DÉCLARATION
DOlflféB PAR M. LE COMTE FABIO SGOlTI.
• A Toalon, le 10 férrîtr 1637.
A la requête que m'a fait monsieur l'archevêque dé Bordeaux , présents : M. de Castellan, maréchfl«de-caiiip, M. de Baume , M. de Trémiconrt «t M. de Guérapin , je répbnds qu'il est vrai que le huitième février 1 63T j'étais chez mondit sieur de Bordeaux prenant congé pour m'en aller embarquer, et ayant vu embarquer pretnièiiement trois mille hommes de pied , et m'ayant dit mesdit^ sieurs que les vaisseaux étaient partis pour embarquer le régiment de M. le marquii de Vitry, et m'assurant mondit sieur de Bordeaux tpi'il avait pourvu de tout les vaisseaux , et que tout était prêt , lorsqu'arriva un courrier de son altesse mon maître , lequel m'apporta avis comme ladite altéise , accablée de la nécessité des vivres et de plusieurs autres incommodités et dangers et autres raison^, desquelles son altesse a envoyé rendre ccn&pte au roi, a été contraint de s'accommoder avec les Eépagncris , conservant toutefois sa même dévotion envers sa inajesté : c'est pourquoi, vous remerciant tous des peines qu'avez prises touchant ce secours, je vous déclare, messieurs, que son altesse n'en a plus de besoin : partant, je vous prie de
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disposer de l'armëe comme tous verrez bon être ^ sans passer sur les
États de son altesse. En foi de quoi j'ai fait écrire la présente, signée de
ma main.
Fabio Scorri.
Je certifie encore qu'il est vrai que M. le comte d'Harcourt, général de Tarmée navale , était embarqué il y a trois jours, et qu'il était prêt , pour ce qui dépendait de lui , pour la conduite de ce secours.
Fabio Scom.
M. le duc de Savoie écrit à M. de Bordeaux , à propos des troupes destinées au secours de Parme, qui, selon le prince, pourraient être utiles en Savoie dans les circonstances présentes.
LETTRE DU DUC DE SAVOIE
A M. L'ABCHBVÊQUE DB BORDEAUX.
De Taria , le lo férrier 16S7. *
Monsieur l'archevêque de Boideaux, quoique je vouj^ aie écrit par la voie de Nice, si est que je ne^laisserw pas partir ce courrier que vous dépêche M. le président de la cour, sans vous dire que nous avons reçu les nouvelles de l'accommodement de M. de Parme avec les Es* pagnols; et comme ce succès fera surseoir rembarquement résolu cidevant, et dont les remises ont Êicilement porté M. de Parme à ce qu'il a fait, je vous ai voulu dire qu'il sera nécessaire de tenir en état les troupes qui étaient destinées pour lesecobrs afin qu'elles puissent passer ici si nous en avons affaire. J'ai écrit à la cour afin que l'on envoie par delà les ordres à ce nécessaires , et j'espère qu'ik ne tarderont pas à vous arrivep; c'est sur quoi je finis, vous assurant que je siiis^ monsieur l'archevêque de Bordeaux ,
Votre affectionné à vous servir.
J. Amédeb*
M. de Bordeaux donne à M. de Sabran le détail des raisons
qui ont d'abord décidé M. le comte d'Harcourt à s'opposer au départ de M. Fabio Scotti.
LETTRE DE M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX
A M. DB SÀBRAN.
De Toulon , 1« 1 1 février 1637.
Dès le 24 janvier , que M. le comte Scotti demanda que les gens , munitions et vivres, cavalerie et infanterie et outils nécessaires pour le secours de son altesse de Parme fussent embarqués, les vaisseaux furent mis hors du port de Toulon, et le tout si promptement embarqué que Tarmée était à la voile dès le 7 février. Mais ledit comte Scotti accrocha le départ , étant ou feignant d'être malade , et fît perdre trois jours, que l'on croyait partir, toujours sans découvrir son dessein ; de sorte qu'ayant été découvert qu'il se préparait pour s'en aller, une personne principale fîit le trouver, pour en apprendre la cause, et l'ayant un peu pressé, il lui déclara qu'il avait ordre de AL le duc de Parme de se retirer, et que s'étant accommodé avec l'Espagne il n'avait plus besoin de secours , sans en donner autre connaissance à ceux qui commandaient l'armée. .
Cette nouveauté, procédant d'une personne qui avait si pressé le se* cours, surprit les esprits. Il fut prié le même jour, 10 du mois, de donner temps que M. le comte d'Harcourt, qui n'était qu'à trois lieues de là, en fût averti; il le refusa et dit hardiment qu'il voulait partir. Le seigneur qui lui avait fait cette prière , et qui l'avait visité chez lui à cet effet, en sortit pour en donner avis à M. le comte d'Harcourt, et au même instant ledit comte Scotti lui envoya un mot de lettre par lequel il prenait congé, et s'en allait* II renvoya chez loi, pour lui dire qu'il s'en allait le trouver, et qu^il avait quelque chose à lui dire; le comte Scotti ne lui en donna pas le temps, car il le vint trouver aussitôt.
Il fut de nouveau supplié d'attendre que l'on eût des nouvelles de M. le comtQ d'Harcourt, et pendant ces allées et venues, il arriva. Le
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conseil fut aflsemblé le 40 ^ et là fut résolo qa'on prierait ledit conte Sootti de ne point partir de Toulon pour trois raisons :
La première 9 qu'étant maréchal-de-camp des armées du roi , il n'en pouvait sortir sans le oongé de sa nuyesté, à laquelle on allait dépêcher.
La seconde , qu'il ne faisait voir aucune chose par écrit de l'accommodement qu'il disait avoir été fait par M. le duc de Parme , et que l'on ne saurait pas, leur faisant ce discours, s'il était des amis ou non, ni ce que pouvaient être devenues les troupes françaises dans le Parmesan.
La troisième, que lui, maréchal-de-camp, avait assisté et participé a tous les conseils et délibérations de l'armée , dont II avait une singulière connaissance, des forces, desseins et états des choses, joint au bruit qui courait qu'il s'en allait en Espagne ; qu'il n'était pas raisonnable qu'il s'en allât faire participants sitôt les ennemis la ou ailleurs, et en profiter où bon lui eût semblé ; qu'au moins il attendit des nouvelles du roi. Mais comme ces raisons ne le pouvaient arrêter, s'étant présenté à la porte pour sortir, s'il ne l'eût trouvée fermée par un petit renqpntre qui arriva ce jour-là dans la ville , on l'a prié d'attendre le retour de celui qu'on a dépêché au roi sur ce sujet, etc. , etc.
Dans les lettres suivantes à M. de Noyers et à M. le cardinal de Richelieu, M. de Bordeaux annonce le départ de M. Scotti, et en même temps que les vivres manquant pour entretenir l'armée navale sur les côtes de Provence, il s'en va en Sardaigne, oii il compte trouver des blés à meilleur marché et où il pourra peiut-étre tenter une expédition utile au service du roi.
LETTRE DE M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX
A. M. DB NOYBRS.
A Toulon, k la îéwtitT f€37^
Le 23 janvier, nous avons su que M. de Vitry et les procureurs du pays ne voulaient pas fournir la subsistance des gen^ de guerre , à pied et à cheval, pour le passage de Parme. Le 24- , je commençai à la faire