‹ Correspondance de J. JoubertChapitre 75 sur 142 · DE M. J. JOUBERT. LXX · texte numérisé non relu

DE M. J. JOUBERT. LXX

« Paris, 8 septembre 1838.

« J'ai lu ces mots dans les fragments de M. Joubert : « Le ver à soie file ses coques et je file les miennes ; « mais on ne les dévidera pas. »

« Si; je les ai dévidées : j'ai séparé les sujets con-

« fondus sur des chiffons de papier. Toutefois je n'ai

« pas trop multiplié les titres, pour laisser au penseur

« une partie de la variété de ses pensées. On verra

« par la beauté de ces pages ce que j'ai perdu et ce

« que le monde a perdu. On peut ne pas être de l'avis

« de Joubert; mais voulez-vous connaître la puissance

« de son génie ? Jamais pensées n'ont excité de plus

« grands doutes dans l'esprit, n'ont soulevé de plus

« hautes questions et préoccupé davantage. La veuve

« de M. Joubert n'a fait imprimer les méditations de

« son mari que pour elle; elle aurait craint, en les

« publiant, d'offenser la gloire qui a tant recherché

« l'obscurité. Madame Joubert m'a chargé de rendre

« les derniers devoirs à l'âme de mon ami. Il y a déjà

« quatorze ans que j'ai accompagné le corps de cet

« ami au dernier asile : les pensées de M. Joubert

« vont reposer dans la vie comme ses cendres repo-

« sent dans la mort.

« On trouve dans mes ouvrages une lettre en date

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