‹ Correspondance de J. JoubertChapitre 62 sur 142 · LXVI LA VIE ET LES TRAVAUX · texte numérisé non relu

LXVI LA VIE ET LES TRAVAUX

« c'est cependant le choix auquel j'attache le plus « d'importance. M. Joubert, frère du procureur im- « périal de Votre Majesté auprès du tribunal de pre- « mière instance de Paris, est mon ami depuis trente « ans. C'est le compagnon de ma vie, le confident « de toutes mes pensées. Son âme et son esprit sont « de la plus haute élévation. Je m'estimerai heureux « si Votre Majesté veut m'accepter pour sa caution. » Je cite cette note, par hasard retrouvée, comme un témoignage également honorable pour l'homme qui en était l'objet, pour celui qui gardait, au milieu même du triomphe, un tel souvenir de ses amitiés, pour le maître, enfin, qui savait entendre ce simple et noble langage. Du reste, c'était bien par la volonté spontanée du grand maître que M. Joubert prenait rang parmi les inspecteurs généraux et dans le conseil de l'Université. Pour sa part, il n'y avait guère songé, occupé qu'il était de ses études chéries , de sa douce philosophie, des plaisirs simples et vrais qu'il s'était créés au sein de sa famille.

Mais aussitôt que, sans l'avoir désiré, il se vit pour la seconde fois appelé à des fonctions publiques , il y porta l'abnégation et l'ardeur inhérentes à sa nature. La gloire de son ami le plus cher lui paraissait d'ailleurs engagée dans le succès de l'administration à laquelle on venait de l'associer, et son amitié se croyait solidaire de tout ce qui allait être fait. Les fragments

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