‹ Correspondance de J. JoubertChapitre 26 sur 142 · XXVI LA VIE ET LES TRAYAUX · texte numérisé non relu

XXVI LA VIE ET LES TRAYAUX

des éblouissements que la fortune apporte trop souvent avec elle.

Ce petit roman par lettres, car tout s'était passé sans que M. Joubert revint à Paris, n'avait pas absorbé son attention jusqu'à l'empêcher de former à Villeneuve quelques relations étroites. Il quitta la Bourgogne, emportant des regrets qui devaient l'y ramener plus tard. Peu s'en fallut cependant qu'à cette époque son existence ne prit un autre cours. On était en 1790. L'Assemblée constituante venait de modifier l'organisation judiciaire et d'y introduire les justices de paix, magistrature élective qui avait été accueillie en France avec un grand enthousiasme. Le choix de ces juges du foyer, abandonné aux justiciables eux-mêmes, semblait dans chaque canton d'une haute importance.. Plus d'une ambition de localité briguait le suffrage d'électeurs dont la ferveur encore vierge cherchait avant tout les plus capables et les plus dignes. A Montignac, leur choix se porta sur un homme qui n'y songeait guère. Malgré son éloignement et son silence, M. Joubert fut élu. Ce témoignage spontané de la confiance de ses compatriotes vint le trouver à Paris. Il y avait reçu, peu de temps auparavant, la nouvelle de la mort de son père. Ses frères, poussés par le besoin de choisir un état, avaient successivement après lui quitté la maison paternelle, et, demeurée seule avec ses filles, sa mère avait besoin d'un appui. Il avait donc à rem-

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