‹ Correspondance de J. JoubertChapitre 32 sur 142 · DE M. J. JOUBERT. XXXIII · texte numérisé non relu

DE M. J. JOUBERT. XXXIII

souvent les plus arides lectures. Elles étaient pour lui un moyen d'arriver plutôt que de jouir, un chemin plutôt qu'un but. C'est ainsi qu'on le retrouve, à diverses époques, s'épuisant en d'immenses travaux pour recueillir un peu d'or dans les nombreux filons ouverts à l'investigation humaine. Il aborde tour à tour les orateurs, les poètes, les philosophes, impatient, comme il l'écrit un jour, « d'être quitte des « opinions d'autrui, de connaître ce qu'on a su et « de pouvoir être ignorant en toute sûreté de cons- « cience. » À la bonne heure ; mais il me semble qu'il cherchait encore autre chose. Il lui fallait plus d'espace qu'il n'en trouvait dans les livres; son œil sondait de plus lointaines perspectives, et, s'il avait tant de hâte d'atteindre les limites où se sont arrêtées la poésie, la philosophie, la science humaine, c'est qu'il voulait, j'imagine, avoir le loisir et le droit de regarder au delà.

Je l'avouerai, toutefois, il n'était pas entièrement désabusé des droits de l'imagination et du pouvoir de l'hypothèse dans l'ordre des connaissances qui se sont peu à peu détachées du domaine de la philosophie antique pour former l'apanage de nos sciences diverses. A. la suite de Platon, d'Aristote ou d'Érasme, son esprit curieux ne se refusait pas les excursions lointaines au travers des merveilles du monde et des mystères de la création. Jl aimait à parcourir ces grands

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