‹ Correspondance de J. JoubertChapitre 47 sur 142 · L LA VIE ET LES TRAVAUX · texte numérisé non relu

L LA VIE ET LES TRAVAUX

qui, par des goûts et un génie divers, semblaient résumer, à la limite des deux siècles, les doctrines littéraires prêtes à se disputer l'empire. Pendant que, sous la main sans défiance de M. de Fontanes, les cordes un peu détendues de la harpe antique jetaient encore de gracieux sons, M. Joubert rêvait je ne sais quels accords plus nouveaux, notes vibrantes, voix intimes qui déjà murmuraient confuses au sein de son jeune ami et devaient bientôt retentir avec tant de puissance. Ces temps, déjà loin du nôtre, étaient pour M. Joubert pleins de promesses et d'enchanté» ments. Non-seulement il voyait, à la suite de tant d'orages, la terre et le ciel reprendre leur sérénité; mais il assistait de très-près au travail de rénovation dans lequel une plume inspirée préparait aux lettres un rôle si considérable; sa bibliothèque de la rue Saint-Honoré, la retraite de Villeneuve où il se plaisait à attirer ses amis , recevaient tour à tour les prémices de ces pages éloquentes , à la fin devenues une des gloires de notre âge. Après les extases de l'inspiration, rien n'est plus ravissant, j'imagine, pour les esprits littéraires, que ces confidences du génie livrant son œuvre vierge aux premières caresses de l'admiration. M, Joubert en jouissait avec d'autant plus de complaisance qu'il y entrevoyait, et le triomphe de ses doctrines, et la grandeur prochaine de l'homme qu'il aimait. Ainsi croissait par la réflexion et par le senti-

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