‹ Correspondance de J. JoubertChapitre 34 sur 142 · DE M. J. J0UBERT. XXXV · texte numérisé non relu

DE M. J. J0UBERT. XXXV

et plus commode à ses amis. A cette époque surtout où son existence solitaire venait de finir et où l'avenir se montrait à lui sous de riantes couleurs, sa faculté d'aimer et d'être heureux, faculté rare qu'il avait reçue du ciel à un merveilleux degré, débordait, si je puis dire, sur tout ce qui l'approchait, en tendres effusions et en caressantes paroles; ce fut dans ce temps que prit naissance une des affections les plus vives qui aient charmé sa vie.

Dans un château situé entre Villeneuve et Sens, s'étaient réunies deux familles opulentes , celles de M. de Sérilly, trésorier général de l'extraordinaire des guerres, et de M. de Montmorin , ancien ministre des affaires étrangères. Elles avaient fui Paris pour se soustraire aux dangers qui menaçaient alors tous les genres de supériorités. Il semblait qu'à la faveur d'une réclusion volontaire et inoffensive elles dussent être aisément oubliées; mais la délation, abjecte et vigilante esclave de la violence, eut bientôt découvert leur retraite. Elles furent dénoncées au Comité de sûreté générale dont les pourvoyeurs ne tardèrent pas à se présenter à Passy. Ils arrêtèrent tous les hôtes du château, n'épargnant que quelques enfants en bas âge, et une jeune femme qui, malgré ses prières, ne put obtenir de partager le sort de ses proches. C'était madame de Beaumont, fille de M. de Montmorin. Elle était depuis longtemps souffrante; l'abattement, la

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