CLXXIV. — Le p. Brumoy a Brossette
A Paris, le 7 avril 1734.
Monsieur, j'ai reçu avec bien de la reconnaissance les papiers que vous m*avez fait l'honneur de m'envoyer. Permettez-moi de vous en remercier au nom de toute notre
s société littéraire. Nous avons vu avec horreur la preuve complète des noirceurs d'un homme qui se dit prêtre et qui a le front de se jouer de la probité, de la religion, des mœurs de la république littéraire et du monde entier. Soyez très persuadé, monsieur, qu'il n'en a recueilli
o d'autre fruit que l'exécration des honnêtes gens, qui connaissent trop la différence de ce galant homme et des personnes respectables qu'il attaque avec tant d'imposture pour être dupes de ses suppositions. Vous êtes vengé par le public. Ainsi nous n'avons garde de vous commettre
S dans l'usage que vous nous permettez de faire de vos mémoires. Le P. Bougeant', chargé de l'extrait du livre, ne passera pas les bornes que vous nous prescrivez. Vous me ferez un très grand plaisir, monsieur, de me faire part de votre discours, lorsque vous en trouverez l'occasion.
0 Le sujet était digne de la justesse de votre discernement et de la plume qui nous a rendu Despréaux si charmant. Vous n'aviez pas besoin de jeter les yeux sur mes fiiibles réflexions au sujet de Sophocle. Epargnez-moi des éloges que je ne crois mériter que du côté de ma bonne volonté
i en faveur des anciens si chéris de votre illustre ami et de vous. Le P. Rouillé est fort sensible à l'honneur de votre souvenir, et il me prie de vous en remercier. Je commu-
I. Giiillaumc-Hyacinthc Bougeant, littérateur et historien, né à Q^iniper, le 4 novembre rôgo, mort le 7 janvier 1743.
l88 CORRESPONDANCE
niquerai à M. de Lasseré ce que vous avez bien voulu m*envoyer. Je lui dois des actions de grâces des lettres 30 obligeantes qu'il m'a procurées de votre part. Je vous réitère mes remerciements, et je suis avec une estime respectueuse, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
Brumoy, J.