LETTRE DU SIEUR FABIO SCOTTI
A M. l'archevêque DE BORDEAUX, TOUCHANT VR SECOURS DE PARME.
De Toulon , ce 7 janiier 1637.
Monsieur ,
Plusieurs capitaines m'ont rapporté que vous leur avez dit cpie ce n'est pas à vous à fournir de vivres et de munitions de guerre (l'embarquement est pour si peu de temps , qu'il faudra cheminer par terre auparavant que d'arriver à Parme ) aux troupes qui doivent secourir son altesse mon maitre, disant que c'est à feire à M. le marchai de Vitry; et bien que je ne devrais pas croire ceci , vu ce que nous avons traité ensemble, toutefois, pour ne rien négliger en chose de telle importance, j'ai re-* cours à vous, monsieur, vous suppliant de me déclarer votre volonté, et de considérer que le roi devant faire les frais nécessaires pour ce passage, il importe peu à sa majesté que l'argent sorte de la bourse que vous gouvernez ou de celle d'un autre ; M. le maréchal de Vitry n'ayant pas les provisions prêtes pour cette subsistance , elles ne peuvent venir que de vous, monsieur; et que quand sa majesté voudra que les frais vous soient remboursés, il isuffit un sien commandement à M. le mar^ chai de Vitry afin qu'il le fasse ou le fasse faire à la province.
De plus , les mêmes capitaines rapportent qu'ils ont appris de vous, monsieur, que vous ne leur devez pas donner commodité pour embarquer leurs chevaux , alléguant que cela touche à mondit sieur le mare* chai; mais parce qu'il n'est pas préparé pour oeci, et Dieu sait quand il pourra l'être , je vous prie de vouloir donner quatre flûtes, qui suffiront pour embarquer lesdits chevaux. J'ai telle confiance en votive prudence et bonté, monsieur, qu'il vous plaira d'exécuter les susdites