien de mon service que le secours de mon cousin le duc de Parme, de manière que je n'ai rien à ajouter à ma première lettre qui serai cijointe y si ce n'est que je veux que l'on emploie tous les soins et tous les efforts possibles pour l'exécuter promptement, remettant à une autre kiison l'entreprise des iles et celle du fort proposé près de la Turbie , quoique je les tienne toutes deux trè^importantes et nécessaires; mais présentement j'estime qu'il faut préférer le secours de mon cousin le duc de Parme , et la prudence veut que l'on s'attache plutôt fortement à un seul dessein que de porter ses pensées à plusieurs et n'en assurer aucun, comme il est arrivé jusqu'ici de mon armée navale.

Afin donc de retrancher toutes les difficultés et longueurs que vous avez mises en avant sur le sujet de ce secom^ , j'envoie mes ordres très» précis à mon cousin le maréchal de Vitry de fournir incontinent et effectivement les troupes mentionnées en ^'état que je vous envoie , et pour leur faire délivrer le pain et le biscuit nécessaire pour un mois , que vous jugez qu'elles pourront être en mer , et pour six jours qu'elles auront à marcher; ensemble, les munitions de guerre dont ils auront besoin pour se défendre à leur passage , conformément au mémoire que vous en avez envoyé.

Je vous donnerai avis, outre cela ^ que je prie mon frère le duc de Se^ voie , et mande à mon cousin le duc de Créquy , d'envoyer au port de Yillefrancfae deux cents chevaux d'élite de mon armée d'Italie, pour les embarquer sur mes vaisseaux et servir à soutenir l'infanterie lorsqu'elle sera à terre ; vous aures donc à les prendre à votre passage , et à vous foiu*nir des vaisseaux nécessaires à cette fin.

Pour ce qui est du nombre des vaisseaux dont vous avez besoin pour ce passage , je ne vois pas d'a^^rence qu'en comptant ceux de mon armée navale qui ont été écpiipés en Provence ainsi que ceux qui sont passés du ponant, il ne s'en trouve suffisamment pour le trajet de quatre mille hommes de pied et de deux cents chevaux, qui est le nombre de cavalerie qui pourra être embarqué , vu même qu'il y a eu nombre de flûtes d^Hollande frétées ; et néanmoins, s'il ne s'en trouvait assez pour cela, j'estime que les mêmes barques que le pays avait fournies pour l'attaque des îles pourront suppléer à ce déiaut , ne doutant point que les communautés qui s'étaient disposées a en supporter la dép^ise ne continuent volontiers pour un mois encore , si tant dure ce passage , loi^squ'elles seront informées par vous combien il importe à mon contentement et à mon service qu'elles me rendent encore ce témoignage de leur bonne volonté. Je vous adresse des traites en avance sur vous pour chacune des lies , afin que vous en ménagiez et receviez l'effet.

Par ce moyen, chacun sachant expressément ce qu'il y aura en sa charge , ce sera à vous à faire qu'il ne manque rien aux vaisseaux néces» saires pour ce trajet, et qu'ils soient prêts aussitôt que mon cousin le maréchal de Vitry fera fournir les troupes et les munitions, et de bouche et de guerre. En me promettant que de votre part il n'y aura aucun manquement, je n'ajouterai rien à cette lettre, que pour vous recommander que l'on apporte plus de secours en cette affaire que Ton n'a fait en celle des îles , et pom; prier Dieu qu'il vous ait, mons. l'archevêque de Bordeaux, en sa sainte sarde.

LOUIS

SUBLET

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