‹ Correspondance de J. JoubertChapitre 24 sur 142 · XXIV LA VIE ET LES TRAVAUX · texte numérisé non relu

XXIV LA VIE ET LES TRAVAUX

brusque et mobile l'humeur du poète. Il savait des mots qui rendaient ses douleurs plus courtes, ses joies plus durables, et bientôt l'occasion allait lui être donnée d'exercer sur son avenir une influence décisive.

Pendant l'été de 1788, un de ses parents, officier de cavalerie retiré du service, l'avait invité à venir passer quelque temps à Villeneuve-le-Roi , petite ville de la Bourgogne assise sur les bords de l'Yonne, et traversée par la route de Paris à Lyon. Ce voyage , accepté avec empressement, décida du sort des deux amis. C'était à Villeneuve , en effet , que M. Joubert devait se marier quelques années plus tard; ce fut là qu'avant de songer à lui-même, son amitié ingénieuse sut ménager à M. de Fontanes les avantages d'une alliance honorable.

Deux dames de Lyon, madame de G*** et sa fille, voyageant à petites journées avec M. le baron de J***, vieux parent qui les accompagnait à Paris, avaient été forcées de s'arrêter quelques jours à Villeneuve. Le hasard fournit à M. Joubert l'occasion de les y voir. On abrège volontiers les préliminaires dans ces rencontres sur un terrain neutre, et la confiance, si quelque sympathie la provoque, s'établit d'autant plus vite qu'on a moins de temps à perdre. Avec M. Joubert, la confiance, c'était presque l'intimité. Charmé de la bonté de la mère et des grâces de la fille, instruit d'ailleurs de leur état dans le monde, il juge qu'il y a là pour

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