DE M. J. J0UBERT. L1X
toutefois. Il me semble en effet que l'aristocratie française devait être, suivant son origine, différemment impressionnée par les modifications survenues dans notre ordre politique. Je comprends à merveille les regrets amers, la longue fidélité , la résistance même désespérée des familles qui devaient à l'affection privée de nos rois leur nom, leurs honneurs, leurs richesses; mais je conçois aussi que celles qui puisaient leur illustration dans les services rendus au pays plutôt qu'à la cour, acceptassent, avec moins de répugnance, des événements qui, d'ailleurs plus forts qu'elles, laissaient encore la France debout. C'est surtout par ces vieilles races patriciennes qui, à la tête des communes ou dans le sein des parlements, s'étaient signalées par une résistance séculaire aux désordres de l'administration et aux envahissements du pouvoir, que devait être jugée avec plus d'indulgence une révolution au travers de laquelle , malgré ses écarts , malgré ses excès, on pouvait entrevoir l'ordre légal comme but suprême du public effort. Dominé plus qu'un autre par ces grands souvenirs de famille, M. Mole ne se croyait donc pas quitte envers le pays. Il s'initiait en silence, par de sérieuses études philosophiques, à la science du gouvernement des peuples, et, dès le commencement de ce siècle, il consignait dans un écrit célèbre le fruit de ses premières méditations. Il ne m'appartient pas d'examiner ici l'ouvrage y 'U fit pa-