‹ Correspondance de J. JoubertChapitre 35 sur 142 · XXXVI LA VIE ET LES TRAVAUX · texte numérisé non relu

XXXVI LA VIE ET LES TRAVAUX

pâleur empreinte sur son visage semblaient présager une fin prochaine, et les envoyés du Comité la repoussèrent comme une proie trop chétive pour être offerte à leurs maîtres. Bien que M. Joubert ne la connût point et n'en fût pas connu, profondément touché de son isolement et de ses douleurs, il courut lui offrir quelques consolations. Ce fut devant la porte d'une chaumière, où de pauvres paysans l'avaient recueillie après le désastre du château, qu'eut lieu leur première entrevue, origine d'une intimité que la mort seule a pu rompre.

Madame de Beaumont, après avoir subi fort jeune une de ces unions qui gâtent toute une vie, avait cherché quelques dédommagements dans les lettres; non pas qu'elle eût songé à s'y faire un nom; elle regardait, au contraire, ces deux vers de Lebrun :

Voulez-vous ressembler aux Muses?

Inspirez, mais n'écrivez pas,

comme un beau conseil et une beiie leçon donnés à tout son sexe ; mais douée d'un goût exquis et d'une admirable intelligence , elle saisissait sans effort ce qu'il y avait de plus délicat dans les pensées, dans les mots, et y applaudissait avec une franchise pure des retours intéressés qui sont la condition tacite de tant d'éloges. Les esprits d'élite qui savent ainsi discerner les saveurs littéraires sont le complément né-

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