‹ Correspondance de J. JoubertChapitre 10 sur 142 · DE M. J. JOUBERT. IX · texte numérisé non relu

DE M. J. JOUBERT. IX

et de sérénité. M. Joubert aspirait impatiemment, non pas sans doute à prendre sa part du triomphe, il y avait en lui trop de modestie et de retenue, mais à connaître les écrivains qui exerçaient tant d'influence sur son pays , à écouter de près ces bruits , ces conversations des salons dont il n'avait entendu jusque-là que le retentissement lointain.

Comme toutes les provinces où s'était maintenue l'inégalité des partages, le Périgord avait l'antique coutume d'envoyer une partie de ses fils chercher fortune au dehors. Les emplois dans l'armée, les bénéfices ecclésiastiques, les charges de judicature ou de finances ouvraient leurs largesses à une foule de familles bourgeoises ou titrées. Une émigration incessante peuplait Paris et la province de ces enfants du Midi qui, pleins de vivacité et d'adresse, se pressaient aux avenues du pouvoir, y pénétraient en s'entr'aidant l'un l'autre, et souvent, dans leurs vieux jours, rapportaient au foyer natal quelque fortune amassée, un blason conquis , l'élégance du monde ou de la cour. M. Joubert n'en demandait pas tant ; il ne voulait que voir, apprendre, connaître, et, certain de trouver partout des compatriotes qui lui serviraient, sinon d'appuis, au moins d'introducteurs, il vint à Paris vers le commencement de 1778.

Son premier soin fut d'y rechercher la société des gens de lettres; tentative heureuse, car, au bout de

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