‹ Correspondance de J. JoubertChapitre 49 sur 142 · LU LA VIE ET LES TRAVAUX · texte numérisé non relu

LU LA VIE ET LES TRAVAUX

« couvrir votre rue ; madame de Beaumont me l'avait « décrite : une petite rue en descendant à droite. Je « crois que je l'ai vue; mais je n'en suis pas bien « sûr; il n'est que quatre heures : le moyen d'éveiller « mademoiselle Piat! Je balance un moment, mais « enfin je renonce à ce pèlerinage. Qui m'aurait dit « que , dans cette petite ville, demeurerait un homme « que j'aimerais tendrement, un homme rare dont « le cœur est de l'or, qui a autant d'esprit que les « plus spirituels, et qui a par-ci par-là du génie? Mon « cher ami, je vous le dis las larmes aux yeux, parce « que je suis loin de vous : il n'y a point d'homme « d'un commerce plus sûr, plus doux et plus piquant « que le vôtre, d'homme avec lequel j'aimasse mieux « passer ma vie. Après cela, rengorgez- vous, et conte venez que je suis un grand homme. Mais mangez « du roast-beef et buvez du vin de Porto ; vous avez « besoin de vous fortifier, mon cher enfant; il faut « faire vie ou feu qui dure, je ne sais lequel on dit; « mais cela veut dire qu'il faut vous conserver long- « temps et très-longtemps pour madame de Beau- « mont, pour madame de Vintimille, pour M. Julien, « pour M. Pasqaier, pour Chênedollé, pour ce misé- «c rable Fontanes , et enfin pour moi ; c'est par poli- « tesse pour la société que je me nomme le dernier. » Je ne saurais me décider à en rester là de cette lettre par hasard retrouvée. Elle contient encore quel-

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