‹ Correspondance de J. JoubertChapitre 41 sur 142 · XLIV LA VIE ET LE3 TRAVAUX · texte numérisé non relu

XLIV LA VIE ET LE3 TRAVAUX

moins encore, sur la terre étrangère, de la politique que des lettres, et M. Joubert, quoique absent, avait plus d'une fois trouvé place dans leurs entretiens. Malgré l'heureuse compensation que l'exil venait de lui offrir, M. de Fontanes, en effet, n'avait garde d'oublier les entretiens interrompus de son plus ancien ami. « Si je suis la seconde personne , » lui écrivait M. de Chateaubriand, « à laquelle vous ayez trouvé « quelques rapports d'âme avec vous (l'autre personne « était M. Joubert), vous êtes la première qui ayez « rempli toutes les conditions que je cherchais dans « un homme. » Mais dès qu'ils avaient pu se rejoindre en France , les deux compagnons d'exil étaient venus, un matin, chercher M. Joubert dans sa bibliothèque de la rue Saint-Honoré, et M. de Chateaubriand n'avait guère tardé à reconnaître qu'un autre homme se trouvait là qui pouvait répondre aussi aux exigences de l'amitié la plus difficile.

Cette bibliothèque, puisque j'en ai parlé, mérite que je m'y arrête un instant , car une grande partie de la vie de M. Joubert s'y est écoulée. Aussitôt que le retour de l'ordre le lui avait permis, il était venu s'établir à Paris , dans une maison possédée par la famille de sa femme, près du lieu où s'est ouvert depuis le passage Delorme. Là, tout au sommet, le plus haut qu'il avait pu , il avait fait disposer une galerie où , suivant son vœu , «. beaucoup de ciel se mêlait à peu de terre. »

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