‹ Correspondance de J. JoubertChapitre 57 sur 142 · LX LA VIE ET LES TRAVAUX · texte numérisé non relu

LX LA VIE ET LES TRAVAUX

raître à cette époque sous le titre d'Essais de morale et de politique; je n'en parle que parce que le manuscrit en fut par lui communiqué à M. Joubert. C'était un hommage rendu à la supériorité de cet esprit éminent, hommage dont le retour ne se fit pas attendre. Singulièrement frappé des efforts tentés par un si jeune homme pour rattacher les théories de la liberté aux observations d'une saine psychologie et aux grands principes de religion et de morale que tant de nuages venaient d'obscurcir, AL Joubert paya de conseils utiles la confiance qui lui était donnée ; mais comme il ne savait pas se livrer à demi, l'affection vint bientôt à la suite des conseils. Il trouvait d'ailleurs chez M. Mole des qualités qu'il tenait en grande estime : de l'ardeur sans emportement, le culte sincère du devoir, et cette sorte d'austérité qui dénote la pureté de la jeunesse et présage l'incorruptibilité de l'âge mûr; il l'appelait « son Caton de vingt ans. »

A l'époque où cette liaison commençait, une peine profonde vint désoler son âme. Madame de Beauinont, que ses médecins avaient envoyée en Italie , ne tarda pas à y succomber au mal sans remède dont elle était atteinte. Elle mourut à Rome le 4 novembre 1803; et pendant qu'une illustre amitié faisait graver sur sa tombe ce verset de Job souvent répété par elle : « Quare « misero data est lux et vita h s qui in amaritudine « animœ sunt? Pourquoi la lumière a-t-elle été don-

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