‹ Correspondance de J. JoubertChapitre 52 sur 142 · DE M. J. JOUBERT. LV · texte numérisé non relu

DE M. J. JOUBERT. LV

la curiosité bienveillante qu'il a si bien décrite en parlant de la bonhomie, « cette enfance conservée, affer- « mie et développée, qui ne refuse son intérêt à rien « de ce qui occupe l'attention, et son attention à rien « de ce qui est innocent. » Il était ingénieux à entretenir autour du foyer une joie douce, intime, sans éclats, ou, pour parler encore son langage, « un perte pétuel enchantement. » Même sa sollicitude à cet égard ne se bornait pas aux membres de sa famille. Il aimait à n'être entouré que de visages contents ; aussi , tout en conservant la dignité du patriarche, n'avait-il pas laissé s'élever chez lui ce mur de glace que des mœurs plus gourmées placent entre le serviteur et le maître. Il entendait la maison à la manière antique, ainsi que son illustre ami semblait l'entendre lui-même , lorsque dans cette lettre , deux fois citée, et que je n'épuiserai pas, il ajoutait :

« Je me suis trouvé engagé dans les monticules du « Morvan, partie de jour et partie de nuit. Les oiseaux « chantaient de tous côtés, et j'ai entendu à la fois les « trois passagers du printemps, le coucou, la caille et « le rossignol. Un petit bout du croissant de la lune « était dans le ciel, tout justement pour m'empêcher « de mentir; car je sens que si la lune n'avait pas été « là, je l'aurais toujours mise dans ma lettre, c'eût « été à vous de me convaincre de fausseté l'almanach « à la main. Tandis que je faisais un roman, Auguste

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