‹ Correspondance de J. JoubertChapitre 27 sur 142 · DE M. J. JOUBERT. XXVII · texte numérisé non relu

DE M. J. JOUBERT. XXVII

plir à la fois les devoirs du fils et ceux du citoyen. C'était plus qu'il n'en fallait pour mettre fin à toute hésitation, et, laissant ses occupations littéraires pour des travaux plus graves, après douze années d'absence. il retourna en Périgord.

Il rapportait dans son pays natal un esprit agrandi par la réflexion et le commerce du monde. Aussi combien, pour se mettre au niveau des fonctions nouvelles qui lui étaient échues, n'avait-il pas à descendre des hauteurs où s'était plu jusque-là sa pensée ! Les affaires ont leur importance sans doute; elles tiennent une grande place dans la vie, et pèsent d'un poids considérable dans la balance des biens et des maux réservés aux sociétés et aux familles. Peut-être même les esprits qui savent s'y appliquer et les comprendre sont-ils plus précieux et plus rares qu'on ne l'imagine. Mais, quand elles ne touchent pas à de vastes intérêts, comme ceux des gouvernements ou des peuples, et que la politique ne les revêt pas de son manteau de pourpre et d'or, elles offrent peu d'attraits aux hommes qui ont plus vécu dans le domaine des idées que dans celui des faits. Habitués aux grandes évolutions de la pensée, aux splendides contemplations de la vérité et du beau, les philosophes et les poètes, ces enfants du ciel, se trouvent à l'étroit dans la région où s'ébattent les passions subalternes de la terre : d'invincibles élans les portent et plus haut et plus loin. M. Joubert y résistai

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