LXXXIV LA VIE ET LES TRAVAUX
legrand nom inscrit à sa première page. Sous le charme d'uD pareil talisman, le cercle étroit auquel le livre était d'abord destiné ne tarda pas à s'étendre. On se passait de main en main les rares exemplaires d'un tirage peu nombreux; des lectures et des copies en étaient faites dans les salons; les journaux français et étrangers en imprimaient de longs fragments ; enfin un écrivain de qui de M. de Chateaubriand a dit : « Ce génie merveilleu- « sèment doué qui, par une condescendance charmante
intérieurement pendant ce silence et ce repos qu'il s'ordonnait/ M. Joubert changeait à chaque moment de diète et de régime ; vivant un jour de lait, un autre jour de viande hachée, se faisant cahoter au grand trol sur les chemins les plus rudes, ou traîner au petit pas dans les allées les plus unies. Quand il lisait, il déchirait de ses livres les feuilles qui lui déplaisaient, ayant de la sorte une bibliothèque à 6on usage, composée d'ouvrages évidés renfermés dans des couvertures trop larges.
« Profond métaphysicien, sa philosophie, par une élaboration qui lui était propre, devenait peinture ou poésie; Platon à cœur de la Fontaine, il s'était fait l'idée d'une perfection qui l'empêchait de rien achever. Dans des manuscrits trouvés après sa mort, il dit: « Je suis comme une harpe éolienne , qui rend quelques beaux sons et qui n'exécute aucun air. » Madame Yictorine de Châtenay prétendait qu'il avait l'air d'une âme qui avait rencontré par hasard un corps et qui s'en tirait comme elle pouvait : définition charmante et vraie.
« Nous riions des ennemis de M. de Fontanes
« Qu'est-il arrivé de cette société? Faites donc des projets, rassemblez des amis, afin de vous préparer un deuil éternel ! Madame de Ocan mon t n'j^i plus, Joubert n'est plus, Chènedollé n'est plus, tna- •^çuÇtpe #^b™Jîfc>n'est plus. Autrefois, pendant les vendanges, je <^^^TJSÎTâTs~à' YiHeneaW Sk Joubert : je me promenais avec lui sur les
ST. MICH/ktL'S COLLEGE