Passage
Si le Passage eût été propre à fortifier, et que les navires y eussent pu demeurer à flot en grand nombre , de dix ou douze , et y entrer aisément, les Français n'auraient eu garde de l'abandonner apràs l'avoir eu en leur possession tout un été ; mais comme l'entrée en est très difficile, que la rade n'en vaut rien, qu'il n'y peut demeurer que fort peu de vaisseaux , et que le roi d'Espagne , même depuis peu , n'a pu résoudre ses ingénieurs a en entreprendre la fortification, on estime que ce lieu-là n'est propre qu'aux ennemis , ou à ceux qui seraient maîtres de Fontarabie ' ou de Saint-Sébastien. *
Néanmoins, il est à remarquer que les Espagnols n'ont point de lieu plus propi^ pour la fabrique de leurs galions , soit à cause du bois, fer, corderies et autres commodités qu'ils ont sur le lieu, et que par le passé ils ont toujours eu en ce lieu-là un magasin général de la valeur de plus de deux cent mille écus , qui fut brûlé lors de la prise.
' Fontarabie 3 ville sitaée dans l'angle du à l'O. du Passage (*)f par ^ icf^^JS^et
S.-E. du golfe de Gascogne, sur la rivière par 4"* i8' i5' à TO. de Paris. Le port est
de la Bidassoa qui sépare la France de petit et fort mauvais ; il est placé derrière
TEspagne. Le port est défendu par une des jetées qui ne le mettent pas à l'abri
forteresse située à 6 lieues de la barre de du ressac. Les vaisseaux n'y entraient que
Bayonne. lorsqu'ils avaient manqué le Passage.
* Saint - Sébastien , ville et port sur la
côte d'Espagne dans le golfe de Biscaye, (*) Voir la note précédente, p. 14.
Pour Saint-Sébastiai j oomme c'est un lieu connu d'un chacun, où il n'y a nul port qui yaille que pour de petits bâtiments de pirates i le * discours que Ton en pourrait faire sei*ait inutile.
Gattary, à deux lieues dudit Saint-Sëbastien ^ est une petite vilotte, située sur une ëminence qui conunande à la mer; le havre est assez bon pour quinze navires en été et six en hiver, duquel lieu les Fran» çais ont une si parfaite connaissance qu'il ne s'y peut rien ajouter.
Se suit la ville deBilbao \ havre de ban^, où il y a un port appelé Portugalette ' ; les Espagnols y fabriquent aussi quantité de navires et galions , à cause du fer et du bois qui s'y trouvent.
La Rède est une assez bonne ville y mais ruinée par les Français. Le môle est fort beau pour tenir de moyens navires à sec , mais tout proche , à la portée du canon , est :
La rade Saint-Oigne, belle, spacieuse, bon fond à huit, neuf et dix brasses d'eau , où toute l'armée du roi a demeuré long-temps ; et ayant bons câbles et ancre on n'y peut périr; et outre cela il y a un bon havre de barre, qui n'est point difficile d'entrée, et étant dedans, c'est un des plus beaux havres d'Espagne, qui a un canal de plus de trois lieues dans le pays , où les Espagnols fabriquent quantité de galions. Il y a une petite ville et un fort que les Français ont aussi ruinés.
A quatre lieues de là est la ville de Saint-Ander, qui n'est point autrement fortifiée à cause que la situation ne le permet pas; néanmoins il y a un fort beau port , de difficile entrée , tant à cause des bancs qu'il y a que pour les grands courants. Les Espagnols ne s'en servent aussi que par nécessité ; mais ils ont là leurs fonderies de canons die fer.
De là se trouve la ville de Bebedieu avec fort peu de fortifications, où sont tous les magasins à sel de toute la Biscaye; il y a une rade, où il peut demeurer eji tout temps dix ou douze navires.
Vous avez ensuite de là Porto-Negro , où il y a plusieurs bourgades
• Bilbao, principale viUe de Biscaye sur fréquenté. Ut. 43' i4' iS" N. 5* a' 15* àPE. la côte septentrionale d'Espagne. La rivière de Paria.
Ybaycabel y forme un port excellent et très * Porto- GaUtU ^ petite yille sar la rivière
d'Ybaycabel.
sans fortification^ mais une bonne rade où toute une armée se peut retirer.