RELATION. — JANVIER
puUtion du roi j œ se pûiurait ef£icer que paor de bons effeftAy et que la crainte de ^rengeanee les obligeait peuftr-Are à yenir au-Klevant par un semblant de mieux fairle. Us assurent néanmoins qu'ils aspirent désor«iiiai& à une véritable liberté , et de se conserver &sk l'amitié de tous.
Il est certain qu'à Naj^et Sicile, il ne s'y peut plus rien fidre malgré leurs subsides^ et àmesure qu'ils-y ont levé des gens de guerre misérables^ le grand-duc a envoyé cinq cents soldats , sans doute pour retirer des garnisons ceux que l'Espagnol y a, n'y ayant poÎAt de prince qui ait si hardiment levé le masque c<M)tre le roi que celui-là , lequel, au bruit de notre secours, a renvoyé gens et provisions en toutes les places qu^il a an voisinage de la rivière de Magra pour s'y 0{^)oser , si on y passait ,. et avec les Espagnols, sollicite le duc de Modène et les marquis impé* riaux qui y ont des iiefs, pour faire le même. J'en ai écrit à. un ami à Florence , et de peur que des marcpies de ma déclaration trop ouvertes pourraient être ressenties, j'ai depuis employé l'entremise d'un nommé le sieur de Bédoin du comté d'Avignon, que je connais de longue main partial néanmoins du grand-duc et de la maison de Guise , pour laire pénétrer audit duc, comme de moi, que nul prince d'Italie s'était porté par-dessus l'habitude de ses prédécesseurs contre la France; que ses galères en étaient ruinées, mais qu'il pouvait avoir assurance de bonne heure que si , sous prétexte de la reKgion de Saint-Etienne , ou d'étré entièrement hors de combat, il me faisait assurer qu'il ne les donnerait plus , je pourrais adoucir la rigueur des ressentiments qu'on en peut avoir, disant que les gens qu'il a mis vers la rivière de Magra ne sont que pour la sûreté des places qu'il y a , sans prévision d'assaillir persmme, et qu'ayant eu quelque obligation de donner les galères cette année passée , ce sera une marque de neutralité de trouver des excuses qu'il a très*-légitimes de ne les donner plus.
Ledit sieur de Bédoin m'a dit qu'il avait eu commission du grand-duc pour lever un régiment vers Avignon , qu'il n avait accepté qu'à condition que le pape le permit, et qu'à Rome il lui avait été prescrit ; œ qui obligera de prendre garde qu'il ne se fasse des levées au voisinage dudit Avignon.
Le gri^nd-duc envoya secours d'hommes et munitions de guerre dans
la Sardaigne sitôt qa'il sut l'arrivée de notre armée navale en cette mer, cette ile-là étant plus prête à se rendre qu'à combattre si elle y fût abordée.
L'on avait eu une terreur^ qui avait-été générale par toute l'Italie^ de la puissance de cette armée : plus elle a été proche , moins elle a été crainte , n'ayant resté que de l'étonnement que les effets aient si peu répondu à l'appareil , néanmoins que les galères d'Espagne et de France en sont délivrées , et que les fautes , s'il y en a ^ serviront d'instruction pour une meilleure conduite et plus grande entreprise.
On ne découvre rien d'assuré de l'accommodement du duc de Parme, pour lequel le grand-duc sera le plus puissant promoteur et plutôt dépositaire de ses places que le pape , si le loisir qu'il a donné n'a suffi pour les secourir.
La reprise des iles Sainte-Marguerite et Saint-Honorat paraissait toujours si importante à M. le cardinal de Richelieu, qu'il donna ordre à M. de Noyers de s'occuper de former la compagnie des gardes de M. de Guitault, leur futur gouverneur.
A M. L'ARGHEVÂQUE DE BORDEAUX.
Monsieur ,
Depuis ma lettre écrite, son éminence a jugé du service du roi de faire donner une compagnie de deux cents homfiies à M. le chevalier de Guitault, pour la garde des lies, en qualité de compagnie du gouverneur. Le reste sera pris du régiment des Iles et autres , ainsi que je vous ai ci-devant mandé. Vous trouverez ici l'ordre de la subsistance. Son éminence désire avec impatience que vous viviez bien avec M. d'Harcourt pour le temps qu'il restera en levant, car vous repasserez seul en ponant. Vous verrez par la dépêche de monseigneur , le sujet qui l'invite à retenir en levant une armée; il est si important qu'il faut tâcher à se mettre en bon état et s'y faire voir. J'espère
Havt
qu'avec le secours qi^e nous vous envoyons comptant, vous sortirez d'une partie de vos nécessités et que la calomnie aura la bouche fermée quand l'on saura ce que j'écris à M. de Frémicourt.
Nous savons mille pauvretés auxquelles nous ne remédions point par impuissance : Bergançon est de cette nature, et vous avez découvert de si longue main ce que les ennemis y trament que je n'ai pas douté que n'y apportassiez le remède convenable* Son éminence vous en écrit ses pensées, que vous suivrez, s'il vous j4ait. Ce qu'a rapporté le religieux mériterait bien qu'il eût pris la lettre dont il dit que Ton a voulu le charger, et que l'on en eût éclairci les suites^
J'écris k M. d'Harcourt toudiiant les cuirs et peaux de buffle, son éminence n'ayant jugé que cela méritât sa main«
U y a bien de l'apparence à ce qu'on vous a mandé de la prise ou plutôt livraison des deux vaisseaux hollandais, et il importe que vous preniez la peine d'en éclaircir son éminence aux fins que vous mar*quez par la vôtre. U importe que vous avertissiez, s'il vous plait, messieurs du Parlement de ne pas entreprendre davantage contre l'autorité du gouverneur de la province , puisque leurs arrêts sont opposites au règlement du conseil fait en l'année 1 635 , sur la fonction et jurisdiction des serviteurs du roi dans la province. J'ai chargé de leur en écrire en ce sens pour que la bonne intelligence, qui est l'âme du
service du roi , ne s'altère pas davantage.
Db Noyers.
M. de Sabran donne à M. de Bordeaux les premiers avis touchant raccommodement de M. le duc de Parme avec l'Espagne , accommodement prévu depuis si long -temps. M. de Sabran entre aussi dans de grands détails sur les armements maritimes des Espagnols.
À M. L'AaCVlTÉQUE DB M>IDBAUX«
Ue Géne§, h 7 jfliiTÎer ttlJ^.
Je TOUS écrirai ènoove ceHe^^ encore que, ftmte (Vavoir eu d^ois fe 24 noTembre aucune de r» lettres, je sois en inoertitude si vow êtes encore en Prorence ; maïs ocmune je croini» le secours pour son altesse de Parme désespéré si vous n'y aides , je hasarde cdle^ci pomr vous donner aipis, comme je fais à M. le oomte d'Harcmirt, €fm l'on fart ici com*re de divers bruits de l'accommodement de M. le doc de Parme, dont je n'ai aucune nouvelle, et la dÎTcrsité persuade cfu'il n'y en a point; car, hors ce que les ministres d'Espagne en font couler sous main , il ne s'en sait rien , et ce qu'ils disent n'eal ni prelMible ni dommageable et préjudiciable à nous; car ils allèguent que le seul Pandot* fini traite de la part du grand-duc, le comte de Carpegno ayant cessé de la port du pape , et que tes Espagnob remettront les places qu'ils tiement au grand-duc en dépôt, et le duc de Parme, Plaisance et Sabionnette, et se- retirera dans trois mois de l'adhérence et proteo-* lion de France, s'il n'est secouru , ce qui ne serait pas une grande perte; et je persiste à croire que ce prince résiste généreosemeoi an parti, pour avantageux qu'il soit, pour l'espoir qu'il a en la protection de sa majesté, que tout le monde regarde ; et je crois que le pape et le grandduc ne sont pas d'accord sur les négociations, et qu'il n'est pas satisfait des Espagnols ni d'autres , et connaît que son autorité, la dépense de ses troupes et des levées sur le» terres de Téglise donnent jalousie à l'E^gnol, au grand^luoet au duc de Parme. Je crois que M. le oomleScotti est si informé des passages et de l'état où ils sont, qu'il ne manquera pas de choisir le meilleur. Le secours devra d'autant être plus puissant et bien considéré cpi'il sera plus prompt , et chacun se persuade que la bonne résolution de son altesse sera forcée par la nécessité, si on retarde plus. Je sais que de chez le prince Doria on n'a pu assurer soicune forme de traité ; mais que Pandolfini , qui est retourné à Plaisance, a laissé opinion à Milan qu'il y réussira.
Le duc dé Perrândina se prépare pcmr aller en Espagne avec ses f/à- 1ères y et de celles de DoFÎa il en a r'habillé six, comme je vous ai inandé, pour l'accompagner au retour d'Espagne , ou plutôt arriveront pardeçà force caisses de rëales , qae les mêmes galères , qui seront renforcées , accompagneront ; et j'estime que le duc de Ferrandina de Monaco fera voile vers la Corse, encore qu'en ce temps les ^Ure^ ne s'exposent pas facilement en pleine mer. Dieu veuille que l'avis vous puisse être si hevranx que vous en {produisiez qiidqiie bon effet, vous souhaitant, comme je le fais , accroissement de gloire et de prospérité , et k moi vos bonnes grâces, étamt de tout mon cœur, de devoir et d'inclination ,
Monsieur,
Votre très-humUe et ohéwsant serviteur, ^
Sàbran.
L'on me vie&t d'assurer de bonne main 'que les vaisseaux qui sonl; à Roses, au nombre de dix-neuf , sont chargés de l'argent ^ et je sais qu'ils promettent partir au premier beau temps. A Naples, il n'y » ^oe quatre vaisseaux ; rien n'y boHge. Je vous ai écrit trois fois depuis noios de quinze ou seiae jours par la voie des felouques de M. Scotii.
Il est arrivé ici, du ponaat, quinze ou seize vaisseaux d'IMlande ou français obtt'géside blé, que les Espagnols ou ceux defiénes pour lesdeux ont procuré il y a long-temps; mais l'on trouve ici qu'ils eoûtent plus du tjtrs que celui de Provence et Languedoc, et il vaut le tiers moins ^ cela n'empêche pas de désira: les nôtres, et comme il est très-nécessaire que sans ordre du roi il n'en vienne point, ilsera bon aussi de voir si, en cas d'abomdaace au pays, il ne sera point à propos de faire de l'argent fsekm que ces gens-ci, et ks Esfiagnols ensuite, en trouvent. D'ailleurs, l'on tient l'^ection du roi des Rontaius laite f)ar les démonstrations que les Espagnok oat faites » il y a plus de six jours ; Huiis cf^te seigneurie n'en a point fait encore , et de Rome l'on n'en avait point avis le 29 du passé.
J'envoie présentement Nardoyn en cour pour mes intérêts. Je vous supplie, si vous écrivez à son énncience, feîre quelque obose pour votre aervitem*, lequel , s'il faut qu'il envoie plus tôt ses assi-
gnationsy et les ayoir mauvaises , ne peut survenir à toutes les nécessites d'ici.
M. Fabio Scotti se plaint dans cette lettre des lenteurs que les divisions élevées entre MM. de Bordeaux et de Vitry apportent à l'envoi du secours de Parme.